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VIH/SIDA
Limiter l'impact du VIH/SIDA
Plus de 36 millions d'individus vivent aujourd'hui avec le VIH/SIDA
(Virus de l’Immunodéficience Humaine/Syndrome d’Immuno
Déficience Acquise) et on estime que 22 millions environ
sont déjà décédés de maladies
associées au SIDA. Les maladies épidémiques
n'ont rien de nouveau, mais la pandémie du VIH/SIDA se
distingue par son impact sans précédent sur le
développement social et économique des nations.
La majorité des victimes étant des adultes dans
la force de l'âge, elles laissent derrière elles
une main d'oeuvre décimée, des communautés
dissolues et appauvries - et des millions d'orphelins.
Si 70 pour 100 des personnes infectées par le VIH vivent
en Afrique subsaharienne, le sida n'en est pas moins un problème
mondial. Dans des pays comme le Zimbabwe et le Botswana, plus
de 25 pour 100 des individus âgés de 15 à
49 ans sont contaminés. Et l'infection se répand
très rapidement en Asie du Sud et du Sud-Est, ainsi que
dans les Caraïbes et dans les pays de l'ex-Union soviétique.
La transmission du sida peut être évitée.
La lutte contre la maladie doit être menée au niveau
local. Individus et communautés peuvent se prémunir
contre la propagation du VIH/SIDA en étant bien informés,
en étant conscients des facteurs de risque et en agissant
comme il convient pour maîtriser ces facteurs. Selon la
Banque mondiale, le principal problème résiderait
dans le manque de coordination des efforts visant à freiner
et, à terme, à faire reculer la maladie. Individus,
gouvernements, société civile, secteur privé,
organisations internationales et non gouvernementales doivent
s'engager pleinement dans l'intensification de la lutte, de
manière à ce que des initiatives se complétant
mutuellement soient mises en oeuvre aux plans national et régional.
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Les programmes
éducatifs sont cruciaux pour juguler la propagation
du VIH/SIDA. |
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Une lente
agonie
"Gezia a 23 ans. Elle vit seule dans une misérable
hutte en terre, gravement malade à cause du SIDA.
La maladie a décimé sa famille - son mari
est mort en 1997 et leur deuxième fille est née
séropositive. Les enfants ont été
recueillis par une tante et Gezia, démunie de tout,
lutte seule contre les affections qui ravagent sans répit
son organisme, notamment la diarrhée et la pneumonie.
Son corps est décharné et sa peau couverte
de piqûres de moustiques qui ne parviennent plus
à cicatriser.
"La jeune femme fait de brefs séjours en
clinique, mais, au Kenya, plus de 50 pour 100 des lits
d'hôpitaux sont occupés par des patients
souffrant de maladies associées au sida et les
traitements de longue durée sont exclus. Ainsi,
comme des millions d'autres malades du sida sur le continent
africain, Gezia a été renvoyée prématurément
à la maison, où se poursuit sa lente agonie.
Elle reçoit bien un peu d'aide grâce à
un programme de soins à domicile de la Croix-Rouge,
mais elle ne s'alimente pas tous les jours et ses forces
continuent de décliner inéluctablement."
Rapport sur les catastrophes dans le monde
2000 |
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Renforcer les capacités locales La
Fédération internationale des Sociétés
de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est engagée dans
la lutte contre le VIH/SIDA depuis le milieu des années
1980. Avec ses 100 millions de volontaires, elle est en mesure
de jouer un rôle essentiel dans la coordination et le
soutien des efforts locaux visant à combattre la pandémie.
Toutefois, si ces efforts, associés à diverses
initiatives nationales et internationales, ont aidé de
nombreux individus, ils n'ont pas eu jusqu'à présent
la cohérence et l'intensité requises pour réduire
de manière significative la progression de la maladie
à travers le monde.
Les choses commencent à changer, grâce, par exemple,
à l'Initiative de santé des Sociétés
africaines de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (ARCHI 2010)
lancée en 1998 en vue d'harmoniser les programmes de
santé publique du Mouvement en Afrique. Ensemble, 53
Sociétés nationales du continent, des gouvernements,
des universitaires et des représentants de plusieurs
agences des Nations Unies ont participé à un processus
de consultation destiné à identifier les priorités
en santé publique et les domaines dans lesquels la Croix-Rouge
et le Croissant-Rouge pourrait apporter la contribution la plus
utile. Le VIH/SIDA a été reconnu comme étant
le problème le plus urgent. De même, des Sociétés
nationales d'Asie du Sud-Est ont récemment entrepris
de collaborer dans le cadre d'une cellule de crise régionale
à la formulation d'une stratégie commune de lutte
contre le sida, et des Sociétés nationales de
l'ex-Union Soviétique déploient des efforts similaires
dans le cadre du Réseau régional européen
de lutte contre le sida.
