L’un
des principaux programmes d’intervention d’urgence menés
cette année dans la région a été mis
sur pied à la suite du terrible séisme qui a entièrement
rasé la ville historique de Bam, en Iran, fin 2003. La phase
des secours a duré jusqu’en avril 2004, et la phase
de relèvement s’est poursuivie tout au long de l’année.
2004 a aussi vu l’établissement, au Moyen-Orient et
en Afrique du Nord, de réseaux qui ont aidé les Sociétés
nationales à renforcer leurs capacités dans les domaines
de la gestion des catastrophes, des premiers secours communautaires,
du VIH/sida et des communications.
En Iraq, le Croissant-Rouge a mis un peu d’humanité
dans un pays où des millions de personnes continuent de subir
les conséquences de la guerre.
Séisme
dévastateur à Bam
En douze secondes seulement, le 26 décembre 2003, la ville
historique de Bam, en Iran, a cessé d’exister. Maisons,
écoles, installations sanitaires ont été réduites
à l’état de gravats. Les communications ont
été coupées, les services administratifs, les
réseaux d’électricité et d’eau
détruits ou grave-ment endommagés. Le bilan est terrible
: 26 000 morts, 30 000 blessés et 75 600 sans-abri, à
la période la plus froide de l’année.
Le Croissant-Rouge iranien a mobilisé 8500 secouristes,
professionnels de santé et volontaires dans les jours qui
ont suivi la catastrophe. Ils ont cherché les survivants,
aidé à monter des abris provisoires, fourni des vivres,
des articles non alimentaires et des réservoirs d’eau
de secours, ainsi que des soins médicaux et des premiers
secours psychologiques.
Avec les fonds recueillis grâce à l’appel lancé
par la Fédération internationale, le Croissant-Rouge
iranien a mené son action de secours jusqu’en avril
2004, fournissant des vivres, de l’eau, des couvertures, des
vêtements, des ustensiles de cuisine et des assortiments d’articles
d’hygiène à 155 000 habitants. Les services
médicaux ont traité 111 000 personnes, et des équipements
d’approvisionnement en eau et d’assainissement ont été
installés dans les camps d’hébergement provisoires.
À partir de mai, les efforts ont été réorientés
vers la réhabilitation et le relèvement à long
terme, notamment la reconstruction et la reconstitution des stocks
de préparation aux catastrophes de la Société
nationale.
Des réseaux pour de meilleures performances
En 2004, les Sociétés nationales ont mis sur pied,
dans la région, des réseaux destinés à
renforcer leurs aptitudes dans les domaines d’action essentiels,
faisant preuve ainsi, par cette collaboration, d’une volonté
de plus en plus grande de prendre en main leur propre développement.
L’année s’est ouverte sur la création,
par quinze Sociétés nationales, d’un réseau
d’information destiné à favoriser le partage
de données d’expérience et de stratégies.
Plusieurs Sociétés ont ensuite animé des ateliers
pour apprendre à leurs employés et volontaires à
mieux communiquer et ainsi rehausser l’image de leur Société
auprès du public.
Le premier réseau VIH/sida de la région a vu le jour
en septembre. Il est conçu pour lutter contre la stigmatisation
et la discrimination, ainsi que pour s’occuper des médias
et de la communication, de la sensibilisation et des partenariats
avec les personnes vivant avec le VIH/sida.
Des équipes nationales d’intervention ont été
formées en Syrie, au Yémen et au Maroc dans l’optique
de limiter les effets des catastrophes. Un cadre stratégique
pour la gestion des catastrophes a été élaboré,
qui englobe des aspects de politique et de planification, les questions
de logistique, la réduction des risques et la formation d’équipes
d’intervention.
Des
tentes pour les rescapés du séisme au Maroc
En février, le Croissant-Rouge marocain a distribué
des tentes et d’autres articles de première nécessité
aux rescapés d’un violent séisme qui a coûté
la vie à 600 personnes et fait 500 blessés près
d’Al-Hoceima, sur la côte méditerranéenne.
Les distributions de secours ont été faites dans
les écoles et les mosquées ainsi qu’aux familles
vivant dans des abris de fortune construits à proximité
des ruines de leurs maisons. Un dispensaire mobile du Croissant-Rouge
s’est rendu de village en village pour prodiguer des soins
de santé de base aux personnes vivant dans des zones reculées.
Il a traité plus de 350 patients dans les premières
semaines.
Quelque 1200 sinistrés ont trouvé refuge dans un
camp de tentes aménagé par le Croissant-Rouge à
Im Zouren, où 200 volontaires leur ont distribué des
repas, des vivres et d’autres produits de première
nécessité. Les volontaires ont aussi apporté
une aide psychosociale aux victimes du séisme et, en particulier,
aux enfants, en organisant chaque jour des activités et des
jeux.
Aide aux familles dans la ville assiégée
de Falloujah
En novembre, alors que des dizaines de familles étaient bloquées
dans la ville assiégée de Falloujah, le Croissant-Rouge
de l’Iraq a reçu des forces alliées multinationales
l’autorisation d’envoyer sur place des convois de secours
et de fournir une assistance humanitaire.
Trois convois sont donc entrés dans Falloujah, chargés
de médicaments, de produits alimentaires frais et d’autres
articles de première nécessité à destination
de six quartiers qui avaient été choisis et sécurisés
par les forces alliées afin de permettre aux équipes
du Croissant-Rouge de travailler dans des conditions de sécurité.
Le Croissant-Rouge s’est rendu à Falloujah trois fois
par semaine pour livrer des vivres, inhumer les morts et évacuer
les blessés vers des zones sûres en dehors de la ville
fantôme.
Travailler en collaboration pour prévenir le VIH/sida
La faible prévalence du VIH/sida enregistrée aujourd’hui
au Moyen-Orient et en Afrique du Nord n’est pas une garantie
pour l’avenir : telle était la mise en garde exprimée
par les onze Sociétés nationales qui se sont réunies
en septembre à Beyrouth pour discuter des incidences futures
de la pandémie mondiale sur leur région.
Les participants ont été informés de l’évolution
de l’infection aux niveaux mondial et régional ainsi
que des programmes mis en œuvre pour la contrer ; il ont en
outre discuté des stratégies de lutte contre le VIH/sida.
Ils ont écouté le témoignage d’une personne
séropositive au sujet du manque de médicaments et
de la discrimination qui l’a contrainte à quitter son
travail et son foyer. Le nombre de décès liés
au sida est en hausse dans la région, où l’ONUSIDA
estimait à 92 000 en 2004 le nombre de personnes infectées
par le VIH.
Un nouveau réseau régional VIH/sida a été
établi pour permettre aux Sociétés nationales
d’échanger des ressources, des connaissances, des compétences
et des idées pour mieux soutenir les personnes qui vivent
avec le VIH/sida.
Harmonisation des premiers secours
La région Moyen-Orient/Afrique du Nord a harmonisé
son programme de formation aux premiers secours afin de l’incorporer
à d’autres programmes dans les domaines de la santé,
de la gestion des catastrophes, de l’égalité
hommes/femmes, de la jeunesse et du volontariat.
Sur la base d’un examen du programme de premiers secours
communautaires et des enseignements tirés par les Sociétés
des autres régions, une stratégie régionale
concernant les premiers secours a été mise au point
et reprise dans une version arabe révisée du manuel
Premiers secours dans la communauté.