Localisation

Les acteurs humanitaires locaux sont les premiers à intervenir en cas de catastrophe et ont souvent accès à des zones auxquelles les acteurs internationaux n'ont pas accès. Leur présence au sein des communautés avant, pendant et après les crises signifie qu'ils sont généralement les mieux placés pour relier les efforts de réponse immédiate au renforcement de la résilience, à la préparation et au rétablissement à plus long terme.

Qu'entend-on par localisation ?

Une femme parle au secrétaire divisionnaire de la Croix-Rouge nigériane de Song, au Nigeria, de sa famille qui a fui le conflit et du nouveau moyen de subsistance qu'elle a mis en place grâce à l'assistance en espèces.

Une femme parle au secrétaire divisionnaire de la Croix-Rouge nigériane de Song, au Nigeria, de sa famille qui a fui le conflit et du nouveau moyen de subsistance qu'elle a mis en place grâce à l'assistance en espèces.

Photo: FICR/Corrie Butler

La localisation signifie l'augmentation des investissements internationaux et le respect du rôle des acteurs locaux, dans le but de réduire les coûts et d'augmenter la portée de l'action humanitaire.

C'est aussi une façon de repenser le secteur humanitaire à partir de la base - en reconnaissant que l'écrasante majorité de l'aide humanitaire est déjà fournie par les acteurs locaux.

Un écosystème humanitaire international efficace investirait dans les capacités locales et internationales en fonction de leurs avantages comparatifs.

Nos appels à l'action: investir dans les humanitaires locaux

Souvent, lorsque les gens entendent le mot "humanitaire", ils imaginent un étranger globe-trotter se précipitant dans un pays en crise et sauvant la situation. Mais cette image est loin de correspondre à la réalité sur le terrain.

Ce sont les humanitaires locaux - tels que les volontaires de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge - qui accomplissent la majeure partie du travail d'assistance humanitaire, souvent de manière invisible. Pourtant, l'écrasante majorité des investissements internationaux, de l'attention et de l'autorité va toujours aux organisations internationales.

En 2016, un certain nombre de grands donateurs et d'organisations humanitaires ont pris des engagements importants sur la localisation dans le cadre du Grand Bargain. Il s'agissait notamment d'un objectif global d'au moins 25 % du financement humanitaire aux intervenants locaux et nationaux, aussi directement que possible, d'ici 2020.

Il est essentiel que nous veillions à ce que ces bonnes intentions se concrétisent. Pour ce faire, il faudra :

  • Investir de manière durable, avant les catastrophes, dans un noyau organisationnel fondamental solide des organisations locales (par exemple, mécanismes de financement et de contrôle, leadership, identité et objectif institutionnels) plutôt que de se concentrer étroitement sur les "capacités de réponse";
  • Veiller à ce que les mécanismes de coordination humanitaire internationale soient accueillants, adaptés au contexte et pertinents pour les acteurs humanitaires locaux;
  • Passer d'une approche de sous-traitance à une approche de partenariat entre les acteurs humanitaires internationaux et leurs homologues de la société civile locale, afin d'éviter le risque de simplement cocher les cases des "quotas des donateurs". Lorsque les intermédiaires (tels que les agences de l'ONU, la FICR et les ONG internationales) sont utilisés par les donateurs, ils devraient également agir comme des donateurs et des incubateurs, plutôt que comme des gestionnaires de projets.

 

Que doivent faire les acteurs locaux ?

Des volontaires du Croissant-Rouge syrienne distribuent du matériel de secours aux communautés en 2013.

Des volontaires du Croissant-Rouge syrienne distribuent du matériel de secours aux communautés en 2013.

Photo: FICR/Ibrahim Malla

Il est tout aussi important que les acteurs locaux prennent la responsabilité de renforcer leur propre capacité et leur préparation à diriger.

Il s'agit notamment pour les gouvernements d'élaborer des lois, des procédures et des mécanismes institutionnels appropriés en matière de droit international d'intervention en cas de catastrophe (DIIC).

Tous les acteurs locaux (gouvernementaux et non gouvernementaux) désireux d'accéder à ces fonds internationaux doivent également s'assurer qu'ils disposent de mécanismes suffisamment solides pour les utiliser de manière responsable et transparente.

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