Les pluies exacerbent les inondations en Afrique de l’ouest et du centre

Publié: 26 octobre 2010 0:00 CET

Moustapha Diallo, IFRC, Dakar

Malick, un habitant de la banlieue de Dakar, la capitale du Sénégal, fixe le ciel des yeux chaque fois que d’épais nuages noirs s’y amoncellent, l’air angoissé. Lui et toute sa famille prient pour qu’il ne pleuve plus.

« La pluie est un don de Dieu, mais maintenant nous prions pour qu’elle s’arrête. Toutes nos maisons sont inondées », explique-t-il. « Nous avons tout perdu ».

Nous sommes dans la deuxième quinzaine du mois d’octobre au Sénégal et pourtant les pluies persistent. Certaines maisons et écoles qui étaient presque au sec grâce aux sytèmes de pompage mis en place par les autorités pendant une semaine d’accalmie, ont été inondées de nouveau, anéantissant de nombreux efforts.

Dans la banlieue de Dakar et dans les régions du Sénégal touchées par les inondations, la santé et l’hygiène constituent des priorités. Des latrines ont été emportées par les flots et des nuées de moustiques se sont formées autour des eaux stagnantes, favorisant la flambée de maladies comme le paludisme. L’éducation sanitaire, notamment sur la prévention de la diarrhée et d’autres maladies infectieuses véhiculées par l’eau, constitue maintenant une des activités principales des volontaires de la Croix-Rouge Sénégalaise, après l’aide d’urgence.

Toute l’Afrique de l’Ouest touchée

Les populations de la banlieue de Dakar et de plusieurs régions du Sénégal ne sont les seules à souffrir des inondations. De nombreux pays de l’Afrique de l’Ouest sont également touchés par les intempéries associées à la saison des pluies.

À ce jour, plus de 1,5 million de personnes ont été affectées par les inondations. Les pluies diluviennes ont détruit des infrastructures et des maisons, faisant plus de 375 morts, laissant des milliers de personnes sans abri, dévastant les cultures et emportant le bétail, plongeant ainsi certaines populations dans un dénuement complet.

« Le bilan de ces catastrophes s’aggrave de jour en jour à mesure que nous recevons les résultats de nouvelles évaluations, faites au Bénin, au Ghana et au Nigéria », souligne Aita Sarr Cissé, Coordinatrice de la gestion des catastrophes par intérim au Bureau de la Fédération pour la région du Sahel à Dakar.

Réponse des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

Dans tous les pays touchés, les volontaires de la Croix-Rouge ont été mobilisés pour apporter soutien et réconfort aux populations sinistrées et mener les évaluations des besoins et des dégâts. Des articles de secours déjà prépositionnés par la Fédération internationale dans certains pays ont permis de fournir une assistance immédiate aux populations.

Des équipes régionales de réponse aux catastrophes ont également été déployées par la Fédération pour soutenir les opérations de secours des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge aux sinistrés.

Depuis juillet, la Fédération a débloqué 2,9 millions de francs suisses (USD 2,8 millions/EUR 2,15 millions) de son fonds d’urgence de réponse aux catastrophes pour aider les Sociétés Nationales du Burkina Faso, Sénégal, Niger, Ghana, Gambie, Mauritanie, Cameroun, Guinée, République centrafricaine, Tchad, Mali, Bénin et Nigéria à couvrir les besoins immédiats des victimes des inondations.

« Il faudra un soutien de longue haleine pour aider les populations à retrouver leur autosuffisance et il faudra également investir davantage dans les programmes de réduction des risques liés aux inondations », souligne Momodou Lamin Fye, Représentant régional de la Fédération pour la région du Sahel.

Appels lancés pour le Burkina Faso et le Tchad

Du fait de la sévérité et de l’amplitude des dégats causés par les inondations au Burkina Faso et au Tchad, la Fédération a lancé des appels d’urgence pour soutenir les Sociétés de la Croix-Rouge de ces deux pays, afin qu’elles renforcent leur aide aux populations sinistrées.

Pour le Burkina Faso, elle recherche 2,8 millions de francs suisses (USD 2,7 millions/EUR 2,1 millions) pour aider la Croix-Rouge Burkinabé à offrir une assistance à 80,000 personnes.  «Tout en répondant aux besoins immédiats, nous offrirons des subventions aux familles les plus vulnérables pour leur permettre d'acheter du bétail, par example. Nous distribuerons également des semences et des outils afin de permettre aux sinistrés de subvenir à leurs besoins alimentaires », explique Lazare Zoungrana, directeur national par intérim de la Croix-Rouge Burkinabé.

Pour le Tchad, c’est un appel de fonds de près de 1,3 millions de francs suisses (USD 1,3 millions/EUR 1 million) qui a été lancé pour soutenir plus de 6,300 familles touchées par les inondations dans les régions menacées par une épidemie de choléra.

En outre, la Fédération suit de très près les inondations dévastatrices qui ont frappé le Bénin.


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