Deudop : Un bateau pour relier la communauté

Publié: 2 février 2009 0:00 CET

Megan Rowling, British Red Cross in Indonesia This is the seventh in a series of nine profiles/case studies, looking at how Red Cross Red Crescent has helped people to rebuild their own lives after the tsunami in Indonesia.

Le bateau bleu-et-blanc en bois file le long de la paisible jetée de la plage de Deudap, sur la minuscule île de Pulo Nasi, vers la bouillonnante ville de Banda Aceh. La mer est calme, et le voyage durera environ 45 minutes.

Le bateau de la communauté de Deudap, acheté grâce à une subvention de 13.620 francs suisses de la Croix-Rouge britannique, transporte des passagers trois fois une semaine entre Pulo Nasi et l'île principale de Sumatra, avec des voyages complémentaires pour le transport de marchandises pour le marché local ou pour le transport de matériel de construction.

Le bateau a commencé à fonctionner à la fin de janvier 2008, fournissant une ligne vitale de transport pour l’approvisionnement de ce village idyllique, mais néanmoins isolé et qui en plus a été sévèrement affecté par le tsunami de décembre 2004. Ce jour là, sans compter l’énorme coût en vies humaines, le tsunami détruit le port de Deudap, ainsi que la presque totalité des bateaux de pêche et a transforma la morphologie de la cote de l’île en laissant le vieux port de l’île dans des eaux trop peu profondes, et de ce fait impossible à être réutilisé. Cela a signifié que depuis, les villageois ont devaient se déplacer jusqu’à un autre port situé à quelques 10 kilomètres plus loin pour pouvoir prendre un bateau pour Banda Aceh, rendant le coût du transport beaucoup trop cher pour certains habitants de la communauté.

Priorités

Suite à une série de consultations communautaires en 2006, un bateau de village a été identifié comme la priorité absolue pour le village de Deudap, autant pour fournir le transport en commun aux habitants que pour assurer un revenu régulier à la communauté. La formulation de la proposition pour l’obtention d’une subvention pour la communauté de la part de la Croix-Rouge britannique a été développée par un comité appelé « le forum de développement du village » qui a été conseillé par la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge.

Pendant que le bateau continue sa route vers Banda Aceh, Muzhar, le responsable du projet âgé 32 ans, explique pourquoi celui-ci a été un succès : « Nous sommes heureux parce que le bateau nous a apporté les avantages économiques que l’on attendait. Nous avons augmenté nos revenus et ceci est bon pour notre communauté. »

Presque la moitié du revenu est assigné aux projets de développement du village. Et environ un autre 30 pour cent du revenu est destiné à soutenir les membres le plus vulnérables de la communauté, y compris les orphelins et les ménages plus pauvres, le reste sert à payer les équipages des cinq bateaux.

Une gestion professionnelle

Le projet a également été salutaire en offrant un rôle de leader aux plus jeunes membres de la communauté. Ceci a été en partie possible grâce à que l’un des chefs de village, qui est aussi un marin expérimenté, a refusé d'être choisi comme membre du comité de village afin de permettre aux générations les plus jeunes de participer activement à la gestion du village et de ce fait leur donner la responsabilité de gérer le service de transport.

Plusieurs mois après que le service de transport en bateau ait été lancé, celui-ci semble démontrer que cela a été une sage décision. Questionné sur comment la montée du prix du carburant affecte les bénéfices du service, Muzhar nous donne le genre de réponse que vous prévoiriez d’un directeur d’une compagnie de transport professionnellement gérée.

« Nous n'avons pas eu beaucoup de problèmes parce que nous répercutons la montée du coût de l’essence à nos clients, » nous dit-il. « Nous avons du augmenter le prix du transport pour palier cette augmentation du prix du carburant, qui passe de 1,10 franc suisse à 1,70, et pour le moment aucun passager n’as pas arrêté d’utiliser notre service. »


Carte