Gambie: des médicaments et une alliance vitale contre le paludisme
Dans le district de Kombo North, dans la région de West Coast, en Gambie, la saison des pluies vient de se terminer, mais ses séquelles sont encore visibles. Sur le chemin menant à certains villages, la présence des hautes herbes et les eaux stagnantes constituent des lieux propices à la prolifération des moustiques, vecteurs du paludisme.En ce début d’après-midi à Sinthiou Sory, la famille Bah s’est abritée à l’ombre d’un arbre pour se protéger de la chaleur accablante. Mariama Bah, avec son plus jeune fils sur ses genoux, observe un agent de santé communautaire qui se prépare à donner au garçon la seconde dose de médicament antipaludique.« J’avais été prévenue de leur passage, et je tenais absolument à être là pour que mon enfant reçoive sa dose », dit-elle.Pour Mariama, comme pour des milliers d’autres mères en Gambie, ce geste, aussi simple soit-il, peut être un véritable bouclier, dans un pays où les enfants de moins de cinq ans payent le plus lourd tribut au paludisme.Cette scène se répète dans de nombreux foyers de Kombo North à l’occasion du deuxième cycle de la campagne de chimioprévention du paludisme saisonnier. Une initiative essentielle dans un pays où la maladie demeure endémique.Le pouvoir de la sensibilisationBien avant l’administration des doses, les volontaires de la Croix-Rouge gambienne mènent un travail intensif de sensibilisation.« Des dizaines de volontaires ont été formés et déployés dans le cadre de cette campagne. Ils sillonnent les communautés, portent l’information de maison en maison, pour dissiper les fausses croyances et convaincre les parents afin qu’aucun enfant ne soit laissé en rade », explique Alieu Jammeh, Gestionnaire du projet Paludisme à la Croix-Rouge gambienne. « Ce travail de proximité est appuyé par des caravanes de sensibilisation dans les rues et les lieux publics. »Pour Alimathou Diadhiou, superviseure locale du Programme national de lutte contre le paludisme (NMCP), « La sensibilisation est essentielle. Sans elle, nous pourrions rater des enfants à cause de simples malentendus ou de rumeurs.» confie-t-elle. Lorsque des réticences sont notées, elles sont signalées au superviseur qui intervient aux côtés des volontaires de la Croix-Rouge.Une approche collaborative qui porte ses fruits. « Grâce à ce travail d'équipe, les réticences finissent presque toujours par être levées» se félicite Alimathou Diadhiou. «A Sinthiou Sory, nous avons atteint plus de 90% de notre objectif de couverture. »Un partenariat international au service des communautésCette campagne s’inscrit dans le cadre du projet « Accélérer l'élimination du paludisme en Gambie », mis en œuvre par la Croix-Rouge gambienne et l’IFRC, avec le financement du Fonds pour le développement mondial et la coopération Sud-Sud de la Chine (GDSSCF). Cette initiative renforce les efforts du gouvernement gambien pour atteindre son objectif d’élimination du paludisme.« Chaque dose administrée est une victoire concrète dans la lutte contre le paludisme », déclare le Dr Mame Diarra Faye, responsable des programmes santé à l’IFRC. « Avec le leadership du gouvernement gambien et l’appui de la Croix-Rouge gambienne, de l'Agence chinoise de coopération internationale pour le développement (CIDCA) et d'autres partenaires, nous pouvons et nous allons faire de l'élimination du paludisme une réalité. »