Les organismes d’assistance lancent un appel en faveur des victimes du cyclone Sidr, cruellement démunis à la veille de la mousson

Publié: 14 avril 2008

Cinq mois après le passage du cyclone Sidr qui a fait 4000 morts et détruit près de 1,5 million d’habitations, des millions d’habitants du Bangladesh ont un besoin critique d’assistance en matière de logement.

À quelques semaines seulement du début des pluies de mousson, des centaines de milliers de familles vivent toujours sous des bâches en plastique, des bâches goudronnées et autres abris de fortune, cruellement exposées aux intempéries.

Les organismes d’assistance, membres du groupe de coordination national en charge de l’hébergement des sinistrés, soulignent que l’ampleur des dommages excède leur capacité à répondre de manière adéquate à tous les besoins. Le cyclone et les lames de fond qui ont balayé les côtes dans son sillage ont en effet endommagé ou détruit près de quatre fois plus d’habitations que le tremblement de terre du Pakistan en 2005.

“Les efforts combinés de tous les organismes d’assistance, ajoutés aux contributions bilatérales des gouvernements, permettront de procurer des logements à environ 60 000 familles affectées. Mais cela ne représente qu’une fraction des gens à assister”, déclare Graham Saunders, responsable des programmes d’hébergement à la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, s’exprimant au nom du groupe de coordination pour les abris d’urgence (Emergency Shelter Cluster) et des agences engagées dans les efforts de reconstruction au Bangladesh.

“Plus de 260 000 familles extrêmement vulnérables ne disposent actuellement d’aucun soutien pour rebâtir leurs maisons. Les évaluations indiquent pourtant qu’elles sont dans la quasi impossibilité de s’en sortir par leurs propres moyens, et les programmes en cours sont insuffisants pour leur venir en aide”, ajoute-t-il.

Les organismes d’assistance appellent instamment le gouvernement du Bangladesh et la communauté internationale à mettre en oeuvre un plan global de relogement au bénéfice des familles sinistrées. Ã l’approche de la saison des pluies, elles recommandent en outre le lancement d’une campagne de sensibilisation à grande échelle sur les techniques de construction à l’épreuve des intempéries et autres risques.

“Si une multitude de familles sont totalement dépendantes de l’aide extérieure, certaines s’en tirent un peu mieux. Sur les 1,5 million de foyers affectés, nous estimons que plus d’un million ont entrepris de reconstruire leurs maisons, mais tous ne rebâtissent pas nécessairement mieux qu’avant”, note Heather Blackwell de l’agence Oxfam, membre du groupe de coordination.

“Certaines des méthodes de construction mises en oeuvre sont même dangereuses et susceptibles de favoriser les accidents quand les vents se lèveront et les pluies commenceront. Nous devons absolument veiller à ce que les gens soient familiarisés avec des techniques simples et pratiques pour rendre leurs habitations plus résistantes aux tempêtes, aux inondations et aux cyclones”, poursuit-elle.

“La saison de la mousson est imminente et de multiples activités doivent être engagées sans délai par le gouvernement et la communauté internationale”, ajoute Nick Southern, directeur national de l’agence Care. “Et cela ne se limite pas aux abris. Les familles privées de toit sont aussi exposées à de sérieux risques en matière d’hygiène et de santé. La situation est extrêmement alarmante.”

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