Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et Croissant-Rouge (IFRC) Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et Croissant-Rouge (IFRC)
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Publications: rapport annuel 2003
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Sur le terrain - Europe et Asie centrale

EuropeEn 2004, la tuberculose et le VIH/sida, avec des taux d’infection en hausse, ont été les deux plus grandes menaces pour la santé dans la région. Par ailleurs, les mouvements de population et le trafic d’êtres humains continuent de représenter un grave problème sur le plan humanitaire et exigent un travail de sensibilisation au plus haut niveau ainsi qu’une action de terrain destinée à protéger les personnes à risque.

Les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge se sont non seulement attaquées à ces problèmes, mais ont aussi apporté secours et soutien à plusieurs millions de personnes touchées par des catastrophes soudaines dans la région.

« Prenez des photos, mais, s'il vous plaît, ne posez pas de questions », dit cette mère, dont le fils a été blessé lors de la tragique prise d'otages de l'école de Beslan. Tous deux vont à Moscou où l'enfant sera opéré.La tragédie des otages de Beslan et les attentats à la bombe de Madrid sont deux exemples de situations où le fait d’assurer une présence était déjà à lui seul un grand réconfort pour les victimes.

En mai, huit États d’Europe centrale ont rejoint l’Union européenne, une adhésion synonyme à la fois de nouveaux défis et de nouvelles possibilités pour les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge de ces pays. Tout au long de 2004, le Secrétariat de la Fédération internationale, par des initiatives destinées à renforcer leurs capacités, a travaillé aux côtés de ces Sociétés pour faciliter leur transition.

Coopération contre le nouveau commerce d’esclaves
Les migrations et le trafic d’êtres humains ont été, cette année encore, un problème majeur dans une grande partie de la région, où ils ont eu des effets dévastateurs sur les communautés. La République de Moldova, pays le plus pauvre d’Europe, est particulièrement touchée, les trafiquants y faisant miroiter la promesse d’une vie facile aux plus vulnérables, notamment les familles défavorisées, les enfants et les handicapés.

En 2004, le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a contribué à placer cette question au premier rang des priorités européennes en lançant son initiative pour la coopération européenne contre le trafic d’êtres humains. Cette initiative a pour but d’apporter davantage de clarté et de cohérence dans ce domaine très complexe, notamment em précisant comment les Sociétés nationales des pays d’origine et de destination pourraient mieux coopérer pour réduire les souffrances et la vulnérabilité des victimes des trafiquants.

Présents au cœur même des communautés, la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge peuvent jouer un rôle essentiel en informant les gens et en leur ouvrant les yeux sur les dangers du trafic d’êtres humains.

Assistance téléphonique aux victimes du trafic d’êtres humains en Bulgarie
Prostitution, mendicité, travail forcé, pornographie, telles sont les activités auxquelles sont contraintes de se livrer les victimes des trafiquants d’êtres humains en Bulgarie. À la fois pays d’origine, de transit et de destination, la Bulgarie est devenue une plaque tournante de ce trafic en Europe.

En novembre 2003, la Croix-Rouge bulgare a lancé un programme visant à la fois à venir en aide aux victimes des trafiquants et à leurs familles et à prévenir du danger les groupes les plus vulnérables de la société, à savoir les jeunes socialement et économiquement défavorisés ou vivant en institution, les femmes de 18 à 35 ans, en particulier celles qui sont sans emploi, et les jeunes roms.

La Croix-Rouge a mis en place dans quatre régions des services d’assistance téléphonique pour informer la population des dangers du trafic d’êtres humains et apporter une aide psychologique aux victimes et à leurs familles ainsi qu’aux candidats à la migration.

La Société nationale a aussi conduit une campagne d’information du public et organisé un concours de rédaction et de dessin sur le thème « Trafic d’êtres humains, le nouvel esclavage », qui a donné lieu a une centaine d’inscriptions. Elle a par ailleurs formé 74 jeunes pour mener des sessions de sensibilisation dans les écoles et les institutions sociales ; ces jeunes se sont déjà adressés à 5000 de leurs pairs.

VIH/sida : prévention, soins et respect de la dignité
En Europe et en Asie centrale, l’utilisation de drogues injectables et les rapports sexuels non protégés restent les principales causes de la propagation croissante du sida. Les jeunes sont le groupe le plus exposé : dans la région, 80 pour cent des séropositifs ont moins de 30 ans.

L’action que mènent la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge auprès des jeunes dans ce domaine comprend trois volets essentiels : la prévention, les soins aux personnes atteintes et le combat contre la stigmatisation et la discrimination à l’égard des malades.

Quinze Sociétés nationales d’Europe orientale et d’Europe centrale se sont associées à la Croix-Rouge italienne dans une initiative régionale de réduction des risques destinée à aider les utilisateurs de drogues injectables à se prémunir contre les risques de contamination.

La Croix-Rouge d’Ukraine a innové en lançant un programme dans lequel des infirmières rendent visite aux personnes séropositives et les encouragent à se lier d’amitié avec d’autres séropositifs afin de parer à un éventuel rejet de la part de leurs amis « d’avant ».

En Arménie, trois films sur la prévention du VIH/sida et sur les dangers de la toxicomanie ont été produits en partenariat avec les médias locaux. En outre, des matériels d’information ont été distribués au public dans le but de contrer les idées fausses et autres croyances qui circulent à propos de la transmission du VIH. Des volontaires récemment formés ont présenté à 25 000 personnes les dangers du sida.

