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Les catastrophes liées au climat forcent des millions de personnes à quitter leur foyer en Asie-Pacifique, mais l’action locale apporte de l’espoir.
À travers l’Asie-Pacifique, les catastrophes et les impacts du changement climatique continuent de forcer des millions de personnes à quitter leur foyer. Selon le Centre de surveillance des déplacements internes, rien qu’en 2024, on a recensé 24 millions de déplacements liés aux catastrophes dans la région – soit plus de la moitié du total mondial.Des inondations aux tempêtes surpuissantes, la région Asie-Pacifique est l’une des plus gravement touchées par les déplacements dus aux catastrophes. Cependant, un nouveau rapport de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) met en évidence non seulement l’ampleur de la crise et ses effets sur les communautés de la région, mais aussi le pouvoir de l’action locale pour aider les populations à s’adapter, à se préparer et à renforcer leur résilience.« Pour des millions de personnes à travers l’Asie-Pacifique, ce n’est pas une possibilité lointaine, c’est une réalité quotidienne », déclare Alexander Matheou, directeur régional de l’IFRC pour l’Asie-Pacifique. « Que ce soit sur une minuscule île ou dans une vaste métropole, les histoires sont les mêmes : des catastrophes, provoquées et amplifiées par le changement climatique, bouleversent des vies et effacent ce qui est familier. »Le rapport, Forced to Flee in a Changing Climate, rassemble 39 témoignages issus de 21 Sociétés nationales, qui accompagnent les communautés à chaque étape du déplacement : de la préparation, l’alerte précoce et l’évacuation, jusqu’au relèvement et à la reconstruction.Bien que les impacts soient dévastateurs, il y a de l’espoir.« L’espoir se trouve dans la force des communautés et dans le travail acharné de ceux qui se tiennent à leurs côtés », ajoute Matheou. « Ce rapport est un appel à comprendre ce qui est en jeu – et à reconnaître les possibilités de changement. »Faits marquantsEn 2024, l’Asie-Pacifique a connu plus de déplacements liés aux catastrophes que toute autre région du monde;Les aléas tels que les tempêtes, les inondations, les vagues de chaleur et les sécheresses deviennent de plus en plus intenses et fréquents, et les populations subissent des déplacements répétés;Les personnes sont déplacées pour des périodes plus longues, car les catastrophes se superposent aux conflits, à la pauvreté ainsi qu’à l’insécurité alimentaire, hydrique et en ressources;Les groupes marginalisés – notamment les femmes, les enfants, les personnes âgées et celles vivant dans la pauvreté – sont touchés de manière disproportionnée.Comment faisons-nous face à ces défis ?Les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ne se contentent pas d’intervenir après les catastrophes – elles travaillent avec les communautés en amont, avant que les risques ne s’aggravent et que les catastrophes ne frappent, afin d’aider les populations à s’adapter, à se préparer et à rester dans leurs foyers, ou à se déplacer en sécurité et dans la dignité lorsqu’elles choisissent de le faire.« Les impacts du déplacement ne s’arrêtent pas à la décision de partir », souligne Alexander Matheou. « Les risques et les incertitudes suivent les personnes dans de nouveaux lieux – souvent précaires –, mettant à l’épreuve leur capacité à se reconstruire et à retrouver une stabilité. »C’est pourquoi les réponses des personnes et des communautés prennent de multiples formes. Dans de nombreux cas, ce sont celles et ceux qui ont eux-mêmes vécu un déplacement qui prennent l’initiative de la préparation et de la réponse, souvent avec l’appui des Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.Par ailleurs, de meilleures prévisions, l’action anticipée et des systèmes d’alerte précoce pilotés par les communautés jouent un rôle essentiel, aux côtés d’autres initiatives.Voici juste trois des nombreux exemples cités dans le rapport.Préparation aux cyclones portée par les réfugiés – BangladeshÀ Cox’s Bazar, qui abrite le plus grand camp de réfugiés au monde, la Croix-Rouge du Bangladesh a formé plus de 3 300 volontaires issus des camps pour diffuser des alertes précoces et aider leurs communautés à évacuer avant que les catastrophes ne frappent. Le Programme national de préparation aux cyclones contribue à garantir que l’action anticipée sauve des vies – même dans les contextes les plus fragiles.Soutien anticipé pour les pêcheurs et les agriculteurs afin de réduire les pertes – FidjiÀ travers le premier Cadre d’action anticipée du Pacifique, la Croix-Rouge des Fidji diffuse des messages d’alerte précoce, distribue des kits pour sécuriser les bateaux et fournit du matériel de stockage des récoltes avant l’arrivée des cyclones. En déclenchant une assistance fondée sur les prévisions, elle aide les communautés isolées à protéger leurs moyens de subsistance à l’avance et à réduire les risques de déplacement.Soutien psychosocial pour les communautés d’éleveurs – MongolieLa Mongolie fait face à des hivers rigoureux, avec le dzud – une combinaison de sécheresse estivale et de températures hivernales extrêmes – qui affecte les familles d’éleveurs.Pour renforcer la résilience et soutenir les moyens de subsistance, les déplacements et les modes de vie traditionnels, la Croix-Rouge de Mongolie fournit une aide en espèces et des kits de nutrition pour le bétail, construit des abris pour les animaux et encourage des moyens de subsistance alternatifs.Le message au cœur du rapport est clair : alors que les déplacements liés aux catastrophes et au changement climatique touchent des millions de personnes, les communautés d’Asie-Pacifique ne restent pas inactives. Avec l’appui des équipes des Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, elles se préparent, s’adaptent et ouvrent la voie vers un avenir plus sûr et plus résilient.Consultez le rapport complet Forced to flee in a changing climate - Asia Pacific | IFRCEn savoir plus sur les déplacements liés au climat :Rapport de l’IFRC : Force to flee in a changing climateDécouvrez l’approche de l’IFRC en matière de migration et de déplacements
Cap-Vert : Des milliers de personnes dévastées par des inondations soudaines et violentes
Pour de nombreux habitants de l’archipel du Cap-Vert, la nuit du 10 au 11 août 2025 restera à jamais gravée dans les mémoires. Jamais auparavant ils n’avaient été confrontés à une telle dévastation. En l’espace de quelques heures, les pluies torrentielles apportées par la tempête tropicale Erin ont transformé les rues en torrents déchaînés, provoqué des glissements de terrain et détruit des infrastructures vitales.D’innombrables maisons ont été détruites ou gravement endommagées, et les moyens de subsistance de centaines de familles ont été anéantis. Au moins neuf personnes ont perdu la vie, et des milliers d’autres ont dû trouver refuge chez des proches, des voisins ou dans des abris temporaires après avoir tout perdu.« Ma maison s’est effondrée en quelques heures. Mes enfants ont tout perdu… et moi aussi », raconte Alcídia dos Reis Fortes, une mère de cinq enfants aujourd’hui hébergée dans une école transformée en centre d’accueil géré par la Croix-Rouge.Face à une telle destruction, le gouvernement a déclaré l’état d’urgence ainsi que deux jours de deuil national. Les îles de São Vicente et de São Antão comptent parmi les plus durement touchées.Les volontaires de la Croix-Rouge du Cap-Vert ont été mobilisés dès l’émission des premières alertes.« Nous avons immédiatement informé les communautés et aidé à évacuer les familles à risque », explique Jamilson José Dos Santos Rodrigues, volontaire, représentant de la jeunesse et actuellement responsable des opérations du comité local de São Vicente. Il est sur le terrain avec une équipe de la Croix-Rouge depuis les premières heures de la catastrophe.Les inondations ont également provoqué l’effondrement du système central d’approvisionnement en eau, privant ainsi des milliers de personnes d’un accès à l’eau potable. Dans un pays déjà fragilisé par la sécheresse et l’insécurité alimentaire, cette perturbation représente une menace supplémentaire grave : la propagation des maladies hydriques.« De nombreuses familles n’ont plus rien pour boire ou cuisiner. Nous distribuons des kits d’urgence, de l’eau potable et des vêtements, et nous apportons aussi un soutien psychosocial. Mais les besoins dépassent largement nos capacités », explique Jamilson.« Aujourd’hui, tous les secteurs vitaux sont touchés — l’abri, l’eau, la santé et l’alimentation. Un soutien international est essentiel pour répondre à l’ampleur de cette crise », souligne Sadrack Matanda, spécialiste en préparation et réponse aux urgences déployé par la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) pour appuyer la Croix-Rouge du Cap-Vert.Dans le cadre d’une première réponse, l’IFRC prévoit de débloquer des fonds d’urgence afin d’aider les familles touchées en leur fournissant un abri, des services d’eau et d’assainissement, ainsi qu’un soutien aux moyens de subsistance. Des spécialistes en abris et en eau et assainissement seront également déployés pour renforcer la réponse.« Nous poursuivons nos évaluations et n’excluons pas de lancer un appel d’urgence pour aider les communautés à surmonter cette crise sans précédent », ajoute Sadrack.Le 13 août, la Croix-Rouge du Cap-Vert a lancé la campagne nationale #ReconstruirComEsperança (#ReconstruireAvecEspoir) pour soutenir les personnes affectées.
Déclaration : L’IFRC rend hommage à un membre du personnel de la Croix-Rouge éthiopienne décédé
L’IFRC est profondément attristée par le décès tragique de M. Ato Honelegn Fentahun, membre dévoué du personnel de la Croix-Rouge éthiopienne, et exprime toute sa solidarité à la Croix-Rouge éthiopienne (CRE) en cette période difficile.Ato Honelegn Fentahun était en service lorsqu’il a perdu la vie. Le 14 août, un incident sécuritaire est survenu dans la zone de Cheneq, district de Janamora Woreda, dans la zone de North Gondar, région de l’Amhara. Trois membres du personnel de l’ERCS, dont Ato Honelegn Fentahun, ont été enlevés par des individus armés non identifiés alors qu’ils revenaient de la livraison d’une ambulance. Ils ont été libérés le 15 août, mais à sa libération, Ato Honelegn Fentahun a nécessité des soins médicaux immédiats et a été transporté à l’hôpital, où il est malheureusement décédé peu après son arrivée.Aujourd’hui marque la Journée mondiale de l’aide humanitaire, et cette perte déchirante rappelle une fois encore les dangers auxquels sont confrontés les travailleurs humanitaires qui se mettent en danger pour servir les communautés vulnérables. Depuis le début de l’année 2025, 18 membres du personnel et volontaires de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge à travers le monde ont perdu la vie en accomplissant leurs missions humanitaires.Toute attaque, enlèvement ou obstruction visant le personnel humanitaire compromet la capacité du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge à fournir une assistance vitale. Le Mouvement condamne fermement de tels incidents et appelle toutes les parties à respecter le droit international humanitaire et à assurer la protection des travailleurs humanitaires, qui consacrent leur vie à aider ceux qui en ont besoin.Nos pensées accompagnent la famille et les proches de M. Ato Honelegn Fentahun, ainsi que nos collègues de la Croix-Rouge éthiopienne, en ce moment particulièrement douloureux.Pour plus d'informations ou pour demander une interview:[email protected]
Cap-Vert: Inondations
Des pluies torrentielles ont provoqué des crues soudaines meurtrières à São Vicente et Santo Antão, au Cap-Vert, touchant plus de 119 000 personnes, détruisant des habitations, inondant des structures de santé et isolant des communautés entières. Des milliers de personnes ont perdu l’accès à l’eau potable, à la nourriture et aux soins de santé, tandis que de nouvelles pluies menacent encore la région. La Croix-Rouge du Cap-Vert, avec le soutien de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC), apporte une aide d’urgence, de l’eau potable, un abri et un appui sanitaire, mais a un besoin urgent de ressources supplémentaires pour atteindre davantage de familles en crise.
L’IFRC lance la campagne Faim Zéro pour promouvoir une sécurité alimentaire durable à travers l’Afrique
Nairobi, Kenya, 19 août 2025 – La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) a officiellement lancé sa campagne « Faim Zéro en Afrique : Unis pour des solutions durables », marquant une étape audacieuse dans la redéfinition de la lutte contre la faim en Afrique.La campagne a été dévoilée ce 19 août 2025 lors d’un événement virtuel animé par la journaliste primée Victoria Rubadiri, réunissant des dirigeants africains, des acteurs humanitaires et des innovateurs communautaires venus de tout le continent.Sa mission: aller au-delà de l’aide à court terme et investir dans des solutions durables, menées par les communautés, qui renforcent les systèmes locaux, s’adaptent au climat et aux conflits, et apportent un changement résilient et pérenne.Une crise systémique, une opportunité collectiveEn Afrique subsaharienne, plus de 282 millions de personnes souffrent de sous-alimentation — soit près d’un tiers de la population mondiale en insécurité alimentaire. Rien qu’en 2024, 173 millions de personnes ont été confrontées à une insécurité alimentaire aiguë ou pire, les femmes et les enfants portant le fardeau le plus lourd.Cette crise trouve son origine dans des facteurs structurels profondément enracinés — chocs climatiques, conflits, déplacements, faiblesse des systèmes alimentaires et de protection sociale. Mais elle représente aussi une occasion historique de repenser notre manière de répondre.La campagne Faim Zéro : Unis pour des solutions durables appelle à un changement de cap, passant d’une aide à court terme à des solutions communautaires, portées par les Africains eux-mêmes, et qui construisent une résilience à long terme.« C’est un tournant », déclare Pierre Kremer, Directeur régional adjoint de l’IFRC pour l’Afrique. « Nous passons de l’aide alimentaire ponctuelle à un changement durable, porté par les communautés. Pour l’Afrique, c’est un appel à l’unité pour mettre fin à la faim, en s’appuyant sur l’ingéniosité locale, les pratiques climato-intelligentes et des moyens de subsistance durables. »Solutions durables, leadership africainLancée au Kenya, en Éthiopie, en RDC, au Mali, au Nigéria et au Zimbabwe, la campagne s’appuie sur l’ODD 2, l’Agenda 2063 de l’Union africaine et la Déclaration de Malabo. Elle vise à atteindre 60 millions de personnes vulnérables dans 15 pays d’ici 2030.La campagne Faim Zéro orientera les investissements vers :Agriculture climato-intelligente et restauration des écosystèmesAccès au financement et aux marchésProtection sociale dirigée par les communautésCoopératives dirigées par les femmes et les jeunesSystèmes intégrés d’alimentation, de santé et de nutritionDu lancement à l’actionL’IFRC impulse cette transformation à travers son réseau de Sociétés nationales africaines et plus d’un million de volontaires de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ancrés dans les communautés. Ces volontaires, intégrés aux systèmes locaux et dignes de confiance aux yeux de leurs communautés, contribuent à mettre à l’échelle des approches éprouvées et conçues localement pour renforcer la sécurité alimentaire.Et après ?Le lancement est peut-être terminé, mais la mission ne fait que commencer : l’IFRC appelle les gouvernements, les bailleurs, le secteur privé, la société civile, les médias et la diaspora africaine à contribuer à l’expansion et à la réplication de ces solutions.Le message de la campagne est clair : la Faim Zéro commence avec nous.Faites passer le message et suivez les mises à jour de la campagne :https://bit.ly/AfricaZeroHunger Pour plus d’informations ou pour demander une interview, veuillez contacter :[email protected] vous engager, veuillez contacter :[email protected] Naïrobi:Susan Nzisa Mbalu: +254 733 827 654A Genève;Tommaso Della Longa: +41 79 708 43 67Hannah Copeland: +44 7535316633
Déclaration de l’IFRC au sujet de l’incident survenu à bord de l’Ocean Viking
La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) est profondément préoccupée par l’incident survenu le dimanche après-midi (24 août 2025), lorsque le navire humanitaire de sauvetage Ocean Viking a été touché par plusieurs coups de feu.Heureusement, aucune personne n’a été physiquement blessée. Cependant, cet événement grave a mis en danger la sécurité et le bien-être tant de notre personnel humanitaire que des personnes secourues à bord.L’IFRC travaille activement à soutenir toutes les personnes affectées et à examiner les circonstances entourant cet acte violent.Aujourd’hui, les travailleurs humanitaires évoluent dans des environnements de plus en plus périlleux, mettant souvent leur propre vie en danger pour sauver celle des autres. Leur mission doit être respectée et protégée en tout temps. Les opérations humanitaires doivent toujours être respectées et protégées.
Nouvelle tribune du secrétaire général de l'IFRC: Nos travailleurs humanitaires ont été brutalement tués et jetés dans une fosse commune. Cela ne doit plus jamais se reproduire
L'article d'opinion suivant, rédigé par Jagan Chapagain, secrétaire général de l'IFRC, a été publié pour la première fois par le Guardian britannique le 5 avril 2025.Qu'est-ce qui a été le plus horrible ? L'attente angoissante d'une semaine - le silence après la disparition de nos collègues, alors que nous soupçonnions le pire mais espérions autre chose ? Ou la confirmation, sept jours plus tard, que des corps avaient été retrouvés ? Ou, depuis, les détails effroyables de la façon dont ils ont été retrouvés et tués ?Leurs ambulances ont été écrasées et partiellement enterrées. Leurs corps se trouvaient à proximité, eux aussi enterrés en masse dans le sable. Nos collègues décédés portaient encore leur gilet du Croissant-Rouge. Dans la vie, ces uniformes signalaient leur statut de travailleurs humanitaires ; ils auraient dû les protéger. Au lieu de cela, dans la mort, ces gilets rouges sont devenus leurs linceuls.Les ambulanciers Mostafa Khufaga, Saleh Muamer et Ezzedine Shaath, ainsi que les secouristes volontaires Mohammad Bahloul, Mohammed Al-Heila, Ashraf Abu Labda, Raed Al-Sharif et Rifatt Radwan étaient des gens bien. Aux côtés d'Asaad Al-Nasasra, ambulancier du Croissant-Rouge palestinien - toujours porté disparu - et de travailleurs médicaux et humanitaires d'autres organisations, ils étaient dans des véhicules d'urgence, se précipitant pour faire ce qu'ils font.La bande de Gaza après le cessez-le-feu est dangereuse, bien sûr. Mais ces hommes n'ont pas agi de manière cavalière. Ils pensaient que leurs véhicules marqués du Croissant-Rouge indiqueraient clairement qui se trouvait à l'intérieur et quel était leur objectif. Ils pensaient que le droit humanitaire international avait un sens et que les travailleurs de la santé seraient protégés. Ils pensaient que cela signifiait qu'ils ne seraient pas une cible. Mais ils se sont trompés. Tragiquement, horriblement.C'est pourquoi je vous écris pour vous lancer un appel. Faites en sorte que cette hypothèse se vérifie à nouveau. Ces morts à Gaza - bien que particulièrement horribles - s'inscrivent dans une tendance croissante. De plus en plus de travailleurs humanitaires sont tués dans le monde. Cette tendance doit être inversée.En tant que secrétaire général d'une fédération humanitaire mondiale, un réseau de 191 sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge comptant plus de 16 millions d'employés et de volontaires, j'ai l'habitude des traumatismes. Aider les gens à se préparer à une crise et à y faire face lorsqu'elle survient, c'est ce que font nos collaborateurs. En ce moment même, des milliers de collègues de la Croix-Rouge du Myanmar aident les gens à répondre à leurs besoins immédiats après le tremblement de terre. En Russie et en Ukraine, nos membres aident les personnes touchées par les deux parties du conflit.Nos équipes peuvent aider les gens à faire face aux traumatismes. Mais elles ne doivent pas y être soumises en raison de leur travail. Le droit humanitaire international l'exige. Les travailleurs de la santé et de l'aide humanitaire doivent être protégés. Ce n'est pas pour rien qu'ils portent des emblèmes. Pourtant, selon la base de données sur la sécurité des travailleurs humanitaires, ils sont de plus en plus nombreux à être tués. En 2023, ce nombre était de 280. Notre réseau en a perdu 18 cette année-là, dont six de notre société nationale en Israël, Magen David Adom, en ce terrible jour d'octobre. L'année dernière, un nombre record de 382 humanitaires ont été tués. Parmi eux, 32 étaient membres de nos Sociétés de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge, dont 18 du Croissant-Rouge palestinien. Huit autres ont été tués alors qu'ils travaillaient au Soudan. Cette année s'annonce encore pire.Nous ne pouvons pas permettre que ces décès - et toutes ces attaques - soient normalisés. Nous devons rejeter toute idée selon laquelle ils sont inévitables ou font partie des risques du métier. Je suis reconnaissant de l'indignation politique, médiatique et en ligne suscitée par la mort de nos travailleurs le mois dernier. Je la partage. Mais nous devons tous aller plus loin.Tout d'abord, nous devons faire de même lorsqu'un travailleur humanitaire est tué, peu importe l'endroit ou le moment. Trop souvent, lorsqu'un travailleur est originaire de la communauté qu'il sert, l'attention est bien moindre que lorsqu'un travailleur « international » meurt.Deuxièmement, nous devons exiger des gouvernements qu'ils modifient leur comportement et celui de leurs responsables. Quelles que soient les circonstances, les États ont la responsabilité légale de protéger tous les civils, y compris les travailleurs humanitaires. Il doit y avoir des conséquences tangibles pour ceux qui commettent l'atrocité de tuer - par malveillance ou par insouciance - des humanitaires qui tentent de les aider.Troisièmement, les autres gouvernements ont le devoir d'exercer une pression diplomatique et politique sur leurs pairs.Cette semaine, des dirigeants du Croissant-Rouge palestinien se sont rendus de Cisjordanie à New York pour informer le Conseil de sécurité des Nations unies et demander une plus grande protection pour les travailleurs humanitaires. À Genève, j'ai placé la « protection de l'humanité » au cœur de mon engagement auprès des gouvernements, en public comme en privé.Mais à l'IFRC, nous avançons sur une ligne de crête. La neutralité et l’impartialité sont au cœur de notre action – ce sont des principes fondamentaux et constitutionnels de notre organisation. S’en écarter pourrait compromettre notre travail. Notre rôle est de gérer les conséquences, non de désigner les responsables. Même face à des circonstances aussi horribles que celles du mois dernier, ou d’il y a 18 mois en Israël, ni moi ni mon organisation ne désignons de coupables – qu’il s’agisse de personnes, de groupes, d’institutions ou de gouvernements. Vous remarquerez que je ne le fais pas dans cet article, même si d’autres, ici ou ailleurs, le font clairement.Pourquoi ? Parce que nous croyons en l’importance de rester fidèles à nos principes, tout comme nous demandons aux autres de respecter le droit – en particulier le droit international humanitaire. Nous espérons que notre engagement envers la neutralité et l’impartialité donne encore plus de poids à notre voix lorsque nous exigeons justice.Et nous exigeons justice. À Gaza, des enquêteurs indépendants doivent être autorisés à accéder aux lieux et recevoir tous les détails sur ce qui s’est passé il y a deux dimanches, aussi inconfortables soient-ils pour ceux qui les détiennent. Le respect dû aux personnes tuées exige que des conséquences soient appliquées à ceux qui les ont tuées. L’impunité dans un lieu nourrit l’impunité partout. Cela ne peut être toléré.La semaine dernière, la présidente de l'IFRC et moi-même avons envoyé des lettres de condoléances aux familles de trois membres de notre réseau, en République démocratique du Congo et en Syrie. Nous avons pleuré leur perte et, grâce au Fonds familial de la Croix-Rouge, soutenu par l’UE – un fonds dont nous aimerions ne pas avoir besoin –, nous avons offert une modeste contribution financière. Des lettres similaires seront bientôt envoyées aux familles endeuillées à Gaza.Mais bien sûr, des lettres de condoléances arrivent bien trop tard, et sont bien trop peu. Ce qui fera véritablement la différence, c’est un changement profond face au mépris croissant du droit international humanitaire.Je suis indigné. Mais je suis aussi fatigué de l’être. Les travailleurs humanitaires doivent être protégés. Tout simplement, pour l’humanité.
Le Fonds de l'impératrice Shōken annonce des subventions en 2025 pour soutenir des projets de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge dans 17 pays.
La Commission mixte du Fonds de l'Impératrice Shōken (FIS) a annoncé une nouvelle répartition des fonds, d'un montant total de 502 578 francs suisses, qui soutiendront 16 projets menés par 17 Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. La commission est administrée par la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).Les projets retenus couvrent un large éventail de questions, notamment les services de transfusion sanguine, la préparation aux catastrophes, les premiers secours et le sauvetage, la santé, la jeunesse et le développement des Sociétés nationales.Les pays où les projets sont mis en œuvre sont l'Afghanistan, l'Argentine, l'Angola conjointement avec le Mozambique, la Bosnie-Herzégovine, la République démocratique du Congo, l'Équateur, les Fidji, le Ghana, le Guatemala, la Jordanie, le Maroc, la Slovaquie, la Slovénie, la Somalie, Trinité-et-Tobago et la Zambie.L'année dernière, le FIS a reçu 63 demandes pour la 104e distribution de revenus, ce qui représente le plus grand nombre de demandes jamais reçues. En 2024, le FIS a renforcé sa réserve d'initiatives d'innovation en améliorant la rigueur de ses processus de candidature, d'examen et d'apprentissage. Pour ce faire, il a introduit un cadre d'innovation, rendu les critères de sélection plus clairs, fait appel à des experts en innovation pour les évaluations et encouragé l'expérimentation structurée afin de permettre des solutions plus impactantes et reproductibles dans l'ensemble du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.Grâce à ces améliorations, la qualité des candidatures pour 2024 s'est considérablement améliorée, les propositions faisant preuve de plus d'innovation, de clarté et d'alignement sur les priorités du Mouvement.Cette tendance à la hausse confirme la valeur de l'accent mis par le FIS sur l'innovation, l'expérimentation et l'apprentissage, et souligne la nécessité permanente de soutenir les Sociétés nationales lorsqu'elles testent et développent de nouvelles approches pour accroître l'impact de leurs projets humanitaires.D'une valeur totale de plus de 15 millions de francs suisses, le FIS soutient des projets menés par des Sociétés nationales qui profitent aux communautés qu'elles servent de différentes manières. La première subvention du FIS a été accordée en 1921 pour aider cinq Sociétés nationales européennes à lutter contre la propagation de la tuberculose.Depuis lors, plus de 16 millions de francs suisses ont été alloués à 175 Sociétés nationales. Les subventions sont annoncées chaque année le 11 avril, date anniversaire de la mort de Sa Majesté l'impératrice Shōken, l'une des fondatrices de la Société de la Croix-Rouge du Japon.Subventions 2025Don de sang et premiers secoursFidji : Plateforme numérique de don de sangLes Fidji ont du mal à maintenir un approvisionnement stable en sang en raison de lacunes logistiques et d'un faible engagement des donneurs. Cette initiative crée une application mobile qui aidera la Société nationale à gérer les donneurs, à améliorer la communication et à rendre l'expérience du don plus ludique. En tant que premier outil numérique de gestion du sang aux Fidji, elle révolutionnera la sensibilisation et la fidélisation des donneurs de sang. De nombreux petits États insulaires étant confrontés à des problèmes similaires, la solution basée sur l'application est un modèle prometteur et reproductible.Slovaquie : L'éducation numérique de premier secoursLa Slovaquie est l'un des pays d'Europe où les connaissances en matière de premiers secours sont les plus faibles, ce qui entraîne des milliers de décès évitables. Cette initiative introduit la première application et le premier cours numérique gratuit de formation aux premiers secours dans le pays, rendant ainsi accessibles et attrayantes des connaissances qui peuvent sauver des vies. L'innovation réside dans l'élimination des obstacles liés au coût et à l'accès grâce à un apprentissage interactif. Les outils sont numériques de par leur conception et peuvent être partagés ou adaptés à grande échelle dans toute l'Europe.Préparation et réponse aux catastrophesAngola et Mozambique : Réponse aux catastrophes de pair à pairCette initiative marque la première initiative d'apprentissage entre pairs entre deux sociétés nationales lusophones - l'Angola et le Mozambique - dans laquelle chaque société nationale s'appuiera sur les forces de l'autre pour développer conjointement des systèmes de préparation aux catastrophes. Face à des situations d'urgence fréquentes et à des mécanismes de coordination limités, cette initiative introduit des procédures partagées, un système commun de suivi des volontaires et des ateliers de formation conjoints. Elle crée un précédent en matière de renforcement mutuel des capacités et de coopération transfrontalière, offrant un modèle évolutif et reproductible pour d'autres partenariats linguistiques ou régionaux.Trinité-et-Tobago : Drones et systèmes d'information géographique pour la préparation aux catastrophesLes communautés rurales sujettes aux inondations manquent de données sur les risques et de systèmes d'alerte précoce en temps réel. Cette initiative leur permet de disposer de drones et de systèmes d'information géographique pour cartographier les risques au niveau local, et de former des groupes de résilience communautaires à la planification en cas de catastrophe. Il s'agit de la première initiative de ce type dans le pays, qui met des technologies de pointe à la disposition des acteurs locaux. Le modèle est bien placé pour être reproduit dans les petites îles et les zones sujettes aux catastrophes dans le monde entier.Santé et hygièneAfghanistan : Dépistage intégré de la tuberculose et du VIH dans un centre de santé mentaleEn Afghanistan, les patients souffrant de troubles mentaux sont souvent exclus des services de santé traditionnels de lutte contre la tuberculose et le VIH, ce qui accroît le risque de flambées épidémiques. Cette initiative comble cette lacune en intégrant le dépistage dans un centre de santé mentale du Croissant-Rouge, complété par une formation du personnel et des campagnes de lutte contre la stigmatisation. L'innovation réside dans la combinaison des services de santé mentale et de maladies infectieuses sous un même toit, avec un fort potentiel de reproduction dans d'autres centres de santé et dans des contextes de conflit.Argentine : Santé mentale et prévention du jeuLa dépendance aux jeux d'argent en ligne étant de plus en plus forte chez les adolescents, cette initiative menée par des jeunes s'attaque à une crise de santé mentale croissante par le biais de la recherche, de l'éducation à la prévention et de la défense des droits. Il s'agit de la première étude nationale sur les jeux d'argent chez les adolescents en Argentine, qui intègre de manière unique la participation des jeunes à tous les niveaux. La combinaison d'un travail politique fondé sur des données et d'une sensibilisation menée par les pairs offre un modèle qui peut être appliqué dans d'autres pays confrontés à des tendances similaires en matière d'addiction numérique.Guatemala : une vie saine, une communauté saineFace à la recrudescence des cas de dengue, les volontaires guatémaltèques ne sont pas préparés à réagir efficacement. Cette initiative forme les volontaires à la prévention et leur donne les moyens de mener des micro-projets et des campagnes de nettoyage. L'élément innovant de l'initiative est l'utilisation de volontaires comme éducateurs en santé communautaire et leaders d'action, soutenus par des outils numériques de suivi. La structure locale du modèle permet de le reproduire facilement dans d'autres points chauds de maladies à transmission vectorielle.Somalie : Initiative en faveur d'une fabrique de savonLe manque d'infrastructures d'hygiène et la dépendance à l'égard d'importations coûteuses liées à l'hygiène rendent les communautés somaliennes vulnérables aux maladies évitables. Cette initiative met en place une usine de savon gérée par des bénévoles afin de produire localement des produits d'hygiène abordables. L'initiative est innovante dans la mesure où elle associe la fabrication locale à la mise en œuvre de programmes EHA ( eau, hygiène et assainissement) et à l'engagement communautaire. Le modèle à petite échelle, dirigé par des volontaires, est idéal pour être reproduit en Somalie et dans d'autres contextes où les ressources sont limitées.Engagement et autonomisation des jeunesBosnie-Herzégovine : Bourse d'ambassadeurs de l'action climatiqueCe programme ne se contente pas de combler un vide en matière de leadership, il s'oppose directement à l'émigration des jeunes en leur donnant une raison de rester engagés localement. Grâce à des outils tels qu'un manuel du volontaire et des camps de leadership, il systématise l'apprentissage de l'action climatique. Le succès de cette initiative ouvre la voie à sa reproduction par toute Société nationale cherchant à activer le leadership des jeunes en matière de climat.Jordanie : Centre d'activités et d'engagement pour la jeunesseLes jeunes volontaires jordaniens manquent d'espaces structurés et de systèmes pour coordonner l'action humanitaire, ce qui entraîne une faible rétention et des opportunités manquées. Cette initiative met en place un centre dédié à l'engagement des jeunes et un système numérique de gestion des volontaires afin de professionnaliser et de dynamiser la participation des jeunes. Il s'agit du premier centre de ce type en Jordanie, qui associe espace physique, technologie et formation pour créer un vivier de volontaires. Grâce à son organisation modulaire et à sa structure numérique, il peut être reproduit par toutes les Sociétés nationales désireuses d'accroître leur impact sur les jeunes.Slovénie : Faire face au climatL'initiative s'attaque au manque d'implication des jeunes dans les programmes climatiques en leur donnant des outils et des plateformes pour conduire le changement. En intégrant des programmes d'études structurés à des outils numériques et à des canaux de sensibilisation, elle rend l'action climatique tangible et attrayante pour les jeunes. Le format mixte - apprentissage interactif et projets menés par les jeunes - offre une stratégie reproductible pour la mobilisation des jeunes à travers l'Europe et au-delà.Moyens de subsistance et autonomisation économiqueÉquateur: L'hydroponie ludique au service de la sécurité alimentaireL'insécurité alimentaire et le chômage des jeunes augmentent dans les zones rurales de l'Équateur, aggravés par la pénurie de terres et d'eau. Cette initiative utilise l'apprentissage par le jeu pour enseigner l'agriculture hydroponique - en mélangeant la technologie, la nature et l'éducation pratique. Son innovation consiste à rendre l'agriculture durable amusante et accessible, en particulier aux jeunes. L'approche est hautement reproductible, en particulier dans les régions confrontées à des pressions similaires en matière de climat et de système alimentaire.Maroc: Compétences professionnelles pour les femmes ruralesLes femmes rurales de Bab Taza sont confrontées à un taux de chômage élevé en raison du manque d’éducation formelle et de formation professionnelle. Cette initiative prévoit la création d’un centre de formation local proposant des ateliers de couture, de confection et de marketing, afin de transformer les compétences acquises en sources de revenus durables. Elle se distingue par son approche innovante qui relie les compétences techniques à l’entrepreneuriat et au développement de marque, ouvrant ainsi la voie à une autonomie à long terme pour les femmes. Son format modulaire permet également une adaptation facile à d'autres zones rurales de la région.Action pour le climat et durabilité environnementaleGhana : Les femmes vertesLes communautés rurales du Ghana sont confrontées à l'aggravation des impacts liés au climat, à la pénurie d'eau et à la dégradation des sols, les femmes et les jeunes étant souvent exclus des opportunités économiques durables. Cette initiative menée par des femmes répond au besoin urgent d'une agriculture résiliente au climat en proposant une irrigation solaire mobile, le compostage et la plantation d'arbres. Son innovation consiste à combiner les technologies renouvelables avec l'agroforesterie et les compétences commerciales, créant ainsi une résilience à la fois environnementale et économique. Grâce à des unités d'irrigation solaire modulables et à des modules de formation reproductibles, le projet peut être adapté à des communautés agricoles similaires.République démocratique du Congo : Brigade de l'école verteEn raison de la déforestation massive et d'une éducation environnementale limitée, les jeunes de la RDC sont déconnectés de l'action climatique. Cette initiative met en place des brigades scolaires chargées de planter des arbres et de dispenser une éducation à l'environnement, afin de promouvoir le volontariat chez les jeunes et une prise de conscience à long terme des problèmes climatiques. Elle est innovante dans sa façon d'intégrer les valeurs humanitaires dans l'action environnementale au niveau de l'école, et est hautement reproductible dans les écoles et les provinces avec des ressources de base et la coordination de la Croix-Rouge et de la Jeunesse.Zambie : Gestion durable des déchets par les jeunesL'urbanisation rapide et la mauvaise gestion des déchets dans les quartiers informels de Lusaka créent des risques sanitaires et climatiques majeurs, en particulier pour les jeunes. Cette initiative menée par des jeunes s'attaque aux déchets par le recyclage, le compostage et la sensibilisation de la communauté, tout en créant des emplois verts. Son innovation réside dans le fait qu'elle associe l'action environnementale à l'autonomisation économique des jeunes, en s'appuyant sur des outils numériques et des partenariats commerciaux locaux. Le modèle est piloté par la communauté et peut être étendu à d'autres zones urbaines en Afrique.En savoir plus sur l'attribution des subventions du Fonds de l'impératrice Shôken en 2024.
Séisme au Myanmar : un mois après, les besoins restent énormes
Mandalay/Yangon/Kuala Lumpur/Genève, 28 avril - Un mois après le séisme dévastateur de magnitude 7,7 qui a frappé le centre du Myanmar le 28 mars 2025, les besoins humanitaires restent immenses dans un pays qui est à la fois en deuil et confronté à de nouvelles menaces - avec l'arrivée imminente de la saison des cyclones et de la mousson. L'IFRC, la Croix-Rouge du Myanmar et les partenaires de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge continuent de travailler intensément au cœur des communautés les plus touchées pour veiller à ce que les besoins essentiels soient satisfaits.Les conditions sur le terrain restent très difficiles. Plus de 50 000 bâtiments ont été détruits et de nombreux autres se sont partiellement effondrés ou risquent de s'effondrer. Plus de 198 000 personnes ont été déplacées et continuent de vivre à l'extérieur par des températures allant jusqu'à 40 degrés Celsius, avec la peur écrasante de nouvelles répliques. La saison des cyclones au Myanmar commence quelques jours plus tard, exposant les populations côtières à des vents et des pluies violents, laissant les familles face aux risques d'inondations, de glissements de terrain et de chaleur extrême.L'aide humanitaire immédiate reste vitale, et les efforts de l'IFRC se concentrent désormais sur les besoins de relèvement rapide. Il s'agit notamment de l'accès à des abris plus permanents répondant aux besoins fondamentaux des populations, ainsi que de l'accès durable à l'eau et à l'assainissement et du soutien à la restauration des moyens de subsistance détruits. Ces besoins à moyen et long terme deviennent un axe important des efforts de l'IFRC, qui travaille avec la Société de la Croix-Rouge du Myanmar et les partenaires de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, dont le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).L'étendue géographique et l'ampleur de la catastrophe - plus de 1,3 million de personnes touchées dans cinq États et régions du pays - signifient qu'un financement international supplémentaire est nécessaire de toute urgence.L'IFRC a lancé un appel d'urgence de 100 millions de francs suisses immédiatement après la catastrophe, dont la majeure partie sera investie sur deux ans pour venir en aide à 100 000 personnes. Cet appel est lancé dans un pays où la population a été confrontée à de multiples chocs ces dernières années, notamment à des inondations sans précédent il y a seulement sept mois et à des hostilités persistantes. Mais à ce jour, cet appel de la FICR n'est financé qu'à hauteur de 15 %, ce qui laisse un vide considérable.L'IFRC et laCroix-Rouge du Myanmar sont actives depuis le premier jour et continuent de fournir des services humanitaires complets à Bago, Mandalay, Naypyidaw, Sagaing et dans le sud de la province de Shan. La Croix-Rouge du Myanmar a accès à la grande majorité des zones touchées par le tremblement de terre et a procédé à des évaluations rapides des besoins avec l'IFRC et en coordination avec les agences humanitaires. Les principaux besoins identifiés sont les soins de santé, les abris, la nourriture, l'eau et l'assainissement, la fourniture d'argent liquide et d'articles de secours d'urgence, tout en répondant aux besoins spécifiques des jeunes, des personnes âgées et des personnes vivant avec un handicap.À ce jour, plus de 84 000 personnes ont bénéficié de l'aide de la Croix-Rouge du Myanmar. Plus de 20 000 litres d'eau potable sont distribués chaque jour et 250 tonnes d'articles de secours sont arrivées dans le pays. L'IFRC a également déployé 24 membres du personnel d'intervention rapide de son réseau de Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, dont 65 % de femmes. Mais si les besoins immédiats restent critiques, le rétablissement du Myanmar sera un long chemin, avec un soutien international fort nécessaire dans les mois à venir.« L'assistance initiale et la couverture complète des besoins sont essentielles pour permettre aux populations de commencer à reconstruire leur vie et leurs moyens de subsistance dans un contexte où le temps est compté », a déclaré Nadia Khoury, chef de la délégation de l4IFRC au Myanmar.« Avant le tremblement de terre, la Croix-Rouge du Myanmar était déjà présente dans une grande partie des zones sinistrées et continuera de l'être, aidant les communautés dans des camps temporaires, des monastères, des mosquées et des églises. Ses volontaires inspirés et dévoués ont la confiance, la portée et les connaissances locales nécessaires pour faire une réelle différence dans les communautés touchées. Mais il ne s'agit pas seulement de répondre aux besoins immédiats - le chemin vers le rétablissement de ces populations sera long. L'investissement est essentiel, non seulement pour aujourd'hui mais aussi pour l'avenir».Le travail de relèvement constitue la majeure partie de l'appel de 100 millions de francs suisses. Il s'agit notamment de rétablir les moyens de subsistance et la résilience des communautés - aide en espèces et en bons d'achat, abris provisoires, assainissement, soutien à l'agriculture et formation professionnelle. La réduction des risques de catastrophes au niveau communautaire, la santé publique dans les situations d'urgence, la réhabilitation des infrastructures communautaires telles que les cliniques, les écoles et l'accès à l'eau seront également planifiées grâce à des investissements dans les acteurs humanitaires nationaux tels que la Croix-Rouge du Myanmar, qui sont en mesure de fournir l'aide humanitaire la plus efficace et la plus percutante.L'IFRC remercie ses donateurs et ses Sociétés membres de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge pour leur soutien précieux sous forme de ressources en nature et de financement.L'IFRC continue d'appeler les donateurs, les partenaires et la communauté internationale à apporter leur soutien pour répondre aux besoins de la population du Myanmar, aujourd'hui et dans les mois à venir.Pour plus d'informations sur les opérations de secours en cours au Myanmar ou pour organiser une interview, veuillez contacter : [email protected] Yangon:Swe Zin Myo Win,+95 979 595 6050A Kuala Lumpur:Maryann Horne, +61 476 006 007A Genève:Tommaso Della Longa, +41 79 708 43 67 Hannah Copeland, +41 76 236 91 09Note aux éditeursLe matériel audiovisuel est disponible sur ce lien.
L'appel d'urgence de l'IFRC est lancé alors que la crise des rapatriés afghans s'aggrave
Kaboul/Kuala Lumpur/Genève, 2 mai 2025 - Près d'un million d'Afghans ont entrepris le difficile voyage de retour en Afghanistan depuis le Pakistan au cours des 18 derniers mois, avec près de 145 000 personnes rentrant rien que ce mois-ci, soit huit fois plus qu'en février.À leur retour, nombre de ces personnes sont confrontées à des conditions désastreuses, notamment à des abris temporaires surpeuplés pouvant accueillir jusqu'à quatre familles dans une seule tente. L'augmentation sans précédent du nombre de personnes rentrant en peu de temps (on estime que 4 à 6 000 personnes franchissent les frontières chaque jour) met à rude épreuve le système de santé, les services essentiels et les stocks de nourriture déjà fragiles de l'Afghanistan.Dans un premier temps, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) a alloué 750 000 francs suisses de son Fonds d'urgence pour les réponses aux catastrophes (DREF) afin d'aider le Croissant-Rouge afghan à fournir des abris, des soins de santé d'urgence, de la nourriture et de l'eau, autant de ressources de base qui font actuellement défaut.Compte tenu de l'ampleur et de la gravité de cette crise qui ne cesse de s'intensifier, l'IFRC lance aujourd'hui un appel d'urgence global visant à recueillir 25 millions de francs suisses afin de fournir une aide vitale au cours des deux prochaines années, couvrant le soutien au relèvement et à la réintégration, y compris les activités génératrices de revenus, la formation professionnelle et les possibilités de travail rémunéré en espèces.Les fonds de l'appel seront acheminés vers les rapatriés les plus à risque et les plus vulnérables, notamment les femmes enceintes, les enfants non accompagnés, les personnes âgées, les personnes handicapées et les familles sans abri. L'objectif est d'atténuer les menaces telles que la violence sexiste, la malnutrition et la marginalisation sociale, et de veiller à ce que l'aide vitale parvienne à ceux qui en ont le plus besoin.Les défis humanitaires auxquels sont confrontés les rapatriés sont profonds et déchirants. Nombreux sont ceux qui ont sacrifié leurs moyens de subsistance, leurs biens et leur stabilité au Pakistan, pour se retrouver confrontés à d'énormes difficultés à leur retour en Afghanistan. Les enfants, déjà plus exposés, souffrent de malnutrition et ont besoin de toute urgence de soins spécialisés et d'un soutien nutritionnel. Dans de nombreux cas, les familles ont été déchirées au cours de leur périple migratoire, laissant les individus bloqués et désespérés de renouer des liens.Salima*, une mère qui a donné naissance à son bébé au point de passage de Spin Boldak à Kandahar alors qu'elle était en déplacement, a déclaré :« Mes enfants sont nés au Pakistan et n'ont aucune pièce d'identité. Je ne sais pas comment ni où obtenir des cartes d'identité pour eux. Leur éducation a déjà pris beaucoup de retard et je ne sais pas comment les inscrire dans les écoles ici en Afghanistan. Nous n'avons pas d'abri à Kaboul ou à Baghlan. Nous ne savons pas où aller ni comment subvenir à nos besoins quotidiens.»Au-delà de l'aide immédiate, nous devons agir de manière décisive pour apporter un soutien à long terme qui permette aux populations de reconstruire leur vie, d'accéder à l'éducation, de s'assurer des moyens de subsistance et de réintégrer leurs communautés en Afghanistan.Mawlawi Sheikh Shahabuddin Delawar, président par intérim de la Société du Croissant-Rouge afghan, lance un appel vibrant en faveur d'une action rapide :« Les rapatriés sont confrontés à des difficultés insurmontables : beaucoup ont perdu leur maison, leurs moyens de subsistance et leurs proches au cours de leur périple. Les femmes, les enfants, les personnes âgées et les personnes handicapées sont particulièrement vulnérables, et notre priorité absolue est d'assurer leur sécurité et leur dignité. Grâce à cette réponse d'urgence, nous nous engageons à fournir une aide vitale dès maintenant et à apporter un soutien durable qui respecte leur dignité alors qu'ils s'efforcent de reconstruire leur vie ».Ahmed Suliman, chef intérimaire de la délégation de l'IFRC en Afghanistan, a souligné l'urgence de la situation :Voici la traduction en français :« Cette crise évolue à un rythme alarmant et son impact se fera ressentir auprès de millions de personnes déjà vulnérables. Notre priorité immédiate est de fournir une aide essentielle, nourriture, soins de santé et abris, à ceux qui en ont désespérément besoin. Parallèlement, nous nous engageons à collaborer étroitement avec le Croissant-Rouge afghan, les partenaires du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ainsi qu’avec d’autres parties prenantes, afin de mettre en place des solutions durables permettant aux rapatriés de reconstruire leur vie et de se relever de cette crise. »Ahmed Suliman, chef intérimaire de la délégation de l'IFRC en Afghanistan, a souligné l'urgence de la situation : L'IFRC lance un appel pressant à la communauté internationale, aux partenaires et aux donateurs pour qu'ils s'unissent afin de soutenir les Afghans en cette période critique. Votre contribution à l'appel d'urgence peut changer la donne et permettre aux personnes qui rentrent chez elles ou qui sont déplacées de reconstruire leur vie dans la sécurité et la dignité.*Le nom a été modifié pour protéger l'identité.Pour plus d'informations ou pour solliciter une interview: [email protected] Des photos et du matériel audiovisuel sont disponibles ici.En Afghanistan: Sayed Eshaq Muqbel: +93 70 733 6040 A Kuala Lumpur: Afrhill Rances: +60 19 271 3641 A Genève: Hannah Copeland: +41 76 236 91 09
Deux ans plus tard, un survivant du tremblement de terre en Türkiye et en Syrie entrevoit un avenir meilleur, plus sûr et plus sain.
Les tremblements de terre dévastateurs qui ont frappé le sud de la Türkiye en 2023 ont affecté des millions de vies, laissant dans leur sillage destruction et détresse. Parmi les survivants se trouve Canan, une mère de quatre enfants qui, avec sa famille, réside dans une cité de conteneurs à Hatay.L'histoire de Canan est celle d'une persévérance malgré les cicatrices physiques et émotionnelles. « Pendant le tremblement de terre, un mur s'est effondré sur mon visage et mon dos », se souvient-elle. « J'ai été gravement blessée. Cette période a été incroyablement douloureuse. Pendant un certain temps, j'ai été clouée au lit. J'ai suivi de longs traitements. Aujourd'hui, je peux marcher sans déambulateur ».Si Canan a retrouvé sa mobilité après son traitement prolongé, elle a également perdu la vue d'un œil à cause des débris qui lui sont tombés sur le visage. Ce qui l'a le plus affectée, c'est la perte de sa paupière, qui l'a empêchée de fermer l'un de ses yeux.« Je ne supportais pas de me regarder dans le miroir. Je me sentais toujours mal à l'aise de me voir ainsi et je ne voulais pas sortir », a-t-elle déclaré en évoquant la charge émotionnelle que cette expérience lui a fait subir.Pas seulHeureusement, Canan n'a pas eu à affronter seule cet énorme défi. Son rétablissement psychologique a été soutenu par le Croissant-Rouge turc (CRT), qui a offert une aide psychologique aux survivants du tremblement de terre. Ce projet a été réalisé en coopération avec la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC), qui a lancé un appel d'urgence mondial dans les jours qui ont suivi les premiers tremblements de terreElle a également reçu une aide cruciale dans le cadre d'un autre programme mené en collaboration par la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge, qui vise à assurer la sécurité et la protection des personnes qui sont souvent particulièrement vulnérables à la suite d'une catastrophe de grande ampleur - les femmes, les enfants, les personnes âgées et les handicapés.Ces efforts comprennent une aide financière qui peut apporter aux personnes une plus grande stabilité et une plus grande indépendance tout en les aidant à répondre à d'autres besoins urgents tels que les soins de santé, l'accès aux médicaments, les possibilités d'éducation, l'aide juridique ou le soutien psychologique.Ces services réduisent considérablement les risques que les personnes en situation de vulnérabilité subissent d'autres préjudices, soient maltraitées ou exploitées, et ils augmentent considérablement les chances d'un rétablissement complet et digne.Dans le cas de Canan, le programme lui a permis d'accéder à des services de santé pour une physiothérapie et un traitement visant à restaurer la fonction de ses paupières.Bien qu'elle ne puisse toujours pas voir d'un œil, Canan éprouve un immense soulagement et une grande gratitude pour la chance qu'elle a eue de reprendre confiance en elle.« Ils m'ont beaucoup soutenue », dit-elle à propos du Croissant-Rouge. « Je ne voulais montrer mon visage à personne. J'ai même surmonté cela. Aujourd'hui, je suis très confiante. Je suis normale. Un de mes yeux est aveugle, mais j'ai encore beaucoup d'amis et d'êtres chers.A l'aise et confiantUn autre impact important des tremblements de terre a été sa peur intense d'entrer dans les bâtiments, une réaction courante chez les survivants. « Avant, je ne pouvais pas entrer dans des bâtiments en béton. J'étais terrifiée. Mais après avoir reçu un soutien psychologique hebdomadaire de la part du Croissant-Rouge turc pendant plusieurs mois, j'ai commencé à surmonter cette peur ».Canan peut désormais entrer dans les bâtiments, même dans ceux de grande hauteur.« Pour la première fois après le tremblement de terre, je suis même allée dans l'appartement de ma sœur, au 12e étage. Avant le soutien psychologique, je ne sortais même pas. Maintenant, je me sens plus à l'aise, plus confiante. Je me sens beaucoup mieux », a-t-elle expliqué.Les tremblements de terre ont laissé des millions de personnes sans maison ni moyens de subsistance, et les groupes vulnérables ont été particulièrement touchés. Pour des personnes comme Canan, qui ont dû faire face à des défis physiques et psychologiques, ces mécanismes de soutien offrent une bouée de sauvetage cruciale, permettant aux survivants de retrouver leur dignité et de reconstruire leur vie.Une vie meilleure en perspectiveUne enquête récente a montré que le programme d'assistance en espèces a un impact concret et mesurable. Selon l'étude, 88 % des personnes ayant participé au projet ont fait état d'une amélioration de leurs conditions de vie.L'évaluation de suivi du programme, connue sous le nom de suivi post-distribution, révèle que 51 % des participants ont utilisé l'aide fournie pour réduire ou éliminer les risques de protection liés à la santé.Quatre-vingt-quinze pour cent des personnes ont également fait état d'une amélioration de la communication et des relations au sein du ménage, ce qui renforce les avantages sociaux plus larges de l'assistance.Par Sevil ErkuşChargée de communication senior, Délégation de l'IFRC en Turquie
Message sur la journée mondiale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
Le 8 mai, nous commémorons la Journée mondiale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et célébrons l'action humanitaire locale et mondiale. Cette journée est l'occasion d'honorer l'héritage d'Henry Dunant, le volontaire pionnier qui a fondé le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge il y a plus de 160 ans. Mais surtout, nous rendons hommage aux millions de volontaires et d'employés qui travaillent aux côtés des personnes ayant besoin de protection, d'assistance, de soins de santé, d'aide sociale et de solidarité.Face aux conflits armés et à la violence, auxcatastrophes, auxcrisesliées au climat, auxépidémies, à l’insécurité alimentaireet auxdéplacements massifs dans certaines des situations les plus vulnérables du monde, notre engagement à aider autrui reste inébranlable. En ces temps difficiles, les emblèmes de la croix rouge et du croissant rouge que nous portons sont des symboles puissants synonymes de protection pour les personnesen détresse.Leur reconnaissance universelle est essentielle pour protéger les volontaires et les employés du monde entier dans l’exercice de leur mission vitale. Le respect d'une action humanitaire neutre et impartiale est primordial et permet à nos équipes d'accéder aux communautés les plus reculées et les plus menacées en cas de crise.Face aux nombreux défis mondiaux qui se disputent l'attention et les ressources, nous nous engageonsà mettre en lumièreet à traiter les crises oubliées dans le monde. À une époque marquée par la polarisation et la déshumanisation de divers groupes, y compris les migrants, les communautés voisines et même les secouristes, notre Mouvement renforce le principe fondamental d'humanité, en particulier là où il est le plus essentiel pour faire vivre notre humanité.Le respect du droit international humanitaire ne préserve pas seulement l'humanité des personnes touchées par les crises, il préserve notre propre humanité – aujourd'hui et demain. Respecter le droit international humanitaire s’inscrit parmi les valeurs fondamentales du Mouvement et est essentiel pour assurer le bien-être et la dignité de toutes les personnes en détresse.Les volontaires et les employés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sont souvent les premiers à intervenir en cas de crise ou de catastrophe. Dans les coins les plus reculés du globe et dans les contextes les plus difficiles, nos volontaires et nos employés sont des piliers de l'espoir. Chaque jour, ils font vivre l'humanité, en apportant du réconfort aux personnes qui en ont désespérément besoin –en y payant parfois le prix le plus élevé. En cette Journéemondiale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, nous rendons hommage à leur service, à leur bravoure et à leur sacrifice.Au-delà des frontières et de la diversité de nos origines, l'unité de notre Mouvement réside dans notre engagement commun en faveur de l'action humanitaire. Notre travail est ancré dans les principes de neutralité, d'impartialité et d'indépendance. Même dans les moments les plus sombres, chaque acte de bonté est une lueur d'espoir qui promet des lendemains meilleurs.En ce jour, nous nous souvenons avec émotion de nos collègues décédés dans le cadre de notre mission humanitaire et nous présentons nos plus sincères condoléances à leurs proches. Nous exprimons également notre immense gratitude à tous les volontaires et employés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge pour leur dévouement sans faille. Continuons à travailler ensemble pour faire vivre notre humanité.Kate ForbesPrésidente de la Fédération internationaleMercedes BabéPrésidente de la Commission permanenteMirjana SpoljaricPrésidente du CICR
De la vision d'un homme à un réseau mondial
Par Kate Forbes, Présidente de l'IFRCEn ce 5 mai, nous commémorons la création de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC). Cette journée nous invite à faire une pause, non seulement pour célébrer les réalisations de notre réseau mondial, mais aussi pour réfléchir à la vision de l’homme dont la détermination lui a donné vie : Henry P. Davison.Américain lui aussi, Davison n’était pas seulement banquier et philanthrope; il était un homme profondément conscient du poids de la souffrance humaine et du pouvoir de l’unité. À la suite de la Première Guerre mondiale, alors que le monde portait encore les cicatrices d’un conflit à l’échelle planétaire, il comprit l’urgence de rassembler les Sociétés nationales de la Croix-Rouge pour qu’elles œuvrent ensemble, dans un esprit de coopération. C’est cette vision qui donna naissance à la Ligue des Sociétés de la Croix-Rouge — ce que nous appelons aujourd’hui le réseau de l’IFRC.Le génie de Davison ne réside pas seulement dans sa clairvoyance, mais aussi dans sa croyance en notre humanité commune. Il avait compris que la souffrance ne connaissait pas de frontières et que notre compassion ne devait pas en connaître non plus. Il pensait que les Sociétés nationales, quelle que soit leur taille, pouvaient et devaient s'unir dans la solidarité pour répondre aux besoins humanitaires - que ce soit en temps de guerre ou de paix, en cas de catastrophe ou d'urgence de santé publique. Son leadership a ouvert la voie à l'action humanitaire moderne, où les principes guident notre travail, mais où le courage et la coopération le rendent possible.Plus d'un siècle plus tard, son héritage perdure dans tous les coins du monde où des volontaires de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sont présents. Des déserts du Sahel aux montagnes du Népal, des centres urbains aux îles les plus reculées, le réseau de l'IFRC continue de vivre la vision fondatrice de Davison : un réseau d'égaux, agissant localement et unis mondialement.En tant que président de l'IFRC, et en tant qu'Américain, je ressens une fierté et une responsabilité particulières à honorer l'héritage de Davison. C'était un homme d'action, d'une grande clarté morale et d'une détermination sans faille. Et bien que le monde ait changé de manière spectaculaire depuis 1919, l'esprit qui a poussé Davison à agir - la croyance en la dignité de chaque vie humaine - reste inchangé.Aujourd'hui, alors que nous sommes confrontés à des défis nouveaux et de plus en plus complexes, je me remémore souvent la vision d'Henry Davison et je m'efforce de faire en sorte que notre réseau mondial devienne plus fort, plus résistant et plus uni, en dépit de la polarisation et de la division qui caractérisent notre époque. Sa vision n'est pas simplement un artefact historique ; c'est un mandat vivant qui doit façonner notre façon de diriger, de collaborer et de nous occuper des autres.N'oublions jamais que nous sommes sur les épaules de ceux qui nous ont précédés. Il est de notre responsabilité de nous réengager en faveur des idéaux défendus par Davison et de viser un avenir où l'unité, et non la division, définit notre réponse aux problèmes les plus urgents du monde.Puisse l'héritage d'Henry Davison continuer à éclairer notre chemin, aujourd'hui et pour les générations à venir.
Assistance en espèces au Costa Rica et au Panama: L'histoire de deux villes portant le même nom et d'une histoire commune de résilience, de redressement et de solidarité
Ana Grace Solís et Leonel Rodríguez vivent à plus de 800 kilomètres l'un de l'autre et ne se sont jamais rencontrés. Mais ils ont quelques points communs intéressants.Tout d'abord, ils vivent tous deux dans des villes appelées Bebedero, qui, comme leur nom l'indique, sont situées sur les rives d'un fleuve. (En espagnol, bebedero signifie généralement un endroit où les gens peuvent avoir accès à l'eau - une fontaine, un puits ou même une rivière).Deuxièmement, elles ont toutes deux subi les graves conséquences des fortes pluies provoquées par la tempête tropicale Sara en novembre 2024, ainsi que par plusieurs autres systèmes de basse pression qui ont récemment provoqué des inondations historiques en Amérique centrale.Bien que les villes soient éloignées l'une de l'autre - l'une dans la région du Pacifique Nord du Costa Rica et l'autre dans la province de Los Santos, au Panama - elles ont toutes deux été durement touchées.Ce mois-là, plus de 1,1 million de personnes ont été mises en danger par des inondations, des débordements de rivières et des glissements de terrain provoqués par des phénomènes météorologiques extrêmes.C'était une période très effrayante.« On ne sait pas à quelle hauteur l'eau va monter », a déclaré Ana Grace, qui vit à Bebedero, au Costa Rica. "Nous avions l'habitude de regarder l'eau monter et de soulever les objets à une certaine hauteur. Maintenant, chaque fois qu'il y a une inondation, on perd des choses.Le long de la côte pacifique - de Guanacaste et Puntarenas au Costa Rica à Veraguas, Panama Este et la comarca Ngäbe-Buglé au Panama - des communautés entières ont été évacuées, coupées des communications et ont subi de graves pertes économiques.Heureusement, les deux villes ont un autre point commun important : elles ont toutes deux reçu le soutien des équipes locales de la Croix-Rouge avant, pendant et après l'urgence.« Nous leur sommes reconnaissants de leur soutien, car ils ont réussi à se rendre là où nous étions bloqués et à nous apporter l'aide dont nous avions besoin », déclare Leonel, d'El Bebedero, au Panama.Deux opérations, un fonds : IFRC-DREF Ce soutien provenait en grande partie du Fonds d'urgence pour les réponses aux catastrophes (IFRC-DREF), une ressource qui finance des interventions d'urgence rapides en utilisant des fonds déjà fournis par les donateurs en cas d'urgence.Face à cette crise multi-pays, la Croix-Rouge costaricienne et la Croix-Rouge panaméenne, avec le soutien de l'IFRC-DREF, ont mis en œuvre deux opérations humanitaires, une dans chaque pays.Leur réponse comprenait des soins de santé, l'accès à l'eau potable, la protection des plus vulnérables et un outil de plus en plus apprécié pour son impact positif : les transferts d'argent liquide.La Croix-Rouge costaricienne avait pour objectif d'aider 7 500 personnes, en se concentrant sur les provinces de Guanacaste et de Puntarenas. Parmi elles, 4 000 ont reçu des transferts d'argent, une stratégie qui a permis aux personnes touchées par les catastrophes d'établir des priorités et de prendre des décisions concernant leurs propres besoins.Après avoir recensé les ménages les plus vulnérables, la Croix-Rouge costaricienne a organisé la distribution des cartes de débit dans des lieux sûrs et accessibles, tout en respectant la dignité et l'intimité des familles.« Le fait de leur fournir une aide financière permet également aux familles de gérer leurs propres besoins de manière plus indépendante et autonome, mais aussi plus adaptée à leur propre contexte », explique Abigail Lopez, coordinatrice des urgences de l'IFRC-DREF au Costa Rica.Pour Fidel Espinoza, un patient sous dialyse qui a été évacué pendant l'urgence, l'argent lui a permis de remplacer au moins une partie de ce qu'il avait perdu. "J'ai perdu la machine à laver, les chaises, la table et la cuisine. Il ne me reste plus qu'à acheter une machine à laver, car la dame qui m'aide fait la lessive à la main", a-t-il déclaré.La réponse humanitaire de la Croix-Rouge comprend également des foires sanitaires destinées à promouvoir l'hygiène, la gestion des déchets après les inondations et la prévention des maladies. Des kits de nettoyage, des jerrycans pour l'eau potable et des répulsifs ont également été distribués afin de renforcer la capacité des communautés à prévenir de nouvelles crises sanitaires.La Croix-Rouge panaméenne a pu venir en aide à 2 500 personnes grâce à une opération structurée de la même manière que celle de la Croix-Rouge costaricienne.Le processus de distribution de l'aide monétaire a été participatif : des évaluations socio-économiques ont été réalisées, les données des ménages ont été validées, des journées de distribution de cartes de débit ont été organisées et des conseils ont été donnés sur l'utilisation sûre de l'argent. Pendant la distribution, les enfants ont participé à des activités de santé mentale.Les familles ont ensuite investi dans ce qu'elles jugeaient nécessaire : nourriture, médicaments, outils de reconstruction ou fournitures scolaires.« La Croix-Rouge a apporté une aide précieuse à la communauté de Flores, y compris sur le plan émotionnel », a déclaré Marisin Pimentel, qui a été touchée par les inondations. "La Croix-Rouge nous a guidés sur des questions que nous ne connaissions pas au moment des inondations, et nous la remercions du fond du cœur. S'il y a une autre inondation, nous savons déjà ce qu'il faut faire".En savoir plus sur l'aide en espèces et en bons d'achat: Un outil clé de l'action humanitaire moderne qui permet une réponse rapide et flexible, donne aux gens les moyens de prendre leurs propres décisions et stimule les économies locales.En savoir plus sur l'aide en espèces et en bons d'achatDignité, diversité et désirs : L'argent liquide et les bons d'achat en tant qu'aide humanitaire pour les migrantsBelize : Après une saison de sécheresse et d'incendies qui a anéanti les terres agricoles, la Croix-Rouge aide les agriculteurs à semer les graines de la reprise.