IFRC

Ian Steed

Aussi loin que remontent mes souvenirs, j’ai fait du volontariat. Que ce soit avec les scouts pour aider à construire des ponts sur des rivières, en tant qu’arbitre dans des matches de rugby ou en jouant avec des enfants réfugiés. S’il n’est pas toujours drôle d’être volontaire, on rencontre des gens, on acquiert de nouvelles compétences et on fait des choses qu’on n’aurait jamais imaginé faire – et qui, souvent, nous font sortir de notre « zone de confort ». Maintenant, travailler pour aider les organisations de volontaires à se développer et à avoir un plus grand impact est devenu mon métier. Tout a commencé il y a quinze ans.

J’avais étudié l’allemand et le néerlandais au Royaume-Uni, et mon premier contact avec la Croix-Rouge a été lorsque j’ai travaillé dans un centre d’accueil de réfugiés de la Croix-Rouge allemande. J’ai alors rencontré des personnes qui travaillaient dans la Société nationale, et l’on m’a proposé un stage au siège lorsque j’ai fini mes études. Le hasard a bien fait les choses, et alors que ce stage tirait à sa fin, j’ai été invité à en faire un autre au Secrétariat de la Fédération, à Genève, dans le Département du développement organisationnel.  

Je suis ainsi entré dans le monde compliqué d’une organisation mondiale fédérant des membres unis par une vision et des normes communes, mais tous différents sur le plan organisationnel. Une fois passé le choc initial, j’ai trouvé fascinante et stimulante la complexité des façons différentes de travailler et de voir les choses. Le rythme de travail était rapide, et le fait d’avoir affaire à quelques praticiens remarquables, dont plusieurs restent mes mentors aujourd’hui, m’a offert un cadre d’apprentissage extraordinaire.

Un des meilleurs conseils que j’aie reçus à l’époque, cependant, était de ne pas rester trop longtemps – pour faire en sorte d’avoir d’autres expériences en dehors de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, loin de l’atmosphère raréfiée des organisations internationales. Je suis retourné au Royaume-Uni, j’ai passé un an à étudier la gestion et j’ai travaillé dans l’équipe de direction d’une école anglaise, avant de créer à Cambridge (Royaume-Uni) une organisation ayant pour but de mieux mettre en réseau le capital d’expertise en développement international qui existait.

Mettre une organisation sur pied à partir de zéro a représenté un défi extrêmement satisfaisant. Cela m’a donné une expérience très pratique des fonctions dirigeantes qui est venue compléter le travail plus théorique que j’avais fait à la Fédération et pendant mes études. Ce qu’il y a de magnifique – et terrifiant– dans une petite organisation, c’est qu’il n’y a personne d’autre pour faire les choses : vous devez devenir un spécialiste dans toutes sortes de domaines, ou persuader des gens de vous aider, et vite !  

Alors, quand mon épouse suisse et moi-même avons décidé de retourner en Suisse, il a été logique de chercher un emploi à la Fédération. J’ai été candidat à une fonction dans le développement du volontariat et j’ai depuis évolué vers le développement organisationnel, en travaillant dans une équipe qui aide le réseau des Sociétés nationales à réaliser leur propre développement.

Comme c’était déjà le cas avant, le travail est varié et le rythme rapide. Je travaille généralement tant au niveau stratégique que pratique, ce qui est important pour moi. Il est si précieux d’être régulièrement en contact avec la réalité sur le terrain – car Genève peut parfois sembler très loin de tout ce qui se passe réellement!

Lorsque les Sociétés nationales se développent, le changement peut être stupéfiant. En quelques années, par exemple, la Croix-Rouge du Burundi est passée d’une situation de quasi- inexistence à un stade où elle dispose d’un réseau de 400 000 volontaires dans un pays de 9 millions d’habitants. Alors, bien que mon rôle ne consiste pas directement à fournir des services, l’impact de ce type de changement organisationnel sur les conditions d’existence des personnes vulnérables peut être énorme.

Je suis personnellement convaincu que l’avenir du Mouvement dépend davantage du fait de disposer d’organisations nationales solides et viables que du fait de recueillir auprès des gouvernements riches des fonds à dépenser dans d’autres pays. Cela correspond mieux à ma conception du développement humain comme étant quelque chose qui vient des individus et de l’intérieur des communautés plutôt que d’acteurs extérieurs. J’ai donc de la chance que mon rôle actuel me permette de chercher, avec des gens du monde entier, comment ils peuvent développer les institutions de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge pour relever les défis de l’avenir en utilisant leurs propres ressources. Chaque pas que fait une Société nationale dans cette direction a un impact direct sur les conditions d’existence des populations vulnérables.  


Profile

Conseiller en développement organisationnel, Genève


La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge constitue, avec ses 190 Sociétés nationales membres, le plus vaste réseau humanitaire du monde. En tant que membres du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, nous sommes guidés dans notre travail par sept Principes fondamentaux: humanité, impartialité, neutralité, indépendance, volontariat, unité et universalité.