En Azerbaïdjan voisin, des volontaires du Croissant-Rouge ont fait le même type d’interventions auprès de quelque 10 000 personnes, notamment des écoliers, des étudiants et des travailleurs de l’industrie du sexe.

Tadjikistan - La tuberculose a emporté cinq des enfants de cet homme : les cinq qui lui restent sont aussi porteurs de la maladie.Tuberculose : ne les oublions pas
Prendre soin des malades de la tuberculose et combattre la maladie constituent une part importante de l’action que mènent la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge en Russie et en Asie centrale, où la tuberculose a atteint les proportions d’une épidémie. « Les malades ne doivent pas oublier leur traitement, et nous ne devons pas oublier les malades », explique Valentina Svetlova, infirmière à la Croix-Rouge russe.

Une étude menée en 2004 au Kazakhstan, au Kirghizistan et en Ouzbékistan a montré que 93 pour cent des patients suivis par les infirmières de la Croix-Rouge allaient jusqu’au bout de leur traitement, ce qui est vital pour endiguer la maladie et prévenir l’apparition d’une résistance aux médicaments.

Les programmes de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge utilisent la méthode dite DOTS (directly observed treatment short-course – traitement de brève durée sous surveillance directe) recommandée par l’Organisation mondiale de la santé, qui s’avère de plus en plus efficace pour combattre la maladie et surmonter la stigmatisation à l’égard des personnes infectées.

Les enseignements tirés de l’expérience de la Russie et de l’Asie centrale sont très utiles aux nouveaux programmes de lutte antituberculeuse menés ailleurs dans le monde ; la Croix-Rouge de Roumanie les met actuellement à profit pour élaborer sa propre stratégie de lutte contre la maladie. La tuberculose est une maladie qui tue environ deux millions de personnes chaque année dans le monde.

Soutien aux victimes du drame de Beslan
Le 1er septembre 2004, jour de la rentrée des classes à Beslan, une ville d’Ossétie du Nord, dans le sud de la Russie, a viré au cauchemar lorsqu’un groupe d’hommes armés a fait irruption dans l’école, prenant en otages plusieurs centaines d’enfants, de parents et d’enseignants. Le siège de l’école, qui a duré trois jours, s’est soldé par la mort de 350 personnes. On a aussi compté 600 blessés.

Une équipe de psychologues, d’infirmiers et de volontaires de la Société de la Croix-Rouge russe est arrivée sur place quelques heures après le début du drame pour soutenir les parents et les proches des personnes retenues dans l’École numéro 1 et leur apporter de la nourriture, de l’eau et un appui psychologique. Une fois le siège terminé, ils ont aidé à évacuer les survivants, puis se sont attelés à trier et distribuer les jouets, vêtements, sucreries, jeux, cartables et fournitures scolaires qui avaient été offerts dans un formidable élan de solidarité.

Au lendemain de la tragédie, la Fédération internationale a lancé un appel de fonds destiné à financer des programmes de soutien psychosocial de longue durée, afin d’aider la communauté à évacuer sa douleur. « À Beslan, ce n’est ni d’argent ni de médicaments dont les gens auront besoin, mais plutôt d’écoute et de compassion. La Croix-Rouge sera là pour les aider à faire face et à surmonter leurs difficultés », explique Vacheslav Otchuk, un psychologue de la Fédération internationale.

Dix années d’humanité au Bélarus
La maison de bienfaisance que gère la Croix-Rouge du Bélarus à Pinsk fournit une aide médico sociale et psychologique aux personnes seules et déshéritées atteintes de maladies chroniques difficiles à traiter. Ouverte en 1994, l’institution assure trois repas par jour aux malades, à des réfugiés, à des sans-abri et d’autres personnes dans la misère. Elle les examine, les soigne et leur apporte un soutien psychologique. En 2004, quelque 200 personnes ont bénéficié des services de cette maison de bienfaisance, qui a secouru plus de 1700 personnes depuis son ouverture. Les séjours y sont en moyenne d’un mois.

Secours aux victimes des attentats de Madrid
Quelque 900 volontaires de la Croix-Rouge espagnole ont travaillé jour et nuit pour porter secours aux victimes de la série d’attentats perpétrés le 11 mars dans des gares de Madrid. Les bombes, qui ont explosé à une heure de grande affluence, ont fait 200 morts et 1400 blessés.

Des trousses de premiers secours, des sacs mortuaires, des civières, des couvertures et d’autres articles de secours ont été mis à disposition par la Croix-Rouge. Des équipes de soutien psychologique composées chacune de 16 spécialistes sont venues de toute l’Espagne et ont assisté au moins 1200 personnes, accompagnant les proches et les enfants des victimes dans les hôpitaux, les morgues et durant les funérailles.

Des personnes de douze nationalités différentes ayant péri dans les attentats, la Croix-Rouge espagnole a aussi activé son système international de recherches afin de permettre aux familles de connaître le sort de leurs proches.


Rapport annuel 2004
Introduction
2004 en bref
 
  Sur le terrain
Afrique
Amériques
Asie et Pacifique
Europe et Asie centrale
  Moyent-Orient et Afrique du Nord
 
  Renforcer les capacités
  Le renforcement des capacités
  Principes et valeurs
  Volontariat et jeunesse
  La coopération
  La gouvernance
 
  Tisser des liens
  Sensibilisation
  Communication
  Partenariats
  Mobilisation des ressources
 
  Finances
  Introduction
  Recettes et dépenses