Sécurité alimentaire

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« La vie semble plus stable » : au Zimbabwe, la Croix-Rouge aide les communautés agricoles à faire face à la sécheresse prolongée.

La hausse des températures et des pluies de plus en plus imprévisibles ont profondément transformé le climat du Zimbabwe, où les sécheresses surviennent désormais tous les deux à trois ans, contre une fois par décennie auparavant. Résultat : 2,7 millions de Zimbabwéens vivant en zone rurale sont confrontés à une insécurité alimentaire récurrente.Alors que la crise climatique mondiale s’accélère — frappant le Sud en premier et le plus durement —, les réponses humanitaires évoluent, passant de l’aide d’urgence à la résilience à long terme.« Nous passons désormais d’une approche réactive face aux catastrophes à une approche proactive, tout en renforçant les capacités de nos communautés à être résilientes », explique Thulani Sibanda, responsable provincial à la Société de la Croix-Rouge du Zimbabwe.Ce changement de paradigme est au cœur de la contribution de la Croix-Rouge du Zimbabwe à la campagne Africa Zero Hunger.Récemment lancée par la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC), la campagne Africa Zero Hunger redéfinit les interventions en matière de sécurité alimentaire, en les orientant au-delà de l’aide ponctuelle vers des projets durables menés par les communautés elles-mêmes.« Nos animaux sont plus forts et se vendent à de meilleurs prix… Avec le revenu supplémentaire, nous pouvons payer les frais de scolarité et acheter des intrants pour la prochaine saison. La vie semble plus stable maintenant. »Kelias Munkuli, un agriculteur du village de Siameja, au ZimbabweRenforcer les moyens de subsistanceL’approche du Zimbabwe face à l’insécurité alimentaire repose sur plusieurs interventions concrètes qui allient savoirs locaux, action anticipée et soutien pratique.Le Climate Smart Resilience Project, mis en œuvre par la Croix-Rouge du Zimbabwe dans le district de Binga, au Matabeleland Nord, en est un bon exemple.Grâce aux prévisions El Niño et aux données satellitaires, l’équipe du projet peut orienter les ressources spécifiques vers les communautés concernées avant même que les sécheresses ne frappent.En 2023, alors que les conditions de sécheresse s’aggravaient, le projet s’est concentré sur la protection des moyens de subsistance, notamment à travers la distribution de semences résistantes à la sécheresse, le déparasitage du bétail et la sensibilisation communautaire.Plus de 4 000 ménages ont reçu une formation en agriculture intelligente face au climat ainsi que des lots de semences, et 2 800 bovins ont été vaccinés et déparasités.« La qualité du bétail et la baisse de la mortalité dans ces zones sont visibles comparées à d’autres. Nous avons également formé des para-vétérinaires locaux pour soutenir la santé animale », explique Thulani.« Les communautés pratiquant l’agriculture de conservation avec le mil perlé ont obtenu de meilleurs rendements que dans d’autres régions. Ces réussites encouragent la reproduction du modèle ailleurs. »Les agriculteurs ayant bénéficié de ces interventions ont retrouvé une nouvelle indépendance :« Nos animaux sont plus forts et se vendent à de meilleurs prix », explique Kelias Munkuli, du village de Siameja. « Avec les revenus supplémentaires, nous pouvons payer les frais de scolarité et acheter des intrants pour la prochaine saison. La vie semble plus stable maintenant. »« Grâce à cette aide alimentaire, je peux économiser un peu d’argent pour acheter des livres à mes enfants. Cela me donne l’espoir que nous allons nous en sortir. »Monica Mpande, 52 ans, originaire du village de Mupambe, au Zimbabwe.S’adapter à l’évolution des besoinsLorsque les conditions de sécheresse se sont de nouveau aggravées en 2024, les discussions de groupe menées par la Société de la Croix-Rouge du Zimbabwe ont révélé de profondes inquiétudes au sein des communautés concernant le bien-être des enfants, en particulier les risques croissants de faim et de malnutrition.Le programme d’alimentation scolaire a été lancé pour s’assurer que les enfants confrontés à la faim puissent recevoir des repas nutritifs et enrichis, leur permettant de rester en bonne santé et de continuer à fréquenter l’école. Cette initiative est devenue une bouée de sauvetage essentielle pour protéger les plus vulnérables, en attendant que des solutions à long terme prennent racine.L’intervention a permis de fournir quotidiennement des repas à base de Corn Soya Blend (CSB) à plus de 5 378 enfants. En dehors des écoles, 3 400 familles vulnérables ont également reçu une aide alimentaire vitale.Pour Monica Mpande, 52 ans, qui vit dans le village de Mupambe, cette aide alimentaire représente bien plus qu’un simple repas : elle redonne aux parents les moyens de donner la priorité à l’éducation de leurs enfants.« Grâce à cette aide alimentaire, je peux économiser un peu d’argent pour acheter des livres à mes enfants », confie-t-elle. « Cela me donne l’espoir que nous surmonterons cette épreuve. »Perspectives d'avenirÀ mesure que la campagne Africa Zero Hunger se déploie, la collaboration reste au cœur des efforts : renforcer les moyens de subsistance durables, consolider l’appropriation communautaire et veiller à ce que les stratégies d’adaptation soient conçues avec celles et ceux qui connaissent le mieux leurs terres.« Les communautés sont des acteurs à part entière, pas de simples bénéficiaires de l’aide. Elles sont au centre de notre planification, de nos programmes et de leur mise en œuvre », souligne Thulani.« Nous sommes désormais en mesure de solliciter des fonds pour l’action anticipée afin de lancer la préparation communautaire face aux événements que nous prévoyons, comme la sécheresse de l’an prochain. Nous pouvons commencer dès maintenant à enseigner des pratiques agricoles adaptées, comme l’agriculture de conservation. »Rejoignez-nous pour mettre fin à l’insécurité alimentaire en Afrique. Découvrez la campagne Africa Zero Hunger, partagez nos histoires et contribuez à bâtir des communautés résilientes et autonomes.

