Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et Croissant-Rouge (IFRC) Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et Croissant-Rouge (IFRC)
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Publications: rapport annuel 2003
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Sur le terrain - Afrique

AfriqueLe VIH/sida, la vulnérabilité aux catastrophes et l’insécurité alimentaire sont des phénomènes étroitement liés qui font peser sur l’Afrique des problèmes d’une ampleur sans précédent.

Avec 25 millions d’individus atteints du VIH/sida pour la seule Afrique subsaharienne, l’aide aux personnes vivant avec la maladie est restée une priorité essentielle. Par ailleurs, une quatrième année de sécheresse en Érythrée a mis en évidence la fragilité de la situation sur le plan de la sécurité alimentaire en Afrique de l’Est.

Une autre priorité essentielle en matière de santé dans la région a été la prévention d’autres maladies meurtrières comme le paludisme et la rougeole.

À l’occasion de la 6e Conférence panafricaine, les Sociétés nationales ont réaffirmé leur attachement à ces priorités et ont insisté sur la nécessité croissante de travailler en partenariat pour apporter une réponse plus efficace.

Dans un camp tchadien de réfugiés, une Soudanaise attend que son enfant soit examiné par les équipes médicales de la Croix-Rouge.

Réfugiés soudanais au Tchad
La Croix-Rouge du Tchad et la Fédération internationale ont ouvert un nouveau camp de réfugiés à Tréguine en septembre pour accueillir les personnes, de plus en plus nombreuses, qui fuient le conflit au Soudan.

La Croix-Rouge s’est chargée de gérer le camp, de construire des abris, de distribuer des vivres et des articles non alimentaires, de fournir des services de santé ainsi que des services communautaires et d’assainissement pour les 14 000 réfugiés du camp.

Pour réduire la charge que le camp fait peser sur la communauté locale, la Fédération internationale s’emploie aussi à répondre aux besoins à long terme des 9000 membres de cette communauté. Les équipes médicales de la Croix-Rouge allemande et de la Croix-Rouge du Tchad ont prodigué des soins aux habitants du camp et à la population locale ; ils ont aussi mené des campagnes de vaccination contre la rougeole et la poliomyélite.

Distributions de moustiquaires et campagnes de vaccination records au Togo
En décembre, la Fédération internationale a fourni des moustiquaires imprégnées d’insecticide à 730 000 foyers togolais qui peuvent ainsi se protéger contre le paludisme. Pour la première fois, les distributions ont eu lieu parallèlement à une campagne de vaccination contre la rougeole, profitant ainsi de la structure mise en place à cette occasion.

Les campagnes sanitaires intégrées sont de plus en plus prisées, car elles constituent un moyen économique de faire reculer les maladies infantiles. Au Togo, l’utilisation de la structure de la campagne contre la rougeole a permis de limiter à 50 cents US l’unité le coût de distribution des moustiquaires.

Au Togo, un petit garçon est venu chercher une moustiquaire impregnée d'insecticide qui le protégera contre les moustiques vecteurs du paludisme.

La Croix-Rouge togolaise s’est chargée de la tâche essentielle qu’est la mobilisation sociale, en envoyant 7400 volontaires faire du porte-à-porte dans tout le pays pour encourager les familles à participer à la campagne. Les volontaires assureront un suivi afin de vérifier que les moustiquaires sont utilisées correctement.

« Cette méthode nous permet non seulement d’obtenir une bonne couverture en moustiquaires en moins de deux semaines, mais aussi de fournir un soutien à plus long terme à la communauté pour prolonger l’opération et ouvrir la voie à la création d’un marché commercial pour les moustiquaires », explique le docteur Antoinette Awaga, coordinatrice Santé de la Croix-Rouge togolaise.

La distribution faisait partie d’une initiative gouvernementale sans précédent, engagée avec plus de 30 organisations partenaires pour protéger les enfants contre le paludisme, la rougeole, la poliomyélite et les vers.

