Situation sanitaire préoccupante au Mozambique, où le nombre de personnes affectées par le cyclone Favio continue d’augmenter

Publié: 1 mars 2007

La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a dépêché au Mozambique une unité d’intervention d’urgence spécialisée dans les soins de santé de base ainsi que des équipements médicaux afin de soutenir l’opération d’assistance de la Croix-Rouge du Mozambique en faveur des victimes du cyclone Favio, qui a ravagé, à la fin du mois dernier, les districts de Vilanculos, Inhassoro, Govuro et Masinga, au sud du pays. Les autorités estiment que près de 133 700 personnes ont été affectées par l’ouragan, dont 73 000 dans le seul district de Vilanculos.

On déplore deux morts au moins à Inhassoro et un à Govuro. Des milliers d’hectares de cultures ont été anéantis et l’infrastructure a subi de lourds dommages.

L’équipe de la Fédération internationale établira ses quartiers à Vilanculos, dont l’hôpital a été sérieusement endommagé par le cyclone. L’entrepôt et tout son stock de fournitures médicales, ainsi que le service de transfusion, ont été entièrement détruits. Les patients ont été réinstallés dans des tentes et le personnel a aménagé une salle d’opération de fortune.

“L’installation d’une salle d’opération convenable et d’un service de soins ambulatoires figurent au nombre des priorités. Cela nous permettra de soulager les employés de l’hôpital qui sont au bord de l’épuisement et dont beaucoup ont perdu leur maison dans la catastrophe. Notre équipe aidera à soigner les blessés, les femmes enceintes et les malades dont le nombre ne cesse d’augmenter. On observe notamment une multiplication des cas de diarrhée aiguë”, explique John Roche, chargé de programmes pour l’Afrique australe au secrétariat de la Fédération internationale à Genève. “En fonction de l’évolution croissante des besoins, nous pourrons d’ailleurs renforcer nos capacités”, ajoute-t-il.

Dans les régions touchées par le cyclone, l’approvisionnement en eau potable est crucial afin d’éviter la propagation de la diarrhée, du choléra et autres maladies véhiculées par l’eau. Dans cette même optique, l’aménagement de latrines revêt également une importance essentielle, de même que l’aide alimentaire et l’hébergement des sans-abri. La Fédération internationale a déjà déployé plusieurs unités d’intervention d’urgence spécialisées dans la logistique, les secours et les télécommunications.

Des centaines d’employés et de volontaires de la Croix-Rouge du Mozambique ont été mobilisés, la Société nationale conduisant de front deux opérations d’urgence, l’une au bénéfice des victimes du cyclone Favio, l’autre pour les populations éprouvées par des inondations dramatiques dans les provinces de Sofala, Tete, Manica et Zambezia où, depuis le mois de janvier, des pluies diluviennes ont fait sortir de leur lit de nombreux cours d’eau, y compris le fleuve Zambèze. Selon l’Institut national de gestion des catastrophes, quelque 285 000 personnes seraient actuellement affectées par ces inondations, dont environ 139 000 ont trouvé refuge dans 36 centres d’hébergement et autres camps d’accueil.

La Croix-Rouge du Mozambique travaille sans relâche, distribuant des vivres et autres secours et conduisant des évaluations des besoins en coordination avec les autorités et avec d’autres agences humanitaires comme l’UNICEF et le PAM. Environ 400 de ses volontaires administrent en outre des postes de secours dans 31 centres pour personnes déplacées. L’équipe d’évaluation et de coordination sur le terrain de la Fédération continue d’assurer un appui à la Croix-Rouge du Mozambique dans toutes les régions sinistrées.

Le 16 février, la Fédération avait lancé un appel d’urgence de 7,5 millions de francs suisses (euro 4,3 millions/USD 5,6 millions) en soutien à l’opération d’assistance de la Croix-Rouge du Mozambique au bénéfice des victimes des inondations. Cet appel est en cours de révision afin d’y intégrer les besoins des communautés affectées par le cyclone.

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