L'Arménie un mois après : Quatre sœurs à la recherche d'une nouvelle maison

Mariana (center), two of her sisters and their dog Catherine, among many looking for new homes in Armenia.

Mariana (au centre), deux de ses sœurs et leur chien Catherine, parmi tant d'autres à la recherche d'un nouveau foyer en Arménie.

Photo: IFRC/Nora Peter

La solidarité au sein des communautés est forte, mais des solutions d'hébergement plus permanentes et plus dignes sont nécessaires pour les familles déplacées alors que la situation d'urgence entre dans son deuxième mois.

« Bonjour, quel est votre nom ? Quel âge avez-vous ? Avez-vous un animal de compagnie ? »

S'exprimant dans un anglais parfait, Mariana accueille  au refuge communautaire de Metsamor, les visiteurs étrangers en leur posant une série de questions.  Elle les informe également qu'elle a neuf ans et qu'elle a un chien nommé Catherine.

Mariana vient d'une famille de sept personnes : son père, sa mère, sa grand-mère et ses quatre sœurs. La sœur aînée, Milena, a 11 ans, et les deux plus jeunes, Maria et Lucia, ont 7 et 5 ans.

Les filles sont membres du Smiley Club, un espace local accueillant les enfants, géré par la Croix-Rouge arménienne. Il s'agit de l'un des 28 espaces du pays où les enfants peuvent se rendre après l'école pour jouer et obtenir de l'aide pour leurs devoirs. Pour certains d'entre eux, les sourires et le soutien qu'ils y trouvent les aident également à surmonter les bouleversements émotionnels qu'ils ont récemment subis.

Pas d'autre option

En raison de l'escalade du conflit en septembre 2023, la famille de Mariana a dû quitter sa maison au Karabakh. Ils ont choisi de venir à Metsamor parce qu'ils ont de la famille qui y vit, mais la maison n'était pas assez grande pour les deux familles. Ils ont finalement dû partir et n'ont pas eu d'autre choix que de s'installer dans un refuge communautaire.

Le refuge de Metsamor accueille environ 120 personnes qui sont arrivées en Arménie cette année ou lors de la précédente escalade en 2020. Les conditions sont désastreuses : les pièces sont sombres, les murs sont moisis et il n'y a pas de chauffage ni d'isolation en prévision de l'hiver. La famille de Mariana partage une seule chambre et une cuisine.

Les parents travaillent dur pour pouvoir acheter une maison, mais il leur faudra plusieurs années pour réunir suffisamment d'argent. D'ici là, sans aide, ils n'ont aucun espoir de quitter le refuge

Besoin urgent en abris

Ils ne sont pas les seuls à être préoccupés par cette question. Un mois après le début de la situation d'urgence, l'hébergement devient un besoin essentiel pour les milliers de familles qui sont parties en Arménie. La plupart d'entre elles sont hébergées dans des abris communautaires, des logements payants ou des familles d'accueil.

Les volontaires de la Croix-Rouge arménienne fournissent de la nourriture, des produits d'hygiène et des articles ménagers, mais le besoin d'un soutien à long terme est immense. Les loyers et les services publics sont chers, et de nombreuses familles déplacées n'ont pas de revenus réguliers et très peu d'économies.

« La communauté locale a fait preuve d'une immense solidarité en accueillant chez elle des personnes originaires du Karabakh », explique Hicham Diab, Responsable des opérations de l'IFRC en Arménie. «Malgré cela, il ne s'agit pas d'une solution durable - les personnes déplacées ont besoin d'abris plus permanents et plus dignes. L'aide au loyer et aux services publics est un élément clé de la réponse, mais pour l'instant notre appel d'urgence de l'IFRC n'est financé qu'à hauteur de 23 %. Nous comptons sur le soutien de nos partenaires à l'intérieur et à l'extérieur du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge pour nous aider. 

« Nous sommes reconnaissants à nos partenaires d'être à nos côtés dans cette situation", déclare Anna Yeghiazaryan, secrétaire générale de la Croix-Rouge arménienne. "L'ampleur des besoins humanitaires est considérable et il est impossible d'y répondre seul. Nous sommes convaincus que la mobilisation du pouvoir de l'humanité nous permettra d'aider ceux qui en ont désespérément besoin et d'essayer de rétablir leur vie dans un nouvel endroit.»

 

 

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