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Participation des réfugiés : cas exemplaires de bonnes pratiques


Un réfugié commence à être « intégré » lorsqu’il est peut intervenir dans l’élaboration des services qui lui sont offerts dans le pays d’accueil. Ménager aux demandeurs d’asile, aux réfugiés et aux migrants des possibilités d’emploi au sein du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ou d’autres ONG, constitue par conséquent un aspect déterminant de tout programme d’intégration. L’étude intitulée « Réfugiés inclus », réalisée cette année, avait comme objet principal, notamment, de mettre en évidence des exemples de bonnes pratiques relevés en la matière dans les différents projets européens. Les quatre initiatives suivantes méritent une mention spéciale.

Danemark
À la Maison des cultures du monde à Copenhague, la Croix-Rouge danoise offre aux demandeurs d’asile la possibilité de créer et de gérer des services pour eux-mêmes et à l’intention d’autres demandeurs d’asile. Ils ont à leur disposition divers équipements dont un centre informatique, des instruments de musique et un studio d’enregistrement, un centre d’artisanat et une école de langue. Les ressources du centre sont exploitées dans le cadre d’un programme de conception de projet et de consultation.

Plusieurs demandeurs d’asile ont élaboré des projets dans ce cadre, à l’intention d’autres réfugiés et en ont assuré ensuite la gestion à titre de volontaires. Mansour E., par exemple, a mis en place un service d’assistance téléphonique pour les jeunes demandeurs d’asile. Il gère à présent ce service très apprécié qui lui apporte la satisfaction d’avoir fait œuvre utile. Cette année, Mansour a participé au programme de stages proposés par la plate-forme de coopération de la Croix-Rouge européenne et a pu, à cette occasion, présenter à la Société nationale finlandaise les éléments de son projet, qui a été vivement applaudi.

D’autres demandeurs d’asile ont suivi une formation de maître pour enseigner au « Hojskole » de la Maison des cultures du monde. On pourrait traduire « Hojskole » par la périphrase «école de la vie au contact des autres». Cette notion est issue de la culture populaire. L’école donne aux nouveaux demandeurs d’asile la possibilité de se familiariser avec la société et le mode de vie danois. Aletta E., volontaire de la Croix-Rouge des Pays-Bas, s’est rendue à la Maison des cultures du monde, dans le cadre d’un programme de stages proposé par la plate-forme de coopération européenne. Elle considère que cette initiative représente l’activité la plus remarquable du centre. «La formation des maîtres est une source d’épanouissement personnel pour les demandeurs d’asile dont elle permet d’entretenir les compétences par une pratique professionnelle », a-t-elle déclaré.

Les méthodes pédagogiques de la Maison des cultures du monde visent par ailleurs à encourager le dialogue et la participation. Elles sont résolument en faveur du système dynamique qui impose un dialogue permanent et libre entre les demandeurs d’asile, les volontaires de la communauté danoise et les salariés. Pour renforcer ce climat d’échanges, le personnel et les participants disposent d’espaces, de matériels et d’équipements identiques, aménagés dans des bureaux paysagers. Chaque nouvel arrivant à la Maison des cultures du monde reçoit un exemplaire du manifeste dans lequel sont énoncés les valeurs et les principes de gestion du centre, fondés sur le système dynamique. Il doit faire part des observations que lui suggère ce document, par une démarche qui constitue en soi une occasion d’ouvrir le débat entre les différents groupes.

L’expérience vécue par les demandeurs d’asile à la Maison des cultures du monde ne peut être considérée comme une participation effective des réfugiés en tant que telle, dans la mesure où ceux d’entre eux qui ont obtenu le droit d’asile n’ont plus accès à ces services. Cela étant, elle représente un exemple particulièrement audacieux et novateurs de participation des usagers à la fourniture d’un service. Cette démarche exemplaire est propice à l’instauration d’un climat d’autonomisation de ceux qui vivent l’expérience profondément paralysante de la demande d’asile.

Allemagne
Le département chargé des migrations de la Croix-Rouge allemande a constaté l’intérêt qu’il y avait d’encourager plus activement les non ressortissants à devenir volontaires ou à postuler à un emploi au sein de l’organisation. Aujourd’hui, un groupe de travail composé de cadres supérieurs se réunit régulièrement, sous la direction du vice-président de la Croix-Rouge allemande, pour examiner les possibilités de recruter au sein de la Société nationale davantage de réfugiés et de migrants et faire en sorte qu’un plus grand nombre d’entre eux utilisent ses services.

