La Fédération internationale lance un appel d’urgence en faveur des victimes d’inondations au Mozambique

Publié: 16 février 2007

La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge lance un appel d’urgence de 7,5 millions de francs suisses (USD 5,6 millions, euro 4,3 millions) afin de soutenir l’action de la Croix-Rouge du Mozambique en faveur des victimes des inondations catastrophiques du mois dernier.

Des pluies torrentielles ont fait sortir de leur lit de nombreux cours d’eau, y compris le Zambèze, et saturé les réservoirs de retenue des barrages, entraînant des inondations de grande ampleur dans le centre et le sud du pays. On dénombre au moins 29 morts, plus de 46 000 maisons détruites et au moins 88 600 personnes déplacées. Selon l’organisme gouvernemental en charge de la réponse aux catastrophes, jusqu’à 285 000 personnes pourraient être affectées dans le pire des cas. Les provinces les plus durement touchées sont celles de Zambezia, Sofala, Manica et Tete, où les inondations ont ravagé des milliers d’habitations, mais aussi plus de 100 écoles, quatre centres de santé, plusieurs routes et ponts ainsi que 15 000 hectares de terres cultivées. L’armée a évacué des dizaines de milliers d’habitants de la vallée du Zambèze au moyen d’hélicoptères et de canoës.

“A travers toutes les zones sinistrées, on s’attend à une augmentation dramatique du nombre de cas de choléra et de paludisme”, explique John Roche, chargé de programme de la Fédération internationale pour l’Afrique australe. “La communauté internationale doit réagir rapidement afin d’empêcher la répétition des tragiques inondations de 2000 et 2001 qui avaient fait quelque 700 morts.”

La Fédération internationale mobilise sa délégation régionale pour l’Afrique australe et a déployé une équipe d’évaluation et de coordination sur le terrain ainsi qu’une unité d’intervention d’urgence spécialisée dans la logistique mise à disposition par les Sociétés de la Croix-Rouge danoise et suisse afin de faciliter la réception et la distribution des secours. “L’opération vise à fournir des abris temporaires à quelque 100 000 personnes dans les quatre provinces sinistrées et à distribuer 5 000 tentes, 15 000 bâches goudronnées, 40 000 couvertures, 20 000 assortiments d’ustensiles de cuisine, du savon et 40 000 moustiquaires”, explique Hanna Schmuck, qui dirige l’équipe d’évaluation et de coordination de la Fédération internationale à Maputo.

« Les fonds recueillis serviront également à financer l’approvisionnement en eau potable des communautés affectées et la construction de 500 latrines », ajoute t-elle. En outre, les volontaires de la Croix-Rouge du Mozambique vont conduire des campagnes d’éducation à la santé et de mobilisation sociale afin de prévenir la propagation du choléra et d’autres maladies véhiculées par l’eau.

Dès que les eaux ont commencé à monter, la Croix-Rouge du Mozambique a mobilisé 400 volontaires pour assurer des services de premiers secours et des distributions d’urgence, expliquer aux populations des régions touchées les procédures d’évacuation et faciliter la réinstallation des sinistrés en lieu sûr. Elle a également lancé une campagne de solidarité nationale en vue de recueillir un soutien à son action. Opérant en étroite liaison avec l’Institut national de gestion des catastrophes qui coordonne la réponse aux inondations, la Croix-Rouge du Mozambique joue un rôle de premier plan pour ce qui concerne les hébergements temporaires et la fourniture d’articles d’urgence. Elle possède une solide expérience de ce genre de catastrophes et collabore avec les différents partenaires, y compris les agences des Nations unies.

Le 19 janvier, la Fédération internationale avait débloqué 37 000 francs suisses (USD 29 800 / EUR 22 700) de son Fonds d’urgence pour les secours en cas de catastrophe, puis, le 11 février, 150 000 francs supplémentaires (USD 121 000 / EUR 92 000) en soutien à l’action de la Croix-Rouge du Mozambique. Elle a également débloqué des aides d’urgence pour les autres pays de la région affectés par des inondations – Angola, Malawi, Namibie, Swaziland et Zambie – et suit de près l’évolution de la situation.

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