Insécurité alimentaire : un problème plus vaste
L’insécurité alimentaire continue de peser très lourdement sur de nombreuses communautés d’Afrique de l’Est, car les inondations et la sécheresse frappent de façon répétée des pays connaissant déjà des niveaux de pauvreté élevés et réduisent peu à peu la capacité d’adaptation des populations.

Ces dernières années, la Fédération internationale et les Sociétés nationales d’Afrique ont compris qu’il était nécessaire de réorienter les programmes pour passer d’une aide alimentaire de court terme à une action visant à réduire durablement la vulnérabilité à l’insécurité alimentaire.

Conscientes de l’ampleur du problème, qu’elles savent ne pas pouvoir résoudre seules, les Sociétés nationales de la région ont noué des partenariats, notamment avec le Programme alimentaire mondial et des Sociétés sœurs. Ces programmes traitent pour beaucoup de questions plus vastes – mais intimement liées – comme le VIH/sida au Swaziland, les ressources en eau au Kenya, le bétail au Rwanda.

La Fédération internationale recherche actuellement les moyens de limiter les effets des catastrophes par des programmes de longue haleine. Un groupe de travail régional sur la sécurité alimentaire a été créé, qui pourra apporter son concours aux évaluations.

Quatre années de sécheresse en Érythrée
Il faut une journée entière à Fatima, 12 ans, pour aller chercher de l’eau pour sa famille. Le point d’eau le plus proche de son village d’Ashera est à 12 km de marche ; le paysage est si aride et si sec que Fatima ne sait même plus à quoi ressemble l’herbe. Quatre années consécutives de sécheresse ont épuisé les réserves alimentaires de ce pays qui est tributaire de l’agriculture. L’opération d’urgence que la Croix-Rouge de l’Érythrée avait mise sur pied dans le district d’Anseba s’est transformée en un programme de longue durée visant à maintenir en vie 55 000 personnes dont la capacité d’adaptation se délitait peu à peu.

La Croix-Rouge a fourni des vivres, des semences et des outils et fait venir de l’eau potable par camion. Elle a remis en état les puits et aidé à former des comités communautaires de gestion de l’eau chargés de veiller à l’entretien des puits. Des pompes à eau solaires ont poussé au milieu de paysages désolés. En 2004, la Fédération internationale et la Croix-Rouge de l’Érythrée ont contribué à éviter une tragédie et ont redonné espoir aux habitants d’Anseba. Mais beaucoup reste à faire en 2005 pour réhabiliter d’autres puits, créer des projets de récupération de l’eau et mettre sur pied des activités sanitaires en faveur de familles comme celle de Fatima.

Des volontaires de la Croix-Rouge de Zambie soutiennent les programmes de thérapie antirétrovirale mis en place pour lutter contre le VIH/sida.Les partenariats au cœur de la Conférence panafricaine
En septembre 2004, les Sociétés nationales d’Afrique ont pris l’engagement d’intensifier leurs efforts dans les domaines du VIH/sida, de la santé et de la sécurité alimentaire. Elles ont décidé, pour cela, de faire un meilleur usage de leurs réseaux de volontaires et de collaborer plus étroitement avec leurs gouvernements et les organisations partenaires.

Réunies à Alger pour la VIe Conférence panafricaine des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, 50 Sociétés nationales ont adopté un Plan d’action qui désigne le VIH/sida comme le problème humanitaire numéro un en Afrique et définit les objectifs suivants :

aider à freiner la propagation du VIH/sida par l’éducation, la promotion de l’utilisation du préservatif et la lutte contre la stigmatisation et la discrimination ;

appuyer les efforts déployés par les gouvernements pour améliorer l’accès aux traitements antirétroviraux ;

fournir une aide psychosociale aux orphelins et aux autres enfants rendus vulnérables par le VIH/sida.

Une équipe de coordination supervisera la mise en œuvre du plan, à travers lequel les Sociétés nationales se sont engagées à assurer la sécurité alimentaire des personnes rendues vulnérables par le VIH/sida, les catastrophes, la pauvreté et d’autres situations d’urgence ainsi qu’à réduire les taux de morbidité et de mortalité.