Ces différentes stratégies s'appuient sur le réseau
des volontaires de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, sur
son expérience approfondie des programmes de premiers
secours communautaires et sur sa capacité maintes fois
confirmée à atténuer les souffrances des
victimes de crises et à limiter les effets des catastrophes.
Tous les programmes de lutte contre le VIH/SIDA de la Fédération
mettront l'accent sur les éléments suivants:
a) développer les compétences
internes - L'une des étapes essentielles dans le
processus visant à devenir un acteur de premier plan
dans la lutte mondiale contre le VIH/SIDA consiste à
veiller à ce que les Sociétés de la Croix-Rouge
et du Croissant-Rouge s'attaquent aux effets de la pandémie
parmi leurs propres membres, volontaires et employés.
En d'autres termes, tous les membres et volontaires du Mouvement
doivent être bien informés au sujet de la maladie
et s'engager à tout mettre en oeuvre pour en empêcher
la propagation. En outre, des politiques et procédures
appropriées doivent être mises en place afin
d'institutionnaliser la lutte contre le VIH/SIDA;
b) réduire la vulnérabilité au VIH/SIDA
- Une action fondée sur la communauté, associant
toutes les parties intéressées au plan local,
constituera un élément clé dans tous
les domaines d'intervention.
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Domaines d'action: exploiter les atouts
du Mouvement Les Sociétés
nationales, en coopération avec la Fédération,
intensifieront leurs initiatives liées au VIH/SIDA au
cours des cinq prochaines années. L'action envisagée
réclame un renforcement spectaculaire de l'aide extérieure
et un engagement énergique en faveur des programmes Croix-Rouge
et Croissant-Rouge de lutte contre la pandémie.
Les divers domaines dans lesquels l'action devra être
renforcée sont les suivants:
Plaidoyer - La Déclaration de la Conférence
panafricaine de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge tenue en
septembre 2000 proclame l'engagement des Sociétés
nationales à plaider en faveur des initiatives visant
à combattre le VIH/SIDA. Les Sociétés nationales
veilleront au suivi de la Déclaration et entreprendront
des efforts pour convaincre les autorités et les dirigeants
politiques de déclarer la pandémie du VIH/SIDA
priorité nationale de santé publique. Elles s'emploieront
également à sensibiliser le public aux risques
associés à certains comportements sexuels, à
la discrimination et à l'ostracisme vis-à-vis
des personnes qui vivent avec le VIH/SIDA, aux différences
entre les sexes en matière de vulnérabilité
au VIH/SIDA et à la possibilité de recourir spontanément
à des conseils et à des tests de dépistage.
En outre, tout en continuant à assurer des soins de base
à un maximum de personnes vivant avec le VIH/SIDA dans
le cadre des programmes de soins à domicile de la Croix-Rouge
et du Croissant-Rouge, la Fédération plaidera
à tous les échelons appropriés afin de
promouvoir l'accès à tous les médicaments
nécessaires, y compris les antirétroviraux.
Approfondir et appliquer les connaissances - Des efforts
seront déployés en vue de garantir que tous les
membres, volontaires et employés sont bien informés
sur la prévention du VIH/SIDA et qu'ils appliquent ces
connaissances dans leur propre existence.
Les Sociétés nationales s'emploieront également
à renforcer les initiatives d'éducation des jeunes
par les jeunes en milieu scolaire et à l'extérieur,
en utilisant des adaptations locales du manuel de la Fédération
"Agir avec les jeunes". L'objectif consiste à influer
de façon notable sur les attitudes et comportements des
jeunes en leur fournissant les informations nécessaires
pour adopter des modes de vie sains. |
| "A
l'évidence, l'éducation et la réduction
des risques resteront des éléments clés
de la lutte contre le sida aussi longtemps qu'on ne
disposera pas d'un vaccin efficace." |
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Distribution de préservatifs
et initiation à leur utilisation - Cette activité,
actuellement menée à petite échelle par
certaines Sociétés nationales, sera renforcée.
