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Un nouveau rapport appelle à la protection et au soutien des bénévoles dans les situations d'urgence

Publié: 30 novembre 2011 12:33 CET

La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a lancé aujourd’hui son premier rapport de plaidoyer sur les volontaires dans les situations d’urgence, sous le titre «Protéger. Promouvoir. Reconnaître. Le volontariat en situations d’urgence». Ci-dessous, un extrait du rapport.

Le 7 avril 2011, Mohamed Mustafa Almisrati, un secouriste du Croissant-Rouge libyen, deux médecins, un infirmier et un chauffeur se trouvaient à bord d’une ambulance arborant l’emblème du croissant rouge. L’équipe tentait de regagner la ligne de front après avoir transporté des blessés vers l’hôpital d’Ajdabiya, mais son superviseur lui a donné l’ordre de rentrer à la base, car la situation était dangereuse : les forces de l’OTAN avaient tiré par erreur sur des tanks de l’opposition, les combattants du colonel Kadhafi tiraient des missiles et des civils et des insurgés paniqués fuyaient la ville. Le chauffeur roulait lentement pour pouvoir secourir des blessés au passage.   

Tout à coup, l’arrière de l’ambulance a été touché par un missile et des éclats d’obus se sont dispersés partout. Mohamed s’est précipité à l’extérieur quand il a entendu la déflagration, craignant que le véhicule n’explose. Puis, il a regardé autour de lui pour retrouver les autres. Ne voyant pas l’un des médecins, Saleh al-Awami, il a couru vers l’ambulance en criant son nom. « J’ai ouvert la portière et je l’ai trouvé gisant juste à côté. J’ai soulevé sa tête… de la salive sortait de sa bouche, il y avait des éclats d’obus sur sa poitrine et sa chemise était couverte de sang. J’ai fondu en larmes, je ne pouvais plus me contrôler », raconte-t-il. Saleh al-Awami est mort sur le trajet vers l’hôpital. Le jeune auxiliaire sanitaire, volontaire à l’hôpital depuis le début du soulèvement, avait demandé à monter dans l’ambulance pour aller sur la ligne de front.
       
D’autres volontaires auxiliaires de santé ont été confrontés à des situations dangereuses, notamment lors de campagnes de vaccinations. L’Afghanistan est l’un des derniers au monde où la poliomyélite est endémique, mais des vaccinateurs y ont été menacés, voire tués, en essayant d’entrer dans des régions sous contrôle taliban. En 2007, à la demande de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le CICR a tiré parti de sa neutralité pour prendre contact avec les responsables talibans et demander leur soutien dans le cadre des campagnes de vaccination. Le mollah Mohammad Omar a rédigé une lettre que les vaccinateurs portent sur eux, dans laquelle il demande à la population de coopérer et de les laisser passer en toute sécurité.

Ces volontaires intrépides visitent les familles pour administrer à chaque enfant deux gouttes de vaccin oral contre la poliomyélite. Les volontaires font une marque à l’encre indélébile sur les doigts des enfants vaccinés et laissent une trace à la craie sur les portes des foyers. Plus de 12 000 volontaires du Croissant-Rouge afghan et des volontaires locaux formés par l’UNICEF, l’OMS et le gouvernement afghan ont participé à la campagne en mars 2011. Depuis le début de 2011, ils ont vacciné ensemble quelque 10 millions d’enfants afghans contre cette maladie invalidante. « Notre objectif est d’éliminer complètement la poliomyélite, mais nous n’y sommes pas encore parvenus et le chemin est encore long», déclare Fatima Gailani, présidente du Croissant-Rouge afghan.

Toutefois, les premiers résultats sont déjà visibles : d’après l’UNICEF, l’Afghanistan a signalé 25 cas de poliomyélite en 2010, tandis que des pays voisins comme le Pakistan et le Tadjikistan en ont annoncé 144 et 458 respectivement.    

Il faut que tout le monde reconnaisse la nécessité de protéger les volontaires en permanence.

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