Rapport sur les catastrophes
dans le monde 2007 - Résumés des chapitres
Chapitre 1 - Ce ne sont pas les catastrophes, mais les gens qui font des discriminations
Les catastrophes ne sont pas les causes de la discrimination, mais elles l’exacerbent – et la discrimination dans une situation d’urgence peut être fatale. Les plus marginalisés et les plus vulnérables risquent de ne pas survivre à la crise et, lorsqu’ils en réchappent, ils ne sont pas inclus dans les plans de relèvement et de restauration des moyens de subsistance.
Il est plus facile de lutter contre la discrimination durant les périodes de stabilité, mais les organismes d’assistance et les agences gouvernementales doivent être conscientes des comportements discriminatoires et de leurs conséquences dans le climat de tension aiguë qui résulte des situations d’urgence. C’est alors seulement que les groupes minoritaires, les personnes âgées, les personnes souffrant de handicaps, les femmes et les jeunes filles deviennent un élément clé de la planification d’urgence, des programmes de secours et des efforts de relèvement.
Chapitre 2 - La discrimination envers les minorités, facteur de multiplication des catastrophes
Il existe des groupes minoritaires dans toutes les sociétés. Ils sont marginalisés à des degrés divers en raison de leur nationalité, de leur race, des systèmes de castes en usage ou simplement à cause de la taille de leur population. Certains, comme les ethnies indigènes ou les tribus nomades, n’exercent qu’une influence limitée sur les pouvoirs locaux ou nationaux. D’autres, comme les nationalités minoritaires ou les membres de castes considérées comme inférieures, vivent dans des régions isolées, rejetés par le reste de la société. Ce sont précisément ces gens qui risquent d’être oubliés dans les situations d’urgence, quand les besoins du plus grand nombre prennent le pas. C’est pourquoi les agences internationales doivent élargir leur angle de vue en cas de catastrophe afin de prendre en considération la situation particulière et unique de toutes les personnes affectées et d’élaborer des méthodes plus flexibles d’évaluation et de réponse.
Chapitre 3 - Les personnes âgées et la discrimination dans les situations de crise
En général, on considère comme parfaitement normal que ce soient souvent des individus jeunes et bien portants qui se présentent aux distributions de nourriture et autres secours – ils sont là précisément parce qu’ils sont jeunes et bien portants, aptes à apporter l’assistance aux membres de leurs familles élargies. Toutefois, il faut se garder de tenir pour acquis que les liens familiaux et les structures communautaires garantissent la satisfaction des besoins des personnes âgées en temps de crise. Pour beaucoup d’entre elles, ce n’est, hélas, pas toujours le cas. L’exode économique de leurs proches, leur mobilité et leur santé déclinantes, leur productivité moindre et l’attention généralement prioritaire dont jouissent les membres les plus jeunes de la communauté sont autant de facteurs qui contribuent à les rejeter dans l’ombre dans les situations de catastrophe.
Chapitre 4 – Handicaps et catastrophes : vers une approche
Les handicapés sont souvent marginalisés de manière systématique dans la vie ordinaire. Dans les situations d’urgence, cette marginalisation est encore exacerbée. Ainsi, les personnes aveugles ou sourdes, par exemple, ignorent souvent tout des plans d’évacuation; une personne privée de mobilité peut se trouver dans l’impossibilité de se soustraire à un danger; une personne souffrant d’un handicap intellectuel se verra repoussée en bout de file lors d’une distribution de secours. Les handicaps qui rendent les gens vulnérables sont aussi à l’origine de leur mise à l’écart par leurs familles et leurs communautés. C’est pourquoi il est essentiel de s’inquiéter tout spécialement de leurs besoins et d’agir en conséquence dans le cadre de la planification et de la mise en oeuvre de l’assistance lors de catastrophes. Cela n’est possible que si ces personnes sont accessibles, d’où la nécessité de changer les attitudes, d’ouvrir les esprits, de favoriser la prise de conscience du problème et de promouvoir l’intégration.
Chapitre 5 - L’urgence de l’égalité : pour mettre un terme à la discrimination envers les femmes et à ses conséquences en temps de crise
Les femmes et les jeunes filles ont de tout temps subi des formes multiples de discrimination, ce qui les place dans des situations à haut risque en temps de crise. Les systèmes d’alerte anticipée ne tiennent pas toujours compte du fait que beaucoup de jeunes filles ne sont pas scolarisées et ne savent pas lire. Les femmes pauvres, célibataires et âgées, les jeunes filles et les filles handicapées sont particulièrement exposées aux abus sexuels et autres formes de violence, car elles ne sont pas en mesure de se protéger. Les femmes enceintes n’ont pas nécessairement accès aux services de santé appropriés. Les abris ne sont pas toujours conçus de manière à garantir leur intimité et leur sécurité. Leurs voix sont rarement entendues et elles n’ont guère d’influence sur les prises de décisions. Pour toutes ces raisons, les femmes doivent être consultées et on doit leur donner les moyens de se préserver contre toutes les formes de discrimination auxquelles elles sont couramment exposées.
Chapitre 6 - La discrimination dans le cadre des opérations de relèvement
Les agences humanitaires ont la possibilité de mettre en œuvre des mesures efficaces pour lutter contre la discrimination. Les évaluations initiales doivent prendre en compte les besoins particuliers de tous les groupes et les évaluations à plus long terme doivent être ouvertes et bien planifiées. Des représentants de tous les groupes en présence au sein des communautés affectées devraient être associés aux efforts de relèvement. Les programmes d’assistance doivent être ouverts et prendre en compte les priorités des plus défavorisés. Ce ne sont là que quelques exemples des moyens propres à améliorer la protection des personnes particulièrement vulnérables. Le plus important est de s’employer à améliorer la compréhension de la discrimination, d’expliquer comment et pourquoi elle se produit et qui sont les personnes les plus exposées. C’est seulement ainsi que l’on pourra adapter en conséquence tout le cycle des programmes d’urgence et répondre comme il convient aux besoins des plus vulnérables.