L'objectif consistera à augmenter la disponibilité
de ces moyens de protection et à en faciliter l'accès,
en particulier dans les régions rurales où les
volontaires communautaires ont un rôle crucial à
jouer dans ce domaine.
Soins et assistance à domicile pour les personnes
vivant avec le VIH/SIDA - L'accent sera mis sur la formation
des membres de la famille aux soins de base, aux premiers secours
et aux méthodes de soutien des malades à domicile.
Cette approche a déjà été mise en
oeuvre dans le cadre de projets à petite échelle.
Les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
s'emploieront à en étendre l'application dans
tous les pays où elle fonctionne.
Renforcement des mécanismes locaux de soutien aux
orphelins du SIDA - En collaboration avec d'autres partenaires,
la Fédération et les Sociétés nationales
aideront les communautés à renforcer leurs mécanismes
traditionnels de soutien aux enfants orphelins du sida.
Promotion du don volontaire, non rémunéré
de sang - Les programmes nationaux et activités existants
seront renforcés, en particulier la campagne conjointe
de la Fédération et de l'OMS "La sécurité
du sang commence par moi..." destinée à promouvoir
au niveau régional et mondial la prise de conscience
de l'importance de la sécurité du sang.
Prévention du VIH/SIDA dans les crises complexes
- La santé en matière de reproduction dans les
situations d'urgence complexes est une préoccupation
prioritaire pour les Sociétés de la Croix-Rouge
et du Croissant-Rouge. L'éclatement des structures sociales,
familiales et sexuelles traditionnelles, les relations sexuelles
avec des militaires, les viols et autres violences sexuelles,
ainsi que les traumatismes psychologiques qui en résultent,
sont autant de facteurs aggravants de la vulnérabilité
des réfugiés et des personnes déplacées
avec lesquels la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge sont en contact
quotidien. Pour tenter de résoudre ces problèmes,
la Fédération et le FNUAP ont signé un
accord de partenariat.
Réduction de la transmission du VIH de mère
à enfant et amélioration de l'accès à
la thérapie - La Croix-Rouge française s'emploie
à promouvoir des solutions abordables à ce problème
dans le cadre de centres de soins ambulatoires dans des pays
d'Afrique. Les usagers peuvent y bénéficier de
conseils, de tests de dépistage et de soins destinés
à freiner la transmission intra-utérine du VIH.
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Moyens d'action Les
efforts des volontaires Croix-Rouge et Croissant-Rouge se sont
avérés très efficaces tant dans les situations
d'urgence que dans le cadre des programmes courants de premiers
secours fondés sur la communauté. Toutefois, pour
garantir la pérennité de ces efforts dans le domaine
de la lutte contre le VIH/SIDA, des capacités de soutien
supplémentaires sont indispensables. Un élément
central de la stratégie de la Fédération
à cet égard consiste à développer
ces capacités à des niveaux intermédiaires
entre les sièges et les sections locales des Sociétés
nationales, en s'appuyant sur un réseau de "superviseurs"
responsables de la formation et de l'encadrement des agents
communautaires et des volontaires.
La Fédération encouragera la prise en compte des
leçons tirées de l'expérience et la mise
en application des meilleures pratiques en matière d'initiatives
communautaires, afin d'améliorer constamment l'efficacité
des programmes.
Partenaires
Nombre des programmes actuels de prévention
du VIH/SIDA s'appuient en grande partie sur les ressources locales
des Sociétés nationales. Celles-ci ont parfois
bénéficié dans ce domaine d'une aide bilatérale,
mais cela reste bien insuffisant face à l'ampleur de
la crise. L'intensification des efforts prévue par la
Fédération exigera un soutien accru et de nouveaux
partenariats, en particulier au niveau communautaire.
Afin d'optimiser l'impact des interventions de la Croix-Rouge
et du Croissant-Rouge, la Fédération continuera
de collaborer avec des partenaires dont les compétences
complémentaires garantissent la synergie indispensable
au succès des efforts. Actuellement, la Fédération
est membre du "Partenariat international contre le sida en Afrique",
lequel regroupe des gouvernements africains et de pays donateurs
ainsi que des agences des Nations unies et des organisations
de la société civile. |
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