La FICR lance un appel d’urgence afin d’assister plus d’un million de personnes confrontées à la sécheresse et à la famine au Kenya

Publié: 26 juillet 2011

Plus de 3,2 millions de Kenyans sont désormais considérés comme étant en situation d’insécurité alimentaire et ont désespérément besoin d’une assistance, alors que la sécheresse continue de ravager de nombreuses régions du pays.

Au vu de ce chiffre alarmant, qui a augmenté de 800 000 depuis mars dernier, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) lance aujourd’hui un appel d’urgence de 14,7 millions de francs suisses (USD 17,9 millions / EUR 12,4 millions) afin de porter secours à des hommes, des femmes et des enfants qui endurent de terribles épreuves en raison de la pire sécheresse enregistrée dans la région en 60 ans.

“Aujourd’hui même, nous avons vu des gens s’effondrer littéralement sous l’effet de la faim et de l’épuisement, la plupart n’ayant rien mangé depuis plusieurs jours”, rapporte Alexander Matheou, délégué de la FICR dans le Turkana, un district situé au nord-ouest du pays qui compte parmi les secteurs les plus durement touchés et où les taux de malnutrition sont deux fois supérieurs aux niveaux d’urgence.

2011 a été classée année la plus sèche dans la Corne de l’Afrique et la santé, les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire de millions de Kenyans sont gravement menacés. Selon le Famine Early Warning System Network (FEWSNET – Réseau de systèmes d’alerte précoce sur la famine), quelque 700 000 habitants du nord du pays (districts de Turkana, Pokot, Marsabit, Mandera, Wajir et Garissa) doivent être considérés comme étant en situation d’insécurité alimentaire.

L’évaluation de mi-saison conduite en mai 2011 par le Kenya Food Security Steering Group (KFSG – Groupe de pilotage du Kenya pour la sécurité alimentaire) indiquait que le nombre de personnes nécessitant une aide d’urgence à cause de la sécheresse s’élevait à 3,2 millions, contre 2,4 millions en mars.

Le fait est que la situation humanitaire dans les zones sinistrées du Kenya, où les familles manquent cruellement de nourriture, d’eau et de services de santé, est absolument dramatique. Les sources d’approvisionnement en eau habituelles se tarissant les unes après les autres, les gens en sont réduits à consommer de l’eau non traitée ni protégée, d’où un risque très sérieux de contracter des maladies comme le choléra et la typhoïde.

La sécheresse persistante a également ravagé les pâtures dont dépend la survie des troupeaux et poussé de nombreuses familles à migrer pour tenter de trouver de l’eau et de la nourriture. L’augmentation du prix du carburant a en outre fait grimper celui des denrées de base, aggravant encore le problème de l’insécurité alimentaire dans le pays.

Dans ce contexte, on enregistre des tensions alarmantes parmi les communautés qui se disputent les maigres ressources encore disponibles. On a déjà signalé de violents heurts qui ont fait des blessés et des morts et entraîné des déplacements de population dans les districts de Turkana, Samburu, Pokot et Isiolo.

La Croix-Rouge du Kenya fait tout ce qui est en son pouvoir pour assister les habitants affectés par la sécheresse à travers des initiatives telles que programmes de nutrition dans les écoles, remise en état de puits, transport d’eau par camion et distributions générales de nourriture. Elle soutient par ailleurs activement divers projets destinés à améliorer la sécurité alimentaire à long terme, comme la création de cultures en serre dans les écoles et au sein des communautés.

Le service météorologique du Kenya craignant que la sécheresse ne persiste dans de nombreuses parties du pays jusqu’au début de 2012, la Croix-Rouge a également mis sur pied des programmes de réduction des risques dans des zones arides et semi-arides des districts de Tana River, Isiolo, Marsabit, Moyale, Samburu, Wajir et Garissa. Ces projets visent à accroître la résilience à la sécheresse des communautés vulnérables à travers le développement des systèmes d’alerte précoce et le renforcement des capacités d’identification des risques et de prévention.

Toutefois, les besoins actuels et prévisibles dans les régions affectées excèdent de loin le niveau présent de la mobilisation humanitaire. Avec de très faibles espérances d’amélioration notable avant début 2012, la situation apparaît critique dans de nombreuses régions du Kenya et réclame des interventions massives et de longue haleine.

“La tragédie qui frappe de nombreuses régions du Kenya n’est pas une nouveauté, mais un problème chronique”, note Matheou. “Ce à quoi nous sommes confrontés en 2011 n’est guère pire que ce qu’on a connu en 2010 et en 2009 déjà. Le caractère fugace des interventions fait partie du problème. La solution à cette crise réside dans un engagement à long terme pour développer la résilience et les capacités des communautés les plus vulnérables du pays.”


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