Le secrétaire général de l'IFRC prend la parole lors du Dialogue sur les sciences du climat et l'action humanitaire

People in Madagascar walk through floods caused by heavy rains in January 2022. The Malagasy Red Cross is working with the government to provide relief assistance, health services and shelter to those affected.

People in Madagascar walk through floods caused by heavy rains in January 2022. The Malagasy Red Cross is working with the government to provide relief assistance, health services and shelter to those affected.

Photo: IFRC/Caren Ramanantoanina

Speaker

Le Secrétaire Général

Le Secrétaire général est le principal dirigeant de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC). Il dirige le secrétariat et nos délégations dans le monde entier.

Discours prononcé par le Secrétaire général de l'IFRC, Jagan Chapagain, lors du Dialogue sur les sciences du climat et l'action humanitaire qui s'est tenu le vendredi 25 mars 2022.

Excellences, collègues et amis, avec nos co-hôtes, les missions permanentes de la République arabe d'Égypte, du Royaume-Uni et du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, nous vous accueillons chaleureusement aujourd'hui à l'IFRC pour le Dialogue sur la science du climat et l'action humanitaire.

Nous sommes ravis que vous nous rejoigniez aujourd'hui - en personne et en ligne - pour cette importante discussion qui s'appuie sur les résultats du Dialogue sur les sciences du climat et l'action humanitaire de 2018 que nous avons co-organisé avec la Suisse, les Pays-Bas, les Fidji, le GIEC et le Réseau Action Climat.

Beaucoup de choses ont changé depuis lors.

Le rapport du GIEC sur les impacts, l'adaptation et la vulnérabilité nous a effectivement fait entrer dans une nouvelle ère.

Une ère où le monde entier considère la crise climatique comme une crise humanitaire qui se déroule sous nos yeux.

Le rapport du GIEC confirme ce que l'IFRC et son réseau de 192 Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ont constaté depuis des années : le changement climatique perturbe déjà la vie de milliards de personnes, en particulier les plus pauvres du monde qui y ont le moins contribué.

Le changement climatique contribue aux crises humanitaires, en particulier dans des contextes où les populations sont déjà vulnérables. Il provoque des mouvements de population, des problèmes de santé, ainsi qu'une insécurité alimentaire due aux inondations et à la sécheresse.

Le rapport confirme également que les impacts climatiques exacerbent et perpétuent les vulnérabilités, ainsi que les inégalités sociales et économiques. Les conséquences seront pires et plus rapides que nous le pensions.

L'absence de précédent n'est plus une excuse pour ne pas se préparer.

Les événements climatiques et météorologiques extrêmes seront plus fréquents et plus intenses.

Ils toucheront de nouveaux territoires.

Et de nombreux dangers se produiront en même temps.

Cela signifie que nous ne pouvons pas utiliser ce qui s'est passé dans le passé pour prédire l'avenir.

Nous devons écouter la science et l'utiliser pour planifier et nous protéger contre les risques futurs.

Cela doit être notre méthode de travail standard.

Comment pouvons-nous, en tant que communauté humanitaire, utiliser cette science pour agir ensemble ?

Pour notre part, nous intensifions notre action climatique sur le terrain.

Le réseau de l'IFRC adopte une approche proactive en mettant en place une ambitieuse Plateforme mondiale pour le climat visant à mobiliser des ressources et à renforcer de manière significative les initiatives d'action climatique dans les pays les plus vulnérables au climat dans le monde, dans le but d'accroître la résilience des communautés aux impacts du changement climatique.

Nos décennies d'expérience en matière de gestion des risques de catastrophe et d'action climatique - et la mise à profit de l'expertise en science du climat - placent le réseau de l'IFRC dans une position unique pour intensifier l'action climatique locale.

La Plateforme Climatique sera co-créée avec les partenaires intéressés et les Sociétés Nationales membres et reliera différentes sources de financement à travers les secteurs du développement, de l'humanitaire, du climat et du privé.

Son ambition est de réunir plus d'un milliard de francs suisses pour soutenir un programme quinquennal dans au moins 100 pays vulnérables au climat, afin d'aider plus de 53 millions de personnes à réduire les risques climatiques et à mener une vie plus sûre et plus digne.

Rien de tout cela n'est possible sans la solidarité. Nous devons nous unir en tant que communauté humanitaire.

Nous avons travaillé avec le Comité international de la Croix-Rouge pour créer une communauté d'organisations engagées à travers la Charte climat et environnement pour les organisations humanitaires, afin d'aider à orienter l'action collective sur la manière dont nous devons changer et opérer différemment pour faire face à cette crise.

Nous avons maintenant plus de 220 signataires et trois gouvernements qui soutiennent la Charte, et l'Union européenne ajoutera sa signature la semaine prochaine.

Nous vous invitons à nous rejoindre, à prendre vos propres engagements et objectifs et à soutenir les autres pour mettre en œuvre la charte.

Comme l'indique le rapport du GIEC, la fenêtre d'action se referme rapidement. Nous n'avons d'autre choix que d'être audacieux et de transformer nos actions.

C'est pourquoi nous avons réuni tout le monde ici aujourd'hui : pour construire une vision commune sur la façon dont nous pouvons accélérer une action réelle et opportune de la communauté humanitaire.

Excellences, collègues et amis - Barack Obama a dit un jour : "Nous sommes la première génération à ressentir les effets du changement climatique et la dernière génération à pouvoir y faire quelque chose." En effet, nous avons le pouvoir de faire quelque chose à ce sujet. Merci.

FIN.

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A propos de l'évènement

Le Dialogue sur la science du climat et l'action humanitaire était un événement hybride virtuel/personnel co-organisé par les missions permanentes de la République arabe d'Égypte et du Royaume-Uni auprès des Nations unies à Genève et l'IFRC, avec la collaboration du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Elle a eu lieu le vendredi 25 mars 2022.

Elle a réuni des participants du monde entier pour discuter des implications humanitaires du dernier rapport du GIEC sur les impacts climatiques, l'adaptation et la vulnérabilité - couvrant des sujets allant de l'action anticipée aux migrations liées au climat.

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