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Réduction des risques en Italie

Publié: 1 décembre 2010 17:00 CET

Philippe Garcia, ancien toxicomane travaillant pour la Croix-Rouge italienne à la Villa Maraini à Rome
 
“J’ai commencé à me droguer très jeune, vers 14 ou 15 ans. D’abord avec des drogues douces comme le cannabis et l’alcool, puis, au fil des ans, je suis passé à des drogues dures comme l’héroïne. Avec le temps, j’ai dû augmenter les doses pour obtenir le même effet, ce qui a posé des problèmes d’argent et m’a amené à dealer. Un jour, mon petit monde artificiel s’est écroulé. Je me suis retrouvé en prison – et en manque ! J’avais oublié ce que c’était, n’ayant pas connu cette souffrance depuis des années. Quand vous êtes accroc, vous vous arrangez presque toujours pour éviter le manque. C’est à cette époque que j’ai connu la Fondation Villa Maraini, un projet auquel est associée la Croix-Rouge italienne. J’avais entendu parler de la méthadone, mais je n’en avais jamais pris. J’ai parlé avec les responsables et ils m’ont invité à leur rendre visite.

Quand que je suis sorti de prison, je suis allé directement à la Villa Maraini. On peut y consulter des médecins et des psychologues. J’étais sûr de savoir ce que je voulais et conscient que j’aurais besoin d’aide, mais j’ai été très surpris de l’accueil des gens qui travaillaient là-bas, si humains et chaleureux. A votre arrivée, ils commencent par vous proposer simplement un café, ou quelque chose à manger. Il m’a fallu un an et demi pour me réintégrer dans la société. J’ai eu un vrai coup de chance, car, à l’époque où j’ai entrepris le programme à Villa Maraini et au Centre de désintoxication de la Croix-Rouge italienne, ils envisageaient de créer un service de collecte de fonds en coopération avec l’Union européenne, non seulement en Italie mais aussi à l’étranger. Comme je suis titulaire d’un diplôme et je parle anglais, on m’a proposé le poste. J’ai accepté sans la moindre hésitation, parce que c’était plus confortable pour moi de rester dans ce cadre que de retourner dans le monde extérieur. Je fais un travail qui me plaît et je suis fier de ce que j’ai fait. J’ai une relation différente avec mes parents, comme je n’en avais jamais eu auparavant. Depuis des années, maintenant, nous parlons vraiment ensemble. Cela peut sembler paradoxal, mais, sur le plan émotionnel, en termes de vie quotidienne, je me sens beaucoup mieux, beaucoup plus positif qu’autrefois. Avant, j’avais besoin de l’héroïne pour positiver. C’est impressionnant. Chaque jour, je m’émerveille du changement.”
 
 




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