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Madagascar frappée à deux reprises par le cyclone Gafilo

Publié: 18 mars 2004 0:00 CET

Saleh Dabbakeh in Manaman, Bahrain

Madagascar, qui se relevait à peine des ravages du cyclone Elita qui a fait 29 morts et près de 44 000 sans-abri le mois dernier, vient d’être frappé à deux reprises par le cyclone Gafilo. Avec des vents atteignant 300 km/h, celui-ci a touché l’île une première fois le 7 mars, causant de lourds dommages aux habitations et aux cultures du nord du pays. D’après des estimations provisoires, 85 % des maisons de la ville d’Antalaha ont été détruites.

Après s’être éloigné des côtes, le cyclone a brusquement changé de direction le 10 mars pour venir balayer cette fois la partie méridionale de l’île. Selon les autorités, Gafilo a fait au moins 74 morts et 177 disparus, la plupart emportés par des inondations éclairs, et affecté à des degrés divers plus de 170 000 personnes. Ce bilan ne tient pas compte du naufrage le 7 mars d’un ferry en provenance des Comores. Sur les 113 passagers, deux seulement ont pu être sauvés. Une barque de pêche sur laquelle avaient embarqué neuf personnes est également portée disparue.

“Quoique très violent, le cyclone a été moins dévastateur qu’on aurait pu le craindre, du fait de la rapidité de son passage”, note Susanna Cunningham, de la délégation régionale de la Fédération à Nairobi. “Toutefois, il convient de souligner que la grande majorité de la population rurale habite des maisons de pisé particulièrement fragiles. Des pluies torrentielles ont en outre causé de sérieux dégâts au réseau routier et la montée des eaux fait craindre de possibles épidémies.”

La Croix-Rouge malgache a immédiatement fait appel à la Plateforme d’intervention régionale dans l’Océan indien (PIROI) de la Croix-Rouge française, laquelle a détaché sur l’île un spécialiste de la logistique, un coordinateur des secours et un ingénieur en eau et assainissement. La PIROI a également fourni une unité de traitement de l’eau pouvant produire de l’eau potable pour 10 000 personnes, 200 jerricans, des tablettes pour purifier l’eau, des tentes et 968 bâches en plastique pour aménager des abris temporaires, ainsi que deux citernes pour approvisionner des communautés privées d’eau potable.

La Croix-Rouge malgache a quant à elle mobilisé une quarantaine de volontaires et déterminé les besoins prioritaires des sinistrés les plus durement touchés, à savoir des couvertures, du savon, de l’huile et du sucre. Toutefois, ses stocks sont pratiquement épuisés suite à l’opération d’assistance consécutive au passage du cyclone Elita.

La Fédération, qui a envoyé deux spécialistes des secours en cas de catastrophe à Madagascar, a lancé un appel de 427 000 francs suisses (US$ 333 000) afin d’aider la Croix-Rouge malgache à secourir les communautés affectées dans la région de Morombé, au sud-ouest du pays.




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