La Croix-Rouge combat la faim au Niger sur plusieurs fronts

Publié: 28 novembre 2005

La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge vient de conduire avec succès une distribution d’aides pécuniaires au sein d’une des communautés les plus vulnérables du Niger.

“Nous avons donné de l’argent aux femmes de 5700 ménages afin de leur permettre d’acheter des produits de première nécessité tels que denrées alimentaires, ustensiles ménagers, outils agricoles ou bétail, selon ce qu’elles jugeront le mieux approprié pour consolider les capacités de résistance et l’autosuffisance de leurs foyers respectifs. Ce projet s’inscrit dans le cadre d’une stratégie globale de lutte contre le problème chronique de la faim au Niger”, explique Richard Hunlede, directeur du département Afrique au secrétariat de la Fédération internationale à Genève.

Sécheresse et criquets ont décimé les récoltes de 2004 au Niger, laissant plus de deux millions d’habitants au seuil de la famine dans ce pays considéré comme le plus pauvre de la planète selon les critères des Nations unies. Aujourd’hui encore, la disette continue de sévir cruellement.

“La faim n’est pas qu’une affaire de récoltes – ses racines sont beaucoup plus profondes. Elle n’est que l’aboutissement d’un cercle vicieux de misère qui plonge ses victimes dans un terrible dénuement et les prive pratiquement d’instruction, d’eau potable, de vaccins et de soins médicaux. La Fédération internationale s’emploie à combattre ce fléau de diverses manières”, ajoute Richard Hunlede.

Parallèlement à l’aide alimentaire, l’organisation procure de l’eau potable à des écoles, elle assure des soins médicaux à des patients souffrant de paludisme, de diarrhée et autres maladies, et, le mois prochain, elle distribuera plus de 2 millions de moustiquaires qui permettront de protéger contre le paludisme la totalité des enfants nigériens de moins de cinq ans.

La semaine dernière, ses volontaires ont distribué des aides pécuniaires de 120 000 francs CFA (environ 240 dollars des Etats-Unis ou 183 euros) à 5700 foyers de 90 communautés particulièrement démunies de la province de Tanout, au centre du pays. Le montant des allocations a été basé sur le minimum nécessaire à une famille de sept membres pour survivre pendant 40 jours, plus un appoint destiné à rembourser les dettes ou à remettre à flot les finances domestiques. Au total, quelque 34 000 personnes devraient profiter de cette assistance.

“De nombreuses familles ont vendu leurs outils, leurs ustensiles ménagers et même leurs vêtements pour acheter de la nourriture. Aujourd’hui, elles n’ont pratiquement plus rien et sont entièrement à la merci d’une prochaine crise. A travers ces modestes aides, nous voulons leur donner des possibilités de choix et, peut-être, un peu d’espoir pour l’avenir”, déclare Richard Hunlede.

Cependant que la récolte en cours commence à soulager les souffrances de certaines communautés, la Fédération internationale continue de distribuer des rations alimentaires vitales dans les régions les plus durement éprouvées. Au 5 novembre, plus de 47 000 enfants de moins de cinq ans avaient bénéficié de cette assistance dans les 53 centres de nutrition de l’organisation, soit près du double de la population initialement visée. Cela témoigne de la gravité de la crise alimentaire qui sévit au Niger.

Dans la région de Maradi, au sud, où la disette a été particulièrement cruelle, le nombre des nouveaux inscrits au programme d’alimentation d’appoint a enfin diminué pour la première fois depuis le début de l’opération, un signal qui permet d’espérer que la phase aiguë de la crise est désormais dépassée. Néanmoins, près de 10 000 enfants continuent de fréquenter les neuf centres de nutrition administré dans cette province par la Fédération internationale.

Comme beaucoup d’autres organisations, celle-ci souhaiterait faire davantage au Niger. A ce jour, toutefois, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge n’a recueilli que 60 pour 100 des fonds qu’elle estime nécessaires pour son action, soit 18 240 000 francs suisses (US$ 14 millions ou euro 11,6 millions).

Note : Des images vidéo semi-brutes des programmes de distributions d’aides pécuniaires et alimentaires seront diffusées sur le réseau de l’UER mardi 29 ou mercredi 30 novembre entre 12 et 14 heures. Une liste des plans et une proposition de script seront expédiées par courrier électronique.

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