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« Nous avons toujours peur qu’une autre tempête soit en route. »

« Nous avons toujours peur qu’une autre tempête frappe à nouveau. »

Répondre aux besoins les plus urgents.

Lorsque de violents vents ont frappé Libreville dans la nuit du 15 décembre, les équipes de la Croix-Rouge gabonaise ont été mobilisées dès les premières heures. Les volontaires sont rapidement intervenus dans les quartiers les plus touchés, notamment PK 9, PK 10 et PK 11, afin d’évaluer la situation et d’apporter un premier soutien aux communautés affectées.

Sur le terrain, les dégâts étaient considérables : toitures arrachées, habitations exposées aux intempéries et effets personnels dispersés. Les familles tentaient de sauver ce qu’elles pouvaient.

Dans ce contexte, la priorité des volontaires était double: apporter un soutien psychosocial immédiat aux personnes touchées et mener une évaluation multisectorielle afin d’identifier les besoins les plus urgents.

« Au cœur de la réponse »

Parmi les volontaires mobilisés dans le cadre de cette réponse figure Carine, volontaire et membre de la Croix-Rouge gabonaise depuis 15 ans. Au fil des années, elle a occupé plusieurs fonctions, notamment dans la logistique et les achats, avant de se spécialiser dans la gestion des risques de catastrophe.

« Sur le terrain, nous, les volontaires, sommes au cœur de la réponse, aux côtés des communautés. »

« Le Gabon connaît régulièrement des épisodes de vents violents entre novembre et décembre. En 2022, plusieurs localités avaient déjà été touchées, et nous avions soutenu environ 450 ménages à Franceville. Cette nouvelle réponse confirme le caractère récurrent, et parfois de plus en plus intense, de ces événements liés au climat. »

Parmi les familles affectées, celle de Bangani Marie Christine, 54 ans, illustre la gravité de l’impact. Cheffe d’un ménage élargi de 21 personnes, elle dépendait de son activité de vente à domicile pour subvenir aux besoins de sa famille.

À mesure que les vents se renforçaient, elle et ses proches ont tenté de se réfugier dans leur petit espace commercial. Mais la tempête a rapidement tout détruit : « Trente-cinq tôles en aluminium ont été emportées, le plafond s’est effondré et une grande partie de nos biens a été détruite », m’a-t-elle confié.

Ce qui représentait autrefois un lieu de sécurité et de subsistance est soudainement devenu exposé et vulnérable aux intempéries. Dans les jours qui ont suivi, la famille a dormi à la belle étoile, confrontée à la pluie et aux moustiques, tout en vivant avec une peur constante : celle de voir une autre tempête frapper à nouveau.

« Sur le terrain, nous, les volontaires, sommes au cœur de la réponse, aux côtés des communautés. »
Carine, volontaire de la Croix-Rouge gabonaise

Une réponse organisée en collaboration avec les communautés locales.

À la suite des évaluations menées sur le terrain, la réponse a été lancée grâce à un financement du Fonds d’urgence pour les réponses aux catastrophes de l’IFRC (IFRC-DREF). L’opération ciblait 300 ménages, soit environ 1 500 personnes.

Les activités mises en œuvre combinaient plusieurs volets complémentaires : assistance en espèces pour les ménages les plus vulnérables, distribution de kits d’hygiène et d’articles ménagers essentiels, séances de sensibilisation à l’eau, l’assainissement et l’hygiène, ainsi que des activités de soutien psychosocial.

Nous avons joué un rôle central à chaque étape de la réponse. Grâce aux activités de porte-à-porte, nous avons sensibilisé les communautés aux bonnes pratiques d’hygiène, au stockage de l’eau, au lavage des mains et à la prévention des maladies hydriques.

Des discussions communautaires ont également été organisées avec les leaders de quartiers afin d’expliquer le processus d’assistance et de renforcer la redevabilité envers les populations affectées.

Sur le terrain, nous avons aussi abordé les risques liés aux habitations précaires et exposées, les vents récents ayant mis en évidence la vulnérabilité de certains logements.

Des activités communautaires de nettoyage ont ensuite été menées avec les habitants, notamment le nettoyage des quartiers, le débroussaillage et l’entretien des caniveaux. Ces efforts conjoints ont permis de renforcer l’implication directe des communautés dans l’amélioration de leur cadre de vie.

« Sensibiliser les communautés afin qu’elles adoptent des comportements favorables à une bonne santé », explique Carine.

De plus en plus fréquents et de plus en plus intenses

Sur le terrain, un constat partagé émerge : l’intensité de ces événements semble s’accentuer, rendant essentiel le renforcement des actions d’anticipation et des efforts de préparation communautaire.

La réponse se poursuit.

Une extension du financement de l’IFRC-DREF est en cours afin de soutenir également 430 ménages vulnérables à Mouila et Franceville, deux zones également touchées par les vents violents.

Des volontaires locaux, à l’œuvre partout.

En cette année 2026 dédiée aux volontaires, cette réponse met en lumière une réalité essentielle : au-delà de l’assistance matérielle, ce sont les volontaires qui portent l’action humanitaire au cœur des communautés. Leur engagement, leur présence et leur capacité d’adaptation restent au centre de l’action de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Sur le terrain, une réalité s’impose clairement : l’aide humanitaire ne consiste pas seulement à réparer les dégâts. Il s’agit aussi d’accompagner, d’écouter et de soutenir les communautés dans les moments où leur vulnérabilité est la plus forte, grâce à l’engagement constant des volontaires de la Croix-Rouge.

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Article et photos par Lydie Ngui, Assistante communication, Cluster de Yaoundé, Cameroun.

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