Des médicaments antirétroviraux pour les personnes atteintes du VIH/sida
Les Sociétés de la Croix-Rouge de six pays d’Afrique durement touchés par la pandémie du sida collaborent actuellement avec leurs gouvernements pour mettre sur pied ou intensifier un programme de traitement antirétroviral (ARV) destiné aux personnes vivant avec la maladie. Pour les aider, la Fédération internationale a défini en 2004 un modèle pour la fourniture de traitements ARV.

Les Sociétés nationales de la Namibie, de la Zambie, du Zimbabwe, du Kenya, de l’Éthiopie et de l’Ouganda ont élaboré des projets de soins et de traitement ARV en collaboration avec leurs ministères de la Santé et espèrent pouvoir traiter un total de 30 000 personnes sur cinq ans. Elles mettront à profit les programmes de soins à domicile existants pour mener des activités auprès des communautés et des familles, tandis que les hôpitaux publics géreront l’aspect clinique des programmes.

D’après les estimations du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), environ 3,1 millions de personnes ont succombé au sida en 2004 et 4,9 millions d’individus ont contracté la maladie dans le monde. Dans les pays développés, les traitements ARV ont accru l’espérance et la qualité de vie des personnes atteintes, par contre, dans les pays en développement, les malades n’ont pas accès à ces traitements.

Des modules de formation sont actuellement élaborés pour développer les connaissances et les compétences des volontaires de la Croix-Rouge sur le sujet. Ils couvriront tous les aspects de la thérapie ARV, de l’éducation au traitement lui-même, en passant par le conseil et la nutrition.

Raz-de-marée en Afrique de l’Est
Le sourire de Valérie, six ans, occupée à jouer avec un bébé tortue, ne laisse rien paraître du traumatisme que lui a causé la perte de sa maison et de tous ses jouets. Située sur une plage de La Digue, la maison qui abritait sa famille a été littéralement emportée par le raz-de-marée qui a frappé de plein fouet les îles des Seychelles en décembre 2004.

Valérie fait partie des milliers d’enfants qui vivaient le long des côtes de l’Afrique de l’Est et des îles de l’océan Indien. Dans la région, les vagues meurtrières ont tué 300 personnes et laissé plus de 2300 autres sans abri et traumatisées.

Pendant la phase d’urgence, les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ont apporté une aide vitale aux communautés les plus éprouvées, en distribuant des articles de secours et en menant des travaux de déblaiement. Elles sont maintenant occupées à mettre sur pied des systèmes d’alerte rapide ainsi qu’à renforcer, dans les communautés, leur préparation aux catastrophes et leurs capacités d’intervention. Ainsi, Valérie et tous les autres enfants pourront vivre dans de meilleures conditions de sécurité.

Une stratégie pour combattre le paludisme
La Fédération internationale a mis au point une stratégie de lutte contre le paludisme pour l’Afrique, qui supporte à elle seule plus de 90 pour cent de la mortalité liée à cette maladie dans le monde. Cette stratégie engage les Sociétés nationales africaines à promouvoir et appuyer la lutte contre le paludisme en l’intégrant dans leurs programmes de santé communautaire. Elle s’appuie sur le potentiel des volontaires pour renforcer les efforts déployés au niveau communautaire et engage les Sociétés nationales à œuvrer en partenariat avec les comités nationaux de l’initiative « Faire reculer le paludisme » et les réseaux régionaux de lutte contre cette maladie.


Rapport annuel 2004
Introduction
2004 en bref
 
  Sur le terrain
Afrique
  Amériques
  Asie et Pacifique
  Europe et Asie centrale
  Moyent-Orient et Afrique du Nord
 
  Renforcer les capacités
  Le renforcement des capacités
  Principes et valeurs
  Volontariat et jeunesse
  La coopération
  La gouvernance
 
  Tisser des liens
  Sensibilisation
  Communication
  Partenariats
  Mobilisation des ressources
 
  Finances
  Introduction
  Recettes et dépenses