Inondations au Ghana: inquiétudes concernant la situation sanitaire et la sécurité alimentaire des populations affectées

Publié: 18 septembre 2007

La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge s’inquiète particulièrement de la situation sanitaire et de la sécurité alimentaire des populations du nord-est du Ghana, à la suite des pluies incessantes et diluviennes qui se sont abattues sur la région depuis la mi-juillet. On déplore au moins 30 morts, des personnes tuées quand leurs maisons en pisé se sont effondrées sur elles, ou qu’elles se sont noyées ou encore qu’elles ont succombé à des diarrhées aiguës.

La Fédération internationale a lancé un appel d’urgence préliminaire de 1,46 million de francs suisses (euro 890,000/US$ 1.2 million) afin de soutenir les opérations d’urgence de la Croix-Rouge du Ghana en faveur des sinistrés. Toutefois, cette catastrophe touche la région toute entière. Des inondations importantes, persistantes et dévastatrices se sont maintenant étendues à 17 pays, dont la plupart sont en Afrique de l’ouest. Le Burkina Faso et le Togo ont été particulièrement affectés par les pluies les plus récentes. En conséquence, la Fédération transformera cet appel en appel régional.

« Nous nous inquiétons en particulier du nombre croissant de cas de choléra et de diarrhées aiguës, ainsi que d’une invasion de mouches noires qui véhiculent l’onchocercose (la cécité des rivières). De plus, les inondations ont contaminé les puits et détruit les latrines », explique Niels Scott, coordinateur des opérations de la Fédération pour l’Afrique, basé au Secrétariat à Genève. « Ces conditions réunies présentent un risque sérieux pour la santé des populations dans les zones inondées, surtout à cause du risque d’épidémies de maladies véhiculées par l’eau et de paludisme. Le risque est exacerbé par la difficulté pour les habitants d’atteindre les structures sanitaires en raison de la destruction des routes et des ponts. »

Selon les premières évaluations conduites par les autorités et les équipes régionales de la Croix-Rouge, plus de 350 000 personnes dans 800 communautés ont été affectées par les inondations, plus de 100 000 ont été déplacées, près de 110 000 hectares de terres arables et de cultures ont été emportées, ainsi que le bétail, et les stocks de céréales et de vivres ont été détruits.

« La prochaine récolte n’est pas prévue avant mai 2008, et il est donc urgent d’apporter une assistance à long terme à ces populations, sous la forme de semences et d’outils agraires, afin d’éviter le risque de famine ou de malnutrition chronique », ajoute Niels Scott.

Depuis des semaines des centaines de volontaires et de membres du personnel de la Croix-Rouge du Ghana ont été mobilisés dans toutes les communautés affectées. Ils prodiguent les premiers secours, aident à l’évacuation des populations hors des zones inondées et aident les gens à sauver ce qu’ils peuvent de leurs biens. Ils distribuent également des articles de première nécessité, fournis par les autorités et diffusent des messages d’information sanitaire et des conseils d’hygiène aux rescapés afin de prévenir la propagation de maladies causées par l’ingestion d’eau polluée.

Les fonds de l’appel serviront à financer une opération de secours pour 60 000 personnes sur les six prochains mois. Les familles les plus vulnérables recevront des bâches, des ustensiles de cuisine, des jerricans, des couvertures, du savon, des bougies et des produits pour purifier l’eau. Des activités d’information sanitaire sont également prévues.

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