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Publications: Rapport sur les catastrophes dans le monde 2003
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Christopher Black/ Fédération internationale, Irak
 

Seconde partie : Le système et ses orientations

Chapitre 8 - Tendances et statistiques des catastrophes

Le nombre des catastrophes recensées l’année dernière est le plus élevé jamais enregistré pour une année au cours de la décennie écoulée. En 2002, les catastrophes semblent avoir été heureusement moins meurtrières que les années précédentes : 24 500 personnes y auraient perdu la vie, alors que la moyenne annuelle de la décennie s’établit à 62 000 morts. Leurs conséquences n’ont cependant jamais été aussi lourdes. Les catastrophes ont fait 608 millions de sinistrés ; ce chiffre astronomique représente trois fois la moyenne annuelle de la période comprise entre 1992 et 2001. À elle seule, la sécheresse en Inde a frappé 300 millions de personnes en 2002. Et ces chiffres ne prennent même pas en compte les morts ou les sinistrés du fait des guerres, des famines ou des maladies liées aux conflits. Il n’existe tout simplement pas de données globales fiables sur ces crises d’une plus grande complexité. Des études publient tout de même pour le Soudan et la République démocratique du Congo des taux de mortalité qui font apparaître dérisoires les chiffres figurant dans les tableaux ci-après (voir chapitre 7).

Les catastrophes continuent de frapper les pays les plus pauvres et les moins développés de la planète. Six pour cent seulement des morts recensés en 2002 vivaient dans des pays à fort développement humain. Les pays à faible développement humain, quant à eux, ont versé de loin le plus lourd tribu en vies humaines alors qu’ils enregistraient le nombre de catastrophes naturelles le moins élevé de la décennie. Le nombre de décès rapportés au nombre de catastrophes recensées s’élève en moyenne à 555 dans les nations à faible développement humain, comparé à 133 dans les pays à développement humain intermédiaire et à 18 dans ceux à fort développement humain.

Si le nombre de pertes humaines imputables aux catastrophes reste faible dans les pays très développés, le montant des dommages y est très lourd. Plus des deux tiers du montant global des dommages recensés l’année dernière (27 milliards de dollars américains) ont été supportés par les pays à fort développement humain. Ils ne représentaient que de 0,15 pour cent de ce montant dans les pays à faible développement humain. Sur l’ensemble de la décennie, le coût moyen des dommages causés à chaque catastrophe naturelle s’est élevé à 477 millions de dollars américains dans les pays à fort développement humain, comparé à 149 millions dans les nations à développement humain intermédiaire et à 61 millions dans celles à faible développement humain. Ces écarts s’expliquent principalement par la valeur financière élevée que représentent les infrastructures dans les pays développés. La comparaison rendrait mieux compte de l’importance des pertes financières liées aux infrastructures dans les pays à faible développement humain, si celles-ci étaient exprimées par rapport au produit intérieur brut (PIB) plutôt qu’en dollars.

Les catastrophes d’origine météorologique sont de plus en plus nombreuses. Entre 1993 et 1997, on en comptait en moyenne 200 chaque année, ce chiffre a atteint 331 entre 1998 et 2002. Sur l’ensemble de la décennie, la famine est restée de loin la catastrophe la plus meurtrière avec 275 000 victimes au moins (soit près de la moitié de l’ensemble des décès recensés). Cette estimation est, selon toute probabilité, très en-dessous de la réalité. Plus que toutes les autres catastrophes naturelles ou technologiques réunies, ce sont les inondations qui ont touché le plus grand nombre de personnes sur la planète (en moyenne 140 millions chaque année).

Le nombre global de décès enregistrés du fait de catastrophes naturelles ou technologiques a chuté de 38 pour cent par rapport aux décennies 1983-1992 et 1993-2002. Au cours de la même période, le nombre de sinistrés recensés a cependant fait un bond de 54 pour cent.

Ce chapitre a été rédigé par Jonathan Walter, rédacteur en chef du Rapport sur les catastrophes dans le monde.



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