Inondations au Pakistan, trois mois après : 1 million de sinistrés toujours coupés de leurs foyers

Publié: 1 novembre 2010

Trois mois après les inondations dévastatrices qui ont frappé le Pakistan, les eaux résiduelles empêchent toujours plus de 1 million d’habitants de la province méridionale du Sindh de rentrer dans leurs foyers. Dans les régions de basse altitude comme le district de Dadu, une multitude de sinistrés demeurent coupés du monde extérieur et ont un pressant besoin d’assistance.

“Au Pakistan, 13 % de la population souffre de malnutrition. Plus longtemps les gens restent confrontés à ce genre de situation, plus leur vulnérabilité s’accroît. Nous nous attendons à ce que ce pourcentage augmente parmi les communautés affectées par les inondations”, note Nelson Castano, coordinateur de l’opération d’assistance de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR). “Même s’ils peuvent retourner chez eux, les sinistrés auront besoin d’une aide humanitaire tout au long des deux prochaines années. Cela vaut non seulement pour le Sindh, mais pour tout le pays”, ajoute-t-il.

Dans le Sindh, 1 million de personnes vivent toujours dans des camps de tentes où les conditions sont très précaires en matière de logement, de nourriture et d’eau potable. Avec le soutien de la FICR, le Croissant-Rouge du Pakistan a déjà fourni des secours d’urgence à quelque 560 000 sinistrés, mais il y a encore énormément à faire.

“J’ai vu des bébés couchés sur des journaux, sans la moindre protection contre la chaleur accablante. La communauté internationale doit absolument agir”, déclare Nilofer Bakhtiar, président de la Société nationale du Croissant-Rouge.

Dans le Punjab et dans la province de Khyber Pakhtunkhwa (KPK), la plupart des familles déplacées ont regagné leurs villages pour se retrouver dans le dénuement le plus total. Les sources d’eau sont contaminées, les services les plus vitaux font cruellement défaut, les habitations sont détruites ou lourdement endommagées, et les moyens de subsistance sont réduits à néant.

“L’hiver approchant à grands pas, nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir afin que les sinistrés aient des abris décents pour affronter les durs mois à venir”, explique Castano. La FICR a entrepris de procurer à 10 000 familles des zones montagneuses de KPK des logements d’urgence à l’épreuve du froid, notamment en distribuant des outils et matériaux pour réparer ou reconstruire les maisons.

Les inondations de juillet ont ravagé des villages entiers d’un bout à l’autre du pays, affectant au total quelque 20 millions d’habitants. Plus de 1,9 million d’habitations et 2,2 millions d’hectares de terres arables ont été détruits ou gravement endommagés.

Carte