IFRC

Rika Ueno

C’est le tremblement de terre de Kobe qui m’avait incitée à me proposer comme volontaire. La catastrophe récente me rappelle pourquoi.

Je dormais quand le tremblement de terre a frappé Kobe il y a seize ans. J’ai été réveillée par la chute d’une étagère sur ma tête. Tout était détruit dans notre maison, et nous ne comprenions pas ce qui arrivait. Pendant un moment, ma mère, ma sœur et moi sommes juste restées assises côte à côte au milieu du chaos en ce froid matin d’hiver. Ma sœur et moi avons été envoyées chez ma grand-mère. À notre retour, nous avons décidé de nous porter volontaires. Nous sommes allées à la mairie (le centre de volontariat) et avons aidé à apporter de l’eau aux gens chez eux. Nous sommes aussi restées assises dans une salle d’école glacée pour attendre les gens qui venaient s’inscrire pour un « hébergement sur un bateau » (des bateaux équipés de lits et de douches). Nous voulions juste aider, d’une façon ou d’une autre

La vie a continué et nous avons remonté la pente. Après avoir obtenu mon master en sécurité humaine, je cherchais un emploi quand mon père a suggéré la Croix-Rouge du Japon. C’était une des rares organisations menant des opérations de secours aux niveaux national et international qui recrutait de nouveaux diplômés de l’université. J’ai le bonheur de travailler pour la Croix-Rouge du Japon depuis 2007.

Quand le séisme a frappé en 2011, j’étais au siège de la Croix-Rouge du Japon avec des collègues. J’avais toujours pensé que je n’aurais pas peur si je devais me trouver dans un autre tremblement de terre, mais chaque secousse ravivait mes souvenirs de ce qui s’était passé à Kobe à l’époque. Cela me rappelait surtout combien les gens avaient souffert. Cette fois-ci, je participais directement à l’opération de secours. D’abord, j’ai aidé à préparer les structures de l’intervention. J’ai réuni des informations sur la catastrophe qui se déroulait et j’ai pu avoir accès aux informations nécessaires pour nos équipes médicales. Ensuite, j’ai aidé à répondre à une avalanche d’appels téléphoniques, de courriels et de visites de personnes généreuses qui voulaient faire un don et porter secours comme elles pouvaient. 

Pendant tout ce temps, les volontaires accomplissaient de nombreuses tâches essentielles comme fournir de la nourriture dans les centres d’évacuation et stocker des secours – tâches qu’ils continuent d’ailleurs à accomplir. Je travaillais personnellement avec les volontaires des services linguistiques, pour traiter les courriels qui arrivaient et y répondre : il en arrivait des centaines chaque jour, du Japon et de l’étranger. Peu de gens ont vu le travail que faisaient ces volontaires dévoués dans nos bureaux – mais ils travaillaient si dur, étaient si patients et motivés ! Certains commençaient à 9 heures du matin et ne partaient pas avant 21 heures chaque jour. Ils étaient si dévoués… C’était vraiment impressionnant de les voir tous se rassembler, et de voir leur générosité totalement désintéressée. Cela redonnait de l’espoir et de l’énergie à nombre d’entre nous quand les journées semblaient interminables.

Rika vit maintenant à Kuala Lumpur, où elle a récemment rejoint l’équipe de la zone Asie-Pacifique en tant que déléguée de la Fédération pour le développement organisationnel. C’est un rôle auquel elle se préparait avant que le séisme et le tsunami ne frappent le Japon.


Profile

Rika Ueno, Deleguée,Unité Développement organisationnel et volontariat, zone Asie-Pacifique


La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge constitue, avec ses 190 Sociétés nationales membres, le plus vaste réseau humanitaire du monde. En tant que membres du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, nous sommes guidés dans notre travail par sept Principes fondamentaux: humanité, impartialité, neutralité, indépendance, volontariat, unité et universalité.