Dans
les Caraïbes, la saison des ouragans a été particulièrement
dévastatrice cette année. Les Sociétés
de la Croix-Rouge de la région, avec le soutien de la internationale,
se sont portées en première ligne des opérations
de secours, leurs employés et leurs volontaires – bien
que souvent touchés eux-mêmes – s’employant
courageusement à venir en aide aux sinistrés les plus
vulnérables.
En Haïti, où les niveaux de pauvreté étaient
déjà élevés, des inondations et l’insécurité
grandissante sont venues ajouter à la détresse de
la population.
Le renforcement des capacités des Sociétés
nationales est resté une priorité. La Croix-Rouge
argentine a donné l’exemple en montrant qu’une
démarche innovante sur les plans de la structure et de la
planification pouvait aider une Société nationale
à s’adapter à l’évolution des besoins
de son pays.
De façon générale, dans la région,
les indicateurs de santé se sont améliorés,
mais les inégalités entre les groupes sociaux ainsi
qu’entre les zones géographiques continuent de se creuser.
Le VIH/sida reste un problème majeur dans les Caraïbes.
Les
Caraïbes dévastées par quatre ouragans
Quatre ouragans puissants – Charley, Frances, Ivan et Jeanne
– ont balayé en août et septembre les Caraïbes,
provoquant de terribles tempêtes, des vents furieux et des
inondations qui ont détruit les maisons, ravagé les
cultures et endommagé les infrastructures et les équipements
collectifs.
Les Sociétés de la Croix-Rouge des îles sinistrées
ont fourni des vivres, un abri, des couvertures, des comprimés
pour purifier l’eau et des articles d’hygiène
à plusieurs milliers de familles particulièrement
touchées ; elles ont aussi fourni des tôle pour remplacer
les toits endommagés.
Avec des vents allant jusqu’à 250 km/h, Ivan a été
le cyclone le plus destructeur que la région ait connu depuis
dix ans. À la Grenade, il a détruit 90 pour cent des
maisons et l’île a été coupée du
reste du monde pendant des heures. Bien qu’ayant eux-mêmes
subi des pertes, les employés de la Croix-Rouge ont travaillé
sans relâche pour porter secours aux 65 000 sinistrés
– les deux tiers de la population de l’île.
La Grenade n’avait plus connu d’ouragan depuis 49 ans,
et le passage d’Ivan a poussé la Société
nationale à rapidement intensifier son action de préparation
aux catastrophes auprès des communautés locales. «
Il est vraiment crucial de répondre aux besoins psychologiques
des gens et d’avoir une bonne assise de volontaires ainsi
qu’un bon système d’encadrement », explique
Samantha Dickson, de la Croix-Rouge de la Grenade.
Les zones les plus basses du sud de Cuba ont été
submergées après le passage de l’ouragan Charley.
La Croix-Rouge cubaine a pris part à l’évacuation
des familles vers des abris provisoires. Elle a fourni des rations,
vivres, prodigué des premiers secours et assuré un
soutien psychosocial aux sinistrés.
Inondations et insécurité en Haïti
En septembre, la tempête tropicale Jeanne s’est abattue
sur Haïti, aggravant encore la profonde détresse dans
laquelle la crise politique et les inondations survenues quelques
mois plus tôt avaient laissé la population.
Jeanne a fait 1800 morts et affecté 300 000 personnes, des
crues éclair emportant dans leur sillage maisons et autres
biens, faisant déborder égouts et latrines et contaminant
les terres agricoles. La Fédération internationale
et la Société nationale de la Croix-Rouge haïtienne,
qui menaient déjà des actions de secours liées
aux troubles sociaux et aux inondations de mai, ont réorienté
leur aide vers la région des Gonaïves, qui a été
la plus touchée.
Malgré une situation instable sur le plan de la sécurité,
une vingtaine de volontaires de la Croix-Rouge ont veillé
à ce que les distributions de secours se passent le plus
efficacement et dans les meilleures conditions de sécurité
possibles. Aussi ont-ils contrôlé les cartes d’alimentation
et, même, raccompagné chez eux les bénéficiaires.
Au total, la Fédération internationale a fourni des
secours non alimentaires à 10 800 familles et des vivres
à 1400 familles. Plusieurs orphelinats et un foyer pour personnes
âgées ont aussi reçu de l’aide. De l’eau
potable a été fournie à cinq points de distribution,
et un hôpital de campagne d’une capacité de 100
lits a été installé, l’hôpital
local ayant été endommagé par les inondations.
Trente volontaires de la Croix-Rouge se sont rendus dans les écoles
et de foyer en foyer pour promouvoir une bonne hygiène personnelle,
l’entretien des latrines, la purification de l’eau et
l’enlèvement des ordures ménagères.
Ensemble, nous pouvons contrer le sida
Un programme d’éducation par les pairs informant les
jeunes sur le VIH/sida dans les Caraïbes est actuellement étendu
à l’ensemble de l’Amérique centrale, où
l’épidémie gagne du terrain parmi les groupes
socialement marginalisés.
Le programme « Ensemble nous pouvons » forme des jeunes
de 14 à 19 ans sur des questions essentielles telles que
la transmission, la stigmatisation et la discrimination. Ces jeunes
peuvent ensuite enseigner à d’autres jeunes les trois
règles d’or de la prévention du sida : l’abstinence,
la fidélité, l’utilisation du préservatif.
Alors que les Caraïbes comptent déjà quelque
7500 jeunes formateurs, trois Sociétés d’Amérique
centrale ont décidé d’adopter cette stratégie.
À Panama, les jeunes formateurs espèrent parvenir
à sensibiliser un millier d’élèves du
secondaire, tandis qu’au Belize, le programme vise les jeunes
déscolarisés d’un quartier défavorisé
de Belize City. Au Honduras, cette stratégie sera intégrée
à un projet existant.
En 2004, la Croix-Rouge mexicaine et les Sociétés
d’Amérique centrale ont mis sur pied un réseau
de veille sanitaire afin de renforcer leur capacité de contrôler
la propagation du VIH et l’impact de l’épidémie.
Un réseau similaire existe depuis 2000 dans les Caraïbes
où, d’après l’ONUSIDA, le sida est devenu
la principale cause de mortalité des 15-44 ans.
Réorganisation
complète en Argentine
La Croix-Rouge argentine a entièrement remanié sa
structure organisationnelle et ses programmes afin de pouvoir répondre
aux besoins des personnes vulnérables dont le nombre ne cesse
d’augmenter, les crises économiques répétées
ayant favorisé une montée en flèche de la pauvreté.
Le processus de changement, conduit à l’initiative
du président de la Société nationale et soutenu
financièrement par le Fonds de renforcement des capacités
de la Fédération internationale, a débouché
sur une réorganisation de l’équipe dirigeante
et du personnel, sur l’élaboration de nouveaux statuts
assurant davantage de démocratie et de responsabilité
et sur la création d’un nouveau plan stratégique
destiné à orienter les programmes de la Société
dans les domaines essentiels.
Les sections ont été associées à la
planification et encouragées à renforcer leur assise
de volontaires en assurant des formations et en entreprenant des
projets communautaires.
S’étant ainsi adaptée à l’environnement
dans lequel elle opère, la Société est désormais
mieux à même de répondre aux besoins de ses
bénéficiaires et, jouissant d’une meilleure
réputation, elle peut plus facilement collecter des fonds
pour appuyer le processus. Elle doit maintenant s’efforcer
de répercuter le changement sur les sections.