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Campagne Faim Zéro en Afrique : une approche post-aide face à l’insécurité alimentaire

L’insécurité alimentaire est une crise croissante sur le continent africain. Beaucoup de ses populations les plus vulnérables dépendent de l’aide d’urgence, qui ne traite en rien les causes systémiques de la faim généralisée.Pour Pierre Kremer, Directeur régional adjoint de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC), bureau régional, la campagne Afrique Faim Zéro représente quelque chose de totalement différent : un passage de solutions à court terme à un investissement dans des solutions durables à long terme.Des solutions fondées sur les savoirs locauxAvec 48 Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, plus de 16 000 branches locales et plus de 16 millions de volontaires profondément ancrés dans les communautés, Kremer et ses collègues bénéficient d’un point de vue unique sur la manière dont la faim est vécue – et combattue – en Afrique.Quand Kremer parle de lutter contre l’insécurité alimentaire, il ne commence pas par des cargaisons d’aide ou des plans imposés d’en haut. Il commence par les personnes.« L’objectif est de donner une voix aux communautés, qui sont les mieux placées pour “concevoir” ou co-créer des solutions répondant à leurs besoins multiples, en s’appuyant sur leurs savoirs locaux », explique-t-il.De cette manière, la campagne Afrique Zéro Faim représente une véritable « banque de solutions » : une collection grandissante d’initiatives éprouvées, menées par les communautés, qui démontrent ce qui fonctionne concrètement contre l’insécurité alimentaire. Qu’il s’agisse de programmes de partage de bétail au Rwanda ou de Clubs des mères au Nigeria, ces solutions sont pratiques, reproductibles et transforment déjà des vies.« Cette campagne reflète une approche post-aide, axée sur des solutions durables générées par les communautés elles-mêmes », explique Kremer.Former une coalition de ceux qui veulent agirMais pour que ces solutions locales dépassent le cadre d’un seul village ou district, elles ont besoin de plus qu’une simple reconnaissance. Elles nécessitent des investissements, des partenariats et une volonté politique.« L’objectif est de créer une coalition de volontaires, allant des communautés locales aux gouvernements nationaux et aux acteurs mondiaux, en travaillant aux côtés des institutions africaines, du secteur privé et des agences onusiennes, afin d’intensifier les efforts vers l’objectif Zéro Faim », explique Kremer.La première phase de la campagne est déjà en cours, avec la documentation d’études de cas, de supports médiatiques et d’histoires communautaires dans six pays prioritaires : le Kenya, l’Éthiopie, le Mali, la République démocratique du Congo, le Zimbabwe et le Nigéria.Le plan à moyen terme est d’élargir cette démarche pour en faire une plateforme numérique multi-agences. Ce hub digital servirait de siège à la « banque de solutions », un espace où les Sociétés nationales pourraient déposer leurs initiatives, et où les donateurs, investisseurs et partenaires pourraient entrer directement en contact avec elles.Ce qui manque, ce ne sont pas les idées, mais bien le soutien nécessaire pour les développer. Créer une banque de solutions offre une plateforme clé en main pour que les gouvernements, les donateurs et les partenaires appuient ce qui fonctionne, directement au niveau communautaire. Pour Kremer, cela nous permettra d’aller au-delà de l’aide et de poser les fondations d’une sécurité alimentaire durable à travers toute l’Afrique.Façons de s’impliquerVous pouvez contribuer à faire passer les solutions communautaires d’une seule communauté à beaucoup d’autres.Les donateurs peuvent soutenir directement AFrique Faim Zéro et aider à transformer les solutions locales en changements à grande échelle. Et si donner n’est pas une option, vous pouvez tout de même avoir un impact en partageant ces histoires, en suscitant des conversations et en ajoutant votre voix à l’appel pour le Zéro Faim en Afrique.Rejoignez la campagne Zéro Faim:Afrique Zéro faim: Unis pour des solutions durablesFaire face aux tendances alarmantes de l’insécurité alimentaire en Afrique : le regard d’un expertDe l’aide d’urgence à la résilience à long terme : lancement de Africa Zero Hunger

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Africa Zéro Faim : le parcours inspirant des agricultrices de Mtakuja

Dans le paysage calme et aride du village de Mtakuja, dans le comté de Taita Taveta, au Kenya, l’agriculture a toujours représenté un défi majeur. La chaleur est souvent extrême, le sol sec et les pluies se font attendre pendant des mois. Pourtant, au milieu de ces difficultés, un esprit de résilience s’épanouit.Au cœur de cette transformation se trouvent des femmes comme Margaret, agricultrice et mère, dont la voix posée et tranquille porte le poids de longues années de dur labeur. Il n’y a pas si longtemps, chaque jour était synonyme d’inquiétude. Acheter de la nourriture signifiait souvent emprunter de l’argent qu’elle ne pouvait pas rembourser, et les échecs répétés des récoltes rendaient ses efforts vains.Le tournant est survenu lorsqu’elle et un groupe local de femmes, le Friends Women Group dont elle fait partie, ont bénéficié du soutien du Projet intégré de sécurité alimentaire, mis en place par la Croix-Rouge du Kenya.Le projet accompagne plus de 1 000 agriculteurs, qui reçoivent des formations et un appui dans divers domaines agricoles — notamment l’élevage de chèvres gala, la volaille, l’apiculture, l’horticulture, le tournesol et les légumes.Dans le cas du groupe de Margaret, le programme a offert à chacune des huit membres une chèvre femelle, tandis que le groupe partageait un bouc pour la reproduction. Ce qui paraissait être un don modeste est devenu le socle d’un moyen de subsistance plus résilient.« Faire partie du Friends Women Group m’a vraiment aidée. Cela m’a donné un sentiment d’appartenance et de soutien », dit-elle. « Je peux partager des idées avec mes camarades, et je me sens toujours encouragée à persévérer, même quand les difficultés surviennent. »En faisant reproduire ses chèvres, Margaret est rapidement devenue l’heureuse propriétaire de huit animaux en bonne santé. Grâce à ce troupeau, elle fournit désormais du lait frais à sa famille et en vend occasionnellement une partie pour acheter du sucre ou du savon. « Je savoure mon lait de chèvre à chaque tasse de thé que je bois », dit-elle avec un sourire, sa fierté étant indéniable.Du parcours difficile à la gestion économeLe Projet intégré de sécurité alimentaire est l’une des nombreuses initiatives soutenues par la campagne Africa Zéro Faim, récemment lancée par la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC).Cette campagne promeut des solutions durables menées par les communautés et appelle à un investissement urgent dans des programmes durables qui s’appuient sur la résilience locale pour s’attaquer aux causes profondes de l’insécurité alimentaire sur le continent.Dans ce cas précis, les dons à la campagne Africa Zéro Faim permettraient à la Croix-Rouge du Kenya d’élargir le projet afin de toucher davantage d’agriculteurs et d’étendre son impact à d’autres zones touchées par la sécheresse, transformant ainsi une solution éprouvée en un mouvement plus large pour la sécurité alimentaire.Des projets comme celui-ci fonctionnent d’autant mieux lorsqu’ils sont associés à d’autres initiatives microéconomiques communautaires qui autonomisent les agriculteurs locaux. Dans le cas de Margaret, par exemple, elle a rejoint une Association villageoise d’épargne et de crédit (AVEC/VSLA), où elle a appris à épargner, contracter de petits prêts et investir judicieusement. Avec ses revenus, elle a commencé à cultiver du chou kale dans sa cour. Grâce aux techniques de conservation de l’eau acquises dans le cadre du programme, son petit jardin reste vert même lorsque l’eau est rare.« En utilisant des semences améliorées de chou kale, combinées à la formation que j’ai suivie, j’ai acquis les connaissances et les compétences nécessaires pour mieux prendre soin de mes cultures. Ces pratiques ont rendu mon agriculture plus productive », explique-t-elle.Une résilience éprouvée à chaque étapePlus tôt cette année, Margaret a connu un revers douloureux lorsque des éléphants ont envahi Mtakuja et détruit tout son jardin de chou kale en une seule nuit. Cette perte a été un rappel brutal du conflit persistant entre l’homme et la faune sauvage dans la région. Pourtant, elle a refusé d’être découragée. Déterminée, elle s’est fixée pour objectif de replanter et de reconstruire avec encore plus de détermination.Aujourd’hui, la maison de Margaret respire l’espoir. Des rangées de chou kale bordent à nouveau sa cour, tandis que le doux bêlement des chèvres emplit l’air. Un petit seau de lait repose souvent à côté de légumes fraîchement récoltés. Chaque scène raconte une histoire d’effort, de persévérance et de renouveau.Cet esprit de changement se répand à travers Mtakuja. Grâce au modèle des AVEC (Associations villageoises d’épargne et de crédit – VSLA) et à la solidarité au sein du Friends Women Group, de plus en plus de femmes épargnent, investissent et assurent un avenir meilleur à leurs familles.Désormais, le Projet intégré de sécurité alimentaire touche environ 1 500 agriculteurs au total. Parmi eux, quelque 350 élèvent des chèvres, tandis que les aviculteurs ont été formés à l’utilisation d’incubateurs solaires pour accroître la production d’œufs et produire des aliments pour volailles durables, destinés à la consommation comme à la vente.Les producteurs de tournesol, dont beaucoup travaillent dans des zones dépendantes de la pluie, s’apprêtent à bénéficier d’une nouvelle unité de transformation d’huile de tournesol, qui valorisera leurs récoltes et augmentera leurs revenus.Margaret ne vit plus sous la menace de l’insécurité alimentaire. Ses enfants, désormais adultes, l’ont rejointe dans l’agriculture, prenant soin des chèvres et des cultures, transformant l’agriculture en une force familiale partagée. Les femmes d’ici ne sont plus seulement des agricultrices. Elles sont devenues des piliers de résilience et de progrès dans leur communauté.Histoire et Photos de Gidraph Mbugua GitemaImpliquez-vous et faites la différence:Rejoignez la campagne Zéro Faim et aidez les communautés vulnérables à emprunter la voie de la résilience