Le groupe de travail a mis en évidence le fait que certains obstacles au changement étaient d’ordre structurel. Par exemple, les informations concernant les possibilités de bénévolat, de formation et d’emploi à la Croix-Rouge allemande étaient en allemand. Or les migrants connaissent souvent mal cette langue. Une des initiatives a donc été d’adapter les matériels promotionnels et d’examiner les possibilités de dispenser les cours en tenant compte des difficultés linguistiques des communautés minoritaires. Il a été décidé, notamment, de recruter des formateurs issus de groupes ethniques minoritaires.

L’initiative a eu un impact considérable. Le plus important peut-être a été de faire prendre conscience aux membres allemands du personnel de la Société nationale que les étrangers vivant en Allemagne possédaient les compétences et les ressources nécessaires pour mener à bien les activités de l’organisation. Plusieurs sections régionales et locales de la Croix-Rouge se sont également rendu compte des avantages qu’il y avait à s’ouvrir aux membres des minorités ethniques. Certaines d’entre elles ont recruté de nouveaux employés non ressortissants et ont constaté qu’un nombre beaucoup plus élevé de migrants utilisaient à présent leurs services.

Espagne
En Espagne, l’Association Commission catholique espagnole pour les migrations (ACCEM) offre un exemple de bonne pratique particulièrement novatrice en matière de participation des réfugiés. L’ACCEM a adopté et applique un système de contingent qui assure aux réfugiés une représentation appropriée au sein de son personnel.

Chaque année, elle pourvoit six postes de cadres avec des réfugiés. Le processus de recrutement, d’une grande ampleur, contribue en soi au renforcement des capacités au sein de la communauté des réfugiés. Ceux-ci sont invités à assister à un cours de formation de trois mois qui les prépare à assimiler les pratiques professionnelles et les valeurs de l’organisation. Ils sont initiés à la terminologie spécialisée des migrations, aux méthodes de travail dans un environnement multiculturel et aux techniques professionnelles requises pour travailler dans une organisation espagnole. À l’issue de la formation, les participants sont invités à postuler à un emploi déterminé. Il y a habituellement trois candidats pour un poste.

L’ACCEM a la conviction que ce système de contingent présente un intérêt certain qui en justifie l’application. L’organisation a besoin des capacités, de l’expérience et des compétences linguistiques des réfugiés. Ces derniers ont besoin de débouchés professionnel et de pouvoir partager leurs compétences. En 1999, 40 pour cent des 130 membres du personnel étaient des réfugiés. Lorsque des opérations de secours d’urgence sont organisées, on constate qu’un nombre plus élevé de compatriotes du réfugié y participent.

Royaume-Uni
L’Association Refugee Women emploie non seulement des réfugiés, mais peut également se prévaloir de ce que sept membres sur dix de son comité de gestion sont des femmes réfugiées.

L’association a été créée en vue d’améliorer l’accessibilité des services aux femmes dans les communautés de réfugiés. Son fonctionnement repose sur le constat que l’intégration des femmes réfugiées à tous les niveaux opérationnels de l’organisation permet de les rendre plus autonomes. En confiant aux femmes réfugiées la planification et la gestion des services, ceux-ci devraient être mieux adaptés aux besoins réels de leurs bénéficiaires.

Les aptitudes demandées aux nouvelles recrues favorisent la candidature des femmes réfugiées. Il est exigé notamment un savoir-faire spécialisé et une expérience en matière d’orientation des réfugiés, la connaissance des questions spécifiques liées aux femmes réfugiées et des compétences linguistiques. Tous les candidats retenus dans la liste restreinte sont soumis à une procédure d’entretiens dans le cadre d’un concours. Les réfugiés obtiennent souvent de bons résultats. Actuellement, le coordinateur et quatre membres sur six du personnel sont des réfugiés. Les exigences de ce travail sont souvent les bienvenues. «Cette initiative donne aux femmes réfugiées la possibilité de trouver un emploi gratifiant », déclare Hildegard Dumper qui qualifie cette association d’exemplaire s’agissant de « bonne pratique » pour l’intégration des réfugiés. «Le travail leur permet également d’acquérir une expérience de gestionnaire et leur donne la possibilité d’avoir, dans une certaine mesure, prise sur leur existence ».

En quoi consiste cette plate-forme de coopération?

En quoi consiste le programme « Regroupons nos forces pour l’intégration des réfugiés en Europe »?

Pourquoi les Sociétés nationales décident-elles de s’y associer ?

Les mots ont-ils une importance ?

Participation des réfugiés : cas exemplaires de bonnes pratiques

Ressources utiles et publications

PERCO: Introduction (en anglais