Pour de nombreux habitants de l’archipel du Cap-Vert, la nuit du 10 au 11 août 2025 restera à jamais gravée dans les mémoires. Jamais auparavant ils n’avaient été confrontés à une telle dévastation. En l’espace de quelques heures, les pluies torrentielles apportées par la tempête tropicale Erin ont transformé les rues en torrents déchaînés, provoqué des glissements de terrain et détruit des infrastructures vitales.
D’innombrables maisons ont été détruites ou gravement endommagées, et les moyens de subsistance de centaines de familles ont été anéantis. Au moins neuf personnes ont perdu la vie, et des milliers d’autres ont dû trouver refuge chez des proches, des voisins ou dans des abris temporaires après avoir tout perdu.
« Ma maison s’est effondrée en quelques heures. Mes enfants ont tout perdu… et moi aussi », raconte Alcídia dos Reis Fortes, une mère de cinq enfants aujourd’hui hébergée dans une école transformée en centre d’accueil géré par la Croix-Rouge.
Des quartiers entiers d’une zone urbaine ont été emportés par de graves inondations dans la nuit du 10 août.
Photo: Croix-Rouge du Cap vert
Face à une telle destruction, le gouvernement a déclaré l’état d’urgence ainsi que deux jours de deuil national. Les îles de São Vicente et de São Antão comptent parmi les plus durement touchées.
Les volontaires de la Croix-Rouge du Cap-Vert ont été mobilisés dès l’émission des premières alertes.
« Nous avons immédiatement informé les communautés et aidé à évacuer les familles à risque », explique Jamilson José Dos Santos Rodrigues, volontaire, représentant de la jeunesse et actuellement responsable des opérations du comité local de São Vicente. Il est sur le terrain avec une équipe de la Croix-Rouge depuis les premières heures de la catastrophe.
Des équipes de la Croix-Rouge du Cap-Vert mènent des opérations d’évacuation et de secours à la suite des inondations.
Photo: Croix-Rouge du Cap vert
Les inondations ont également provoqué l’effondrement du système central d’approvisionnement en eau, privant ainsi des milliers de personnes d’un accès à l’eau potable. Dans un pays déjà fragilisé par la sécheresse et l’insécurité alimentaire, cette perturbation représente une menace supplémentaire grave : la propagation des maladies hydriques.
« De nombreuses familles n’ont plus rien pour boire ou cuisiner. Nous distribuons des kits d’urgence, de l’eau potable et des vêtements, et nous apportons aussi un soutien psychosocial. Mais les besoins dépassent largement nos capacités », explique Jamilson.
« Aujourd’hui, tous les secteurs vitaux sont touchés — l’abri, l’eau, la santé et l’alimentation. Un soutien international est essentiel pour répondre à l’ampleur de cette crise », souligne Sadrack Matanda, spécialiste en préparation et réponse aux urgences déployé par la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) pour appuyer la Croix-Rouge du Cap-Vert.
Des volontaires de la Croix-Rouge du Cap-Vert apportent des secours aux personnes touchées par les inondations, mais les besoins restent immenses.
Photo: Croix-Rouge du Cap vert
Dans le cadre d’une première réponse, l’IFRC prévoit de débloquer des fonds d’urgence afin d’aider les familles touchées en leur fournissant un abri, des services d’eau et d’assainissement, ainsi qu’un soutien aux moyens de subsistance. Des spécialistes en abris et en eau et assainissement seront également déployés pour renforcer la réponse.
« Nous poursuivons nos évaluations et n’excluons pas de lancer un appel d’urgence pour aider les communautés à surmonter cette crise sans précédent », ajoute Sadrack.
Le 13 août, la Croix-Rouge du Cap-Vert a lancé la campagne nationale #ReconstruirComEsperança (#ReconstruireAvecEspoir) pour soutenir les personnes affectées.