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De l’aide d’urgence à la résilience durable : Lancement de l’initiative « Afrique Zéro Faim »

Le 19 août 2025, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) a officiellement lancé la campagne « Afrique Zéro Faim: Unis pour des solutions durables » — un vaste mouvement panafricain audacieux visant à transformer notre manière de répondre à l’insécurité alimentaire.Animé par la journaliste primée Victoria Rubadiri, le lancement virtuel a réuni des décideurs politiques, des responsables humanitaires, des innovateurs de terrain et des partenaires partageant une vision commune : un avenir où les communautés les plus durement touchées par l’insécurité alimentaire deviennent elles-mêmes actrices de la solution. Cliquez ici pour regarder le lancement officiel de la campagne Afrique Zéro Faim et découvrir les échanges d’experts sur ce que signifient, concrètement, des solutions durables menées par les communautés.Pourquoi maintenant?Les chiffres sont saisissants. Plus de 282 millions de personnes souffrent de sous-alimentation en Afrique subsaharienne, soit près d’un tiers de la population mondiale en insécurité alimentaire. Rien qu’en 2024, 173 millions de personnes ont été confrontées à une insécurité alimentaire aiguë ou pire, les femmes et les enfants étant touchés de manière disproportionnée.Cette situation n’est pas simplement le résultat de mauvaises récoltes ou de crises passagères. Elle découle de défis structurels profonds : chocs climatiques, conflits violents, déplacements, systèmes alimentaires et de protection sociale fragiles.Mais cette crise représente aussi une opportunité : celle de réinventer l’approche humanitaire. Les modèles d’aide traditionnels peinent à avoir un impact durable, pourtant à travers l’Afrique, des communautés conçoivent, dirigent et développent déjà des solutions efficaces. La campagne Zéro Faim vise à accélérer et à répliquer ces efforts.Regardez cette vidéo pour en savoir plus sur la crise alimentaire qui se déroule actuellement à travers l’Afrique.Qu'est ce qui rend cette campagne différente?L’IFRC et son réseau de 191 Sociétés nationales, comprenant plus de 16 millions de volontaires dans le monde, occupent une position unique pour faire le lien entre les connaissances locales et un impact à grande échelle.« C’est un tournant », a déclaré Pierre Kremer, Directeur régional adjoint de l’IFRC Afrique. « Nous passons de l’aide alimentaire de courte durée à un changement durable, porté par les communautés. Pour l’Afrique, c’est un appel à l’unité pour mettre fin à la faim, en s’appuyant sur l’ingéniosité locale, les pratiques climato-intelligentes et des moyens de subsistance durables. »Des clubs de mères au Nigéria qui réduisent la malnutrition à une fraction du coût des programmes d’aide traditionnels, aux initiatives intégrées de sécurité alimentaire et de moyens de subsistance au Kenya qui associent agriculture climato-intelligente, épargne et programmes de santé — la preuve est déjà sur le terrain.Le lancement de la campagne Zéro Faim n’est que la première étape. Dans les mois à venir, nous publierons une newsletter régulière qui vous apportera :Des mises à jour sur les progrès réalisés dans les six pays de lancement : Kenya, Éthiopie, RDC, Mali, Nigéria et ZimbabweDes portraits d’innovateurs locaux — des agricultrices aux jeunes activistes climatiques, en passant par les volontaires sur le terrainDes données probantes et des témoignages d’impact, montrant comment des solutions durables transforment des viesDes opportunités pour vous impliquerInscrivez-vous à la newsletter en cliquant ici.Notre objectif ? Atteindre 60 millions de personnes vulnérables dans 15 pays d’ici 2030 et démontrer que des solutions durables, menées localement, peuvent être mises à l’échelle de manière pérenne.C’est le moment pour l’Afrique de montrer la voie, mais un changement durable exige une action collective des gouvernements, bailleurs, investisseurs du secteur privé, société civile, médias et diaspora africaine.Rejoignez-nous. Partagez la vision. Investissez dans des solutions durables.Visitez le site de la campagne pour en savoir plus, découvrir des témoignages et vous engager.

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Du grain au gain: une histoire d’autonomisation des femmes et de sécurité alimentaire au Cameroun

À première vue, Kartoua pourrait sembler n’être qu’un village rural comme les autres dans le département du Mayo-Danay. Mais cette communauté frontalière, vulnérable aux inondations saisonnières et à l’insécurité alimentaire, est devenue le théâtre d’une révolution silencieuse menée par des femmes.Douze femmes se sont regroupées pour former le Groupe d’Initiative Commune (GIC) Soubota. Leur mission : lutter contre la rareté alimentaire en créant une banque céréalière qui achète du mil et du riz à bas prix après les récoltes, les stocke, puis les revend pendant la période de soudure à des tarifs abordables et accessibles à la communauté.« Au début, beaucoup ne croyaient pas en nous, surtout les hommes, » raconte Ahmadou Sergeline, mère de neuf enfants, agricultrice et présidente de la banque céréalière féminine de Soubota. « Mais avec le temps, en voyant comment nous aidions le village, tout a changé. Même mon mari me soutient désormais et me conseille. »De la rareté à une stratégie durable« Quand les inondations ont frappé, le mil est devenu introuvable, » se souvient Sergeline. « Mais grâce au soutien de la Croix-Rouge, nous avions 20 sacs prêts. Chaque matin, les femmes faisaient la queue avec de petits bols, achetant juste de quoi nourrir leurs enfants. »Ce soutien est arrivé à un moment crucial. La Croix-Rouge camerounaise a fourni au groupe de femmes 20 sacs de mil, ainsi qu’une formation en gestion des stocks et en comptabilité de base.« Avant, nous ne tenions pas de registres appropriés. Maintenant, nous avons des cahiers pour tout — ce qui entre, ce qui sort et ce qui appartient à qui. Les gens nous confient même leurs propres sacs de céréales, que nous stockons en toute sécurité contre une petite redevance. »L’équité avant tout : nourrir les plus vulnérables« Nous avons établi des règles pour protéger les plus pauvres, » explique Sergeline. « Nous avons limité les achats à quatre mesures par ménage et refusé de vendre aux acheteurs plus aisés qui ne cherchaient qu’à faire des bonnes affaires. Nous connaissons notre communauté. Nous savons qui a réellement besoin d’aide. »Les céréales sont vendues directement à l’entrepôt, toujours en dessous des prix du marché. Cette tarification solidaire a permis aux veuves, aux personnes âgées et aux ménages dirigés par des femmes de traverser la période de soudure dans la dignité.Le stock initial n’était qu’un début. Les revenus des premières ventes ont servi à acheter 45 nouveaux sacs de riz, permettant ainsi de poursuivre le cycle. Après avoir partagé les dividendes issus des ventes, le groupe a décidé de réinvestir l’intégralité des bénéfices dans le prochain approvisionnement en céréales.« Nous avons tout remis dans le stock, car nous avons constaté que la demande était encore plus forte que prévu, » précise Sergeline.Normalement, les bénéfices seraient répartis de manière transparente entre les différents comités responsables de diverses activités :50 % au comité de gestion (fonctionnement quotidien du GIC),30 % au comité d’hygiène communautaire,20 % au réapprovisionnement en céréales.Mais dans un bel élan de responsabilité collective, l’ensemble du comité a accepté de réinvestir ses parts, renforçant ainsi le cycle suivant du groupe.Plus que du grain : un espace de croissance et de leadershipLes banques céréalières comme celle de Kartoua font partie des nombreuses initiatives soutenues par le Partenariat programmatique entre le réseau de l’IFRC et l’Union européenne. Ce partenariat offre un financement stratégique, flexible, prévisible et à long terme, permettant aux Sociétés nationales d’agir avant qu’une crise ou une urgence sanitaire ne survienne. Il est mis en œuvre dans 24 pays à travers le monde.Dans ce cas, la Croix-Rouge camerounaise travaille également aux côtés du Groupe d’Initiative Commune (GIC) Soubota pour soutenir leurs activités, avec l’appui des équipes de la Croix-Rouge française qui interviennent comme partenaire de mise en œuvre.Pour Sergeline et les femmes de Kartoua, la banque céréalière est devenue un espace sûr — une plateforme pour apprendre, grandir et exercer un leadership.« Quand nous nous réunissons, nous ne parlons pas seulement de mil. Nous parlons de la gestion de nos foyers, de l’éducation de nos filles, du renforcement de nos mariages. J’ai sept filles. Je veux qu’elles voient que les femmes peuvent aussi diriger. »La formation et l’accompagnement fournis par les équipes de la Croix-Rouge ont permis d’autonomiser les femmes non seulement sur le plan technique, mais aussi sur les plans émotionnel et social.« Ils ne nous ont pas seulement apporté du grain. Ils nous ont apporté du respect. Ils nous ont écoutées. Ils nous ont vues non pas comme des bénéficiaires, mais comme des partenaires. »« Ce n’était pas seulement de la nourriture. C’était de la dignité, » ajoute Marie, une grand-mère qui a acheté des céréales à la banque pendant la période de soudure. « Je n’ai pas eu à mendier. J’ai acheté ce que je pouvais me permettre, et j’ai nourri mes petits-enfants. »« Nous demandons plus de soutien, » déclare Sergeline. « Pas seulement pour nous, mais pour tout le village. Les besoins sont immenses. Mais la solution est ici — il suffit de la renforcer. »Son rêve est clair : faire en sorte qu’aucune famille ne souffre de la faim lors de la prochaine inondation ou de la prochaine période de soudure. Entre les mains de femmes comme Sergeline, un sac de mil devient un bouclier contre la faim, un symbole de dignité et une semence pour l’avenir.

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Communiqué de presse

L’IFRC lance la campagne Faim Zéro pour promouvoir une sécurité alimentaire durable à travers l’Afrique

Nairobi, Kenya, 19 août 2025 – La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) a officiellement lancé sa campagne « Faim Zéro en Afrique : Unis pour des solutions durables », marquant une étape audacieuse dans la redéfinition de la lutte contre la faim en Afrique.La campagne a été dévoilée ce 19 août 2025 lors d’un événement virtuel animé par la journaliste primée Victoria Rubadiri, réunissant des dirigeants africains, des acteurs humanitaires et des innovateurs communautaires venus de tout le continent.Sa mission: aller au-delà de l’aide à court terme et investir dans des solutions durables, menées par les communautés, qui renforcent les systèmes locaux, s’adaptent au climat et aux conflits, et apportent un changement résilient et pérenne.Une crise systémique, une opportunité collectiveEn Afrique subsaharienne, plus de 282 millions de personnes souffrent de sous-alimentation — soit près d’un tiers de la population mondiale en insécurité alimentaire. Rien qu’en 2024, 173 millions de personnes ont été confrontées à une insécurité alimentaire aiguë ou pire, les femmes et les enfants portant le fardeau le plus lourd.Cette crise trouve son origine dans des facteurs structurels profondément enracinés — chocs climatiques, conflits, déplacements, faiblesse des systèmes alimentaires et de protection sociale. Mais elle représente aussi une occasion historique de repenser notre manière de répondre.La campagne Faim Zéro : Unis pour des solutions durables appelle à un changement de cap, passant d’une aide à court terme à des solutions communautaires, portées par les Africains eux-mêmes, et qui construisent une résilience à long terme.« C’est un tournant », déclare Pierre Kremer, Directeur régional adjoint de l’IFRC pour l’Afrique. « Nous passons de l’aide alimentaire ponctuelle à un changement durable, porté par les communautés. Pour l’Afrique, c’est un appel à l’unité pour mettre fin à la faim, en s’appuyant sur l’ingéniosité locale, les pratiques climato-intelligentes et des moyens de subsistance durables. »Solutions durables, leadership africainLancée au Kenya, en Éthiopie, en RDC, au Mali, au Nigéria et au Zimbabwe, la campagne s’appuie sur l’ODD 2, l’Agenda 2063 de l’Union africaine et la Déclaration de Malabo. Elle vise à atteindre 60 millions de personnes vulnérables dans 15 pays d’ici 2030.La campagne Faim Zéro orientera les investissements vers :Agriculture climato-intelligente et restauration des écosystèmesAccès au financement et aux marchésProtection sociale dirigée par les communautésCoopératives dirigées par les femmes et les jeunesSystèmes intégrés d’alimentation, de santé et de nutritionDu lancement à l’actionL’IFRC impulse cette transformation à travers son réseau de Sociétés nationales africaines et plus d’un million de volontaires de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ancrés dans les communautés. Ces volontaires, intégrés aux systèmes locaux et dignes de confiance aux yeux de leurs communautés, contribuent à mettre à l’échelle des approches éprouvées et conçues localement pour renforcer la sécurité alimentaire.Et après ?Le lancement est peut-être terminé, mais la mission ne fait que commencer : l’IFRC appelle les gouvernements, les bailleurs, le secteur privé, la société civile, les médias et la diaspora africaine à contribuer à l’expansion et à la réplication de ces solutions.Le message de la campagne est clair : la Faim Zéro commence avec nous.Faites passer le message et suivez les mises à jour de la campagne :https://bit.ly/AfricaZeroHunger Pour plus d’informations ou pour demander une interview, veuillez contacter :[email protected] vous engager, veuillez contacter :[email protected] Naïrobi:Susan Nzisa Mbalu: +254 733 827 654A Genève;Tommaso Della Longa: +41 79 708 43 67Hannah Copeland: +44 7535316633

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Afrique Zéro Faim: Unis pour des solutions durables

Plus de 282 millions de personnes à travers le continent souffrent de sous-alimentation, et l’Afrique subsaharienne représente à elle seule près d’un tiers de l’insécurité alimentaire mondiale. Le Réseau de l'IFRC, en partenariat avec les gouvernements, les donateurs et les leaders communautaires, vise à développer des solutions communautaires et intelligentes face au climat pour combattre la faim à la source. Ensemble, nous pouvons briser ce cycle et rapprocher l’Afrique de l’objectif Zéro Faim.

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Bénin et Togo : Brûler moins, planter plus et lutter contre le changement climatique un repas à la fois - bienvenue au « Club des mères ».

Dans les coins les plus reculés du Bénin et du Togo, une transformation est en train de s'opérer.Avec le soutien des Sociétés de la Croix-Rouge du Bénin et du Togo, des groupes de mères ont uni leurs forces pour mettre en œuvre des interventions qui changent la vie et atténuent les effets du changement climatique, luttent contre la déforestation, améliorent la nutrition et la santé des populations.Bienvenue dans les clubs de mères du Bénin et du Togo, où des femmes s'associent à des volontaires locaux, à de jeunes étudiants, à des enseignants et à d'autres personnes pour réduire la consommation de carburant, planter des arbres et cultiver des plantes adaptées à des saisons de croissance plus courtes,L'un des principaux projets concerne la façon dont les aliments sont préparés dans de nombreuses communautés rurales.Les femmes des clubs de mères, par exemple, sont formées à la fabrication et à l'utilisation de fourneaux améliorés, qui réduisent la consommation de bois de chauffage et les fumées nocives. Cette innovation ne facilite pas seulement leurs efforts quotidiens, mais freine également la déforestation et la pollution de l'air.« Auparavant, nous utilisions des poêles en pierre qui nous causaient beaucoup de problèmes », explique Dgniri Ouseni, un membre de la communauté de Kara, au Togo. « Ces poêles consommaient beaucoup de bois de chauffage, qui se faisait de plus en plus rare.« Avec ces nouveaux poêles à haut rendement énergétique, un seul morceau de bois suffit pour faire cuire un repas. Nos difficultés ont été réduites.Au-delà des fourneaux améliorés, la formation à la préparation aux catastrophes, à la culture de semences à cycle court et au reboisement a permis aux communautés de s'attaquer de front aux défis climatiques.Les clubs de mères ne sont pas uniques au Togo et au Bénin. Créés par des femmes au sein des communautés locales avec le soutien de la Croix-Rouge, ils répondent aux défis particuliers auxquels leurs communautés sont confrontées.Au Nigeria, les clubs de mères s'attaquent à la malnutrition aiguë en enseignant aux nouvelles mères l'importance de l'allaitement maternel et de meilleures façons d'utiliser les céréales locales. Les membres des clubs de mères deviennent également des volontaires de la Croix-Rouge et ont généralement un coordinateur de la Croix-Rouge qui soutient leurs activités.Au Bénin, elles ont également soutenu les efforts visant à planter plus de 21 000 arbres dans les écoles, les villages et les zones communales. Ces arbres sont de véritables multitâches : Ils luttent contre l'érosion des sols, apportent des avantages nutritionnels et économiques et sont des symboles d'espoir.« Ils ont accueilli l'initiative avec enthousiasme. Le jour où nous avons commencé à planter les arbres, nous n'avons pas pu gérer l'affluence, tout le monde voulait participer, y compris les enseignants », se souvient Fagnihou Kokouvi, directeur adjoint du CEG d'Abomey.Les avantages des arbres ne se limitent pas au présent.« L'impact sur les générations futures est évident », note Frabrice Soutin, président local de la Croix-Rouge à Abomey. « Dans deux ou trois ans, les enfants qui se trouvent sur ce terrain bénéficieront de l'ombre de ces arbres qui les protégeront du soleil».Dans les deux pays, les volontaires et les dirigeants communautaires ont reçu une formation sur la préparation aux catastrophes, la résilience climatique et la gestion des ressources naturelles.Au Togo, la Croix-Rouge togolaise a soutenu 920 membres de clubs de mères et de comités d'hommes, les sensibilisant à l'environnement et aux pratiques durables.« Les clubs de mères ont été formés aux techniques de fabrication de foyers améliorés et à la manière d'éviter d'abattre des arbres inutilement », explique Addom Aklesso, responsable du projet pour la Croix-Rouge togolaise. « Elles ont également appris à surveiller les indicateurs locaux qui signalent les inondations, afin de pouvoir préparer leurs villages ».Outre ces interventions axées sur le climat, les ménages déplacés et les familles vulnérables du nord du Bénin ont reçu une aide vitale, notamment des kits alimentaires, des ustensiles de cuisine et des moustiquaires.La formation aux semences à cycle court comme le maïs et les tomates - qui produisent des fruits relativement rapidement - a renforcé la sécurité alimentaire malgré des conditions météorologiques de plus en plus imprévisibles qui ont raccourci la saison de croissance habituelle.Financés par le Bureau des affaires humanitaires de l'USAID et soutenus par la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ces projets ont touché des milliers de personnes, qu'il s'agisse de volontaires, de clubs de mères, d'écoliers ou de familles déplacées.Pour Aklesso Quentin Adom, qui dirige le projet pour la Croix-Rouge togolaise dans le nord du Togo, les progrès réalisés jusqu'à présent lui donnent de l'espoir.« Si toutes ces plantes sont entretenues et qu'elles arrivent à maturité, cela nous permettra d'avoir une bonne pluviométrie dans la localité, dans la région », explique-t-il. « En outre, les communautés seront plus résilientes, la pauvreté sera réduite parce qu'au niveau des clubs de mères et des comités d'hommes, nous identifierons les activités génératrices de revenus des membres pour leur permettre de participer aux besoins du ménage. C'est l'impact à long terme que toutes ces interventions auront sur les communautés locales ».

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Urgence

Syrie : Une situation d'urgence complexe

La crise humanitaire en Syrie s'est fortement aggravée suite à l'intensification des hostilités depuis fin novembre 2024, entraînant des déplacements massifs de population, la destruction des infrastructures et de graves pénuries de services de base. Les dons à cet appel d'urgence permettront au Croissant-Rouge arabe syrien de fournir une assistance vitale, notamment de la nourriture, des abris, des services de santé et de protection à 5 millions de personnes à travers la Syrie.

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Zimbabwe : un projet hydraulique offre un jardin d'espoir dans une région frappée par la sécheresse

Patience Makuya, 37 ans, mère de sept enfants, est l'une des nombreuses femmes qui ont subi de plein fouet les effets d'une sécheresse dévastatrice qui a transformé des champs autrefois fertiles en étendues stériles.Déclenchée par le phénomène climatique El Niño, la sécheresse a ravagé l'Afrique australe, laissant des millions de personnes confrontées à l'insécurité alimentaire et à la pénurie d'eau.À Mwenezi, dans la province de Masvingo, un district réputé pour ses précipitations irrégulières et ses températures élevées, l'impact a été particulièrement sévère. Plus de 80 % de la région a reçu des précipitations inférieures à la moyenne, ce qui a entraîné de nombreuses mauvaises récoltes et aggravé la crise de la faim.Pour des femmes comme Patience, la lutte quotidienne pour la survie est devenue une dure réalité - bien qu'un système d'irrigation et un jardin nouvellement créés atténuent maintenant la pression sur de nombreuses familles. « Avant ce système d'eau courante et ce jardin, nous devions parcourir de longues distances pour aller chercher de l'eau et laisser nos enfants souffrir de la faim toute la journée », se souvient Patience. « Nous n'avions pas de légumes à donner à nos enfants pour qu'ils les mangent avec la sadza, alors nous achetions du sucre pour qu'ils le mangent avec la sadza.Cette triste réalité est partagée par de nombreuses personnes à Mwenezi, où la sécheresse a poussé l'insécurité alimentaire à des niveaux alarmants, près de la moitié de la population étant aux prises avec une faim sévère.»Un pipeline d'espoirConsciente de la gravité des besoins à Mwenezi, la Croix-Rouge du Zimbabwe, avec le soutien de l'IFRC, a lancé plusieurs projets visant à atténuer l'impact de la sécheresse.L'un de ces projets est le Gudomutovhoti Piped Water Scheme, un réseau de canalisations de 2 km mis en service en mai 2024, qui a apporté au district l'eau dont il avait tant besoin, transformant ainsi des vies.Le réseau de canalisations alimente le jardin nutritionnel de 1,5 hectare, où Patience et de nombreuses autres femmes issues de 100 foyers s'occupent avec diligence des parcelles qui leur ont été attribuées.Pour Patience et les femmes de la communauté de Gudomutovhoti, dans le quartier 14, sous la responsabilité du chef Neshuro, le réseau d'adduction d'eau n'est rien de moins qu'un miracle. Dans une région sujette à des précipitations irrégulières et à des problèmes d'eau, en particulier dans le contexte du changement climatique, le projet a non seulement réduit la tâche ardue d'aller chercher de l'eau, mais il a également fourni les moyens de subvenir aux besoins de leurs familles.Grâce à la création d'un jardin nutritionnel, Patience et d'autres femmes de la communauté peuvent désormais cultiver des légumes et des légumineuses, ce qui constitue une source vitale de nutrition. « Nos enfants sont mieux nourris grâce à ce jardin », explique Patience. « Nous pouvons cuisiner les épinards de notre jardin et nourrir nos familles». Le jardin nutritionnel a également favorisé un sentiment d'autonomie chez les femmes, qui se sont approprié leurs parcelles et sont désormais en mesure de subvenir aux besoins de leurs familles, malgré les conditions difficiles.« Beaucoup de membres de la communauté étaient sceptiques et se moquaient de nous parce que nous participions au projet, mais maintenant ils viennent nous demander des légumes à manger dans nos parcelles de jardin et nous les vendons pour récolter de l'argent afin de payer les frais de scolarité de nos enfants ou d'acheter des céréales pour lutter contre la faim en cette période de sécheresse », a déclaré Patience.Des défis à releverSi le système d'adduction d'eau et le jardin nutritionnel ont apporté un soulagement bienvenu, les défis auxquels Mwenezi est confrontée sont loin d'être terminés. La sécheresse continue de resserrer son étau, exacerbant l'insécurité alimentaire et entraînant toute une série de problèmes sociaux, notamment la violence sexiste, les mariages d'enfants et l'abandon scolaire.« La sécheresse a aggravé ces problèmes », a déclaré Abigail Murwira, responsable de l'égalité des sexes au ministère des affaires féminines et du développement des communautés et des petites et moyennes entreprises du district. « Les couples se disputent davantage lorsque la nourriture manque, et de nombreuses filles quittent l'école pour se marier alors que leurs familles cherchent des moyens de gagner leur vie. »La sécheresse a fait payer un lourd tribut aux éleveurs de bétail, de nombreux animaux mourant par manque d'eau et de pâturages. La station d'eau de Gudomutovhoti apporte une aide cruciale en fournissant l'eau dont les éleveurs et leur bétail ont tant besoin, atténuant ainsi l'impact de la sécheresse.L'évaluation des besoins de la Croix-Rouge du Zimbabwe à Mwenezi, soutenue par l'IFRC, met en évidence le besoin urgent d'une réponse à plus grande échelle, comme le demande l'appel d'urgence en cours de l'IFRC pour les pays touchés par la sécheresse et l'insécurité alimentaire en Afrique. Sans soutien supplémentaire, des millions de personnes au Zimbabwe et dans toute la région seront confrontées à une aggravation de l'insécurité alimentaire aiguë, de la malnutrition et de la pénurie d'eau.L'histoire de Patience Makuya est un rappel brutal du coût humain du changement climatique et de la nécessité cruciale d'efforts humanitaires soutenus. Bien que la Croix-Rouge du Zimbabwe et la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge aient fait des progrès considérables pour atténuer les souffrances immédiates à Mwenezi et que la résilience de personnes comme Patience soit une source d'inspiration, ces faits ne doivent pas être considérés comme un substitut au soutien dont ces personnes ont désespérément besoin.Par Rumbidzai Nenzou, IFRC Communications Officer

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Les champions de la plantation d'arbres de la Sierra Leone : Mener la lutte contre le changement climatique, un plant à la fois

Arrosoir en main, Mariam Albert arrose soigneusement chacun des nombreux plants d'arbres qui couvrent le sol autour d'elle. Un jour, ces jeunes arbres porteront des fruits et des noix et fourniront de l'huile, du cacao et du bois aux communautés locales. Tout aussi important, ils contribueront à atténuer les effets du changement climatique et de la déforestation, tout en constituant une source vitale de revenus pour la population locale.Les plants d'arbres ont été plantés par Miriam et d'autres personnes dans une pépinière communautaire dans le cadre du projet de plantation d'arbres et de soins de la Société de la Croix-Rouge de Sierra Leone. Miriam, qui est l'une des championnes du projet, considère que son dur labeur n'est pas qu'un simple devoir ; c'est une quête passionnée pour assurer un avenir plus vert et plus sain aux générations à venir.«Je suis très fière de voir ma communauté adhérer à notre initiative », dit-elle. « Les arbres ne fournissent pas seulement une couverture végétale, ils sont également bénéfiques pour les familles sur le plan nutritionnel et économique. En effet, nous nous concentrons sur les arbres fruitiers tels que les noix de cajou, les palmiers à huile, les cacaoyers et les avocatiers, ainsi que sur les arbres à bois tels que le Gmelina ».Son rôle en tant que championne de la plantation et de l'entretien des arbres va au-delà de l'entretien des plantes. Il s'agit également d'inspirer un sens de la gestion de l'environnement aux membres de la communauté Gbandi, dans la chefferie de Baoma du district de Bo, en Sierra Leone.Ses responsabilités sont multiples. Elle mobilise la communauté, l'éduque sur l'importance de nourrir les semences, de les transplanter et d'en prendre soin en permanence. Son leadership est essentiel dans l'organisation d'activités communautaires régulières centrées sur la conservation de l'environnement.Les principaux objectifs du projet de plantation et d'entretien d'arbres de la Croix-Rouge de Sierra Leone sont la lutte contre la déforestation, la promotion de la biodiversité et l'atténuation du changement climatique. Il s'agit d'une réponse vitale au besoin urgent d'action environnementale en Sierra Leone et au-delà.5 milliards de nouveaux arbres en Afrique d'ici à 2030La plantation d'arbres en Sierra Leone fait partie d'une initiative plus large qui couvre le continent africain. Face à la multiplication des catastrophes naturelles et des crises humanitaires en Afrique, exacerbées par le changement climatique et les conflits, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) a lancé en 2021 l'initiative panafricaine de plantation et d'entretien d'arbres.Cette initiative vise à relever ces défis en intégrant des interventions environnementales à l'aide humanitaire traditionnelle. Elle met l'accent sur la plantation d'arbres à grande échelle et sur des solutions basées sur la nature pour renforcer l'adaptation au climat, la réduction des risques de catastrophe et l'amélioration de la sécurité alimentaire.Avec pour objectif de planter et d'entretenir 5 milliards d'arbres d'ici 2030, l'initiative promeut des pratiques durables, renforce la résilience des communautés et plaide en faveur de politiques plus fortes qui soutiennent la protection de l'environnement.Les arbres jouent un rôle essentiel dans l'absorption du dioxyde de carbone, atténuant ainsi les causes du changement climatique tout en adaptant les paysages à ses conséquences. Ils réduisent également l'érosion des sols, préservent la biodiversité et améliorent la qualité de l'eau.La Croix-Rouge de Sierra Leone donne aux femmes, comme Mariam, les moyens de diriger et de faciliter le processus de plantation d'arbres dans leurs communautés respectives. Ces femmes championnes établissent et entretiennent des sites de pépinières, mobilisent les membres de la communauté et veillent à l'entretien des arbres jusqu'à ce qu'ils atteignent leur maturité.À ce jour, 52 femmes championnes dévouées dans 52 communautés participent activement à des efforts similaires à travers l'Afrique. Ensemble, elles ont planté plus de 55 000 arbres, soit environ 60 % de l'objectif du projet. Les efforts de plantation de la Croix-Rouge de Sierra Leone se poursuivent, et l'on s'attend à ce que ces chiffres continuent d'augmenter à mesure que des championnes comme Mariam persévèrent dans leur travail.

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« Il n’y a pas de simple catastrophe » : un partenariat pour faire face aux crises alimentaires complexes en luttant contre la faim sur plusieurs fronts

Le long du fleuve Niger, au Mali, des volontaires de la Croix-Rouge aident les communautés locales à trouver de nouvelles sources d'eau pendant les périodes de sécheresse, lorsque le fleuve s'assèche et que l'eau pour les cultures et le bétail disparaît presque complètement.« Il n'y a de l'eau dans le fleuve que pendant trois mois », explique Nouhoum Maiga, secrétaire général de la Croix-Rouge malienne. « Or, la plupart des habitants de la région dépendent de cette eau pour leur bétail ».Dans le cadre d'un programme pilote, les volontaires aident les communautés à creuser des puits et à installer des pompes solaires qui fournissent une source d'eau continue.En outre, la Croix-Rouge collabore avec les services météorologiques et hydrologiques pour anticiper les problèmes futurs - chaleur extrême, périodes de sécheresse imprévues ou crues soudaines - grâce à des systèmes d'alerte précoce basés sur la communauté.En conséquence, explique Maiga, les agriculteurs locaux ont pu quadrupler leurs récoltes. « Au lieu de se contenter d'une récolte pour une saison, ils ont pu faire quatre récoltes », explique-t-il.Un partenariat complémentaireC'est exactement le type de réponse prospective et multicouche à des défis complexes qui sera renforcé par un partenariat renouvelé signé le 29 mai 2024 entre la FAO et la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC).Le partenariat entre la FAO et l'IFRC vise à tirer parti des mandats et des atouts complémentaires des deux organisations aux niveaux local et international afin d'améliorer la qualité, la portée, l'impact et la durabilité des programmes relatifs à la sécurité alimentaire et aux moyens d'existence agricoles. Jusqu'à présent, le partenariat renouvelé a été lancé en République démocratique du Congo, en Éthiopie, au Kenya, au Mali, au Nigeria, au Niger, au Sud-Soudan et en Ouganda.Le partenariat est né d'une prise de conscience croissante du fait que les solutions durables aux crises humanitaires complexes et durables d'aujourd'hui nécessitent une coopération toujours plus approfondie entre de multiples partenaires, du niveau communautaire au niveau mondial.« Il n'y a plus de simple catastrophe », a déclaré Caroline Holt, directrice du département des catastrophes, du climat et des crises de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC), lors d'un dialogue mondial FAO-IFRC sur la localisation qui s'est tenu le 27 mars 2024 à Genève (Suisse), « Des problèmes tels que l'insécurité alimentaire sont intimement liés au manque d'accès à l'eau salubre ou à des sources d'énergie fiables. Toutes ces questions ont un impact les unes sur les autres et les solutions doivent donc être également intégrées. »Les solutions à l'insécurité alimentaire doivent également prendre en compte les facteurs complexes qui ont un impact sur la production alimentaire locale et elles nécessiteront des stratégies de ressources nouvelles et innovantes. Le partenariat entre l'IFRC et la FAO servira donc de base à des investissements plus larges de la part d'autres partenaires désireux de soutenir l'innovation locale en matière de sécurité alimentaire et de moyens d'existence.« Deux tiers des personnes confrontées à des niveaux élevés d'insécurité alimentaire aiguë dépendent de l'agriculture comme principale source de subsistance. Pourtant, seulement 4 % de l'aide humanitaire est consacrée à l'aide d'urgence à l'agriculture », a souligné Dominique Burgeon, Directeur du Bureau de liaison de la FAO à Genève, au cours du Dialogue mondial FAO-Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) sur la localisation.« L'aide alimentaire à elle seule ne suffit pas pour faire face à l'insécurité alimentaire aiguë sans le soutien et la protection des moyens d'existence, dont beaucoup sont basés sur l'agriculture locale ».Le Mali en est un bon exemple. Au Mali, la FAO et la Croix-Rouge malienne collaborent sur des transferts d'argent, des fournitures pour la production agricole et alimentaire, et des démonstrations de cuisine visant à atteindre un bon équilibre nutritionnel, entre autres choses.« Nous travaillons avec ces communautés pour leur donner les moyens de subvenir à leurs besoins, même au milieu d'un conflit permanent », a ajouté M. Maiga, qui a également participé au Dialogue mondial FAO-Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sur la localisation.Le cas du Mali met également en lumière le rôle essentiel que jouent les Sociétés nationales membres de l'IFRC dans la gestion des crises complexes et durables. Au Mali, la Croix-Rouge est confrontée à toute une série de défis : des conditions météorologiques imprévisibles et extrêmes exacerbées par le changement climatique, l'instabilité et l'insécurité, la perte des moyens de subsistance traditionnels et des sources de nourriture, et le déplacement massif de communautés entières. Dans le même temps, dans de nombreuses régions du pays, la plupart des organisations internationales ont quitté les lieux en raison de l'insécurité.« La Croix-Rouge est restée dans les communautés touchées par ces crises », souligne M. Maiga. « Pourquoi ? parce que la Croix-Rouge est une organisation communautaire. Nos 8 000 volontaires font partie des communautés dans lesquelles ils travaillent ».Le besoin critique d'une action précoceDes défis similaires existent dans de nombreux pays. L'Ouganda, qui compte l'une des plus importantes populations de réfugiés au monde, est confronté à de nombreux et graves problèmes climatiques, les conditions météorologiques devenant de plus en plus imprévisibles. Dans certaines régions, des communautés entières ont été emportées par des inondations soudaines.Dans ce cas, la collaboration entre la FAO et la Croix-Rouge ougandaise a aidé les communautés à résister aux fortes pluies causées en partie par le dernier phénomène El Niño de septembre à décembre 2023.Avec le financement de la FAO, la Croix-Rouge ougandaise a pris des mesures dans dix districts de l'Ouganda en prévision des pluies à venir : diffusion d'informations d'alerte précoce, cartographie des zones sujettes aux inondations et supervision d'activités « argent contre travail » au cours desquelles les populations locales ont nettoyé les canaux d'eau ou enlevé le limon des réservoirs qui aident à contenir l'excès d'eau.Dans d'autres cas, les projets « argent contre travail » ont consisté à aider les communautés locales à gérer les récoltes en toute sécurité afin de réduire les pertes une fois qu'elles ont été récoltées. Les récoltes peuvent être gâchées si les installations de stockage sont endommagées par les inondations ou si les systèmes nécessaires au stockage, au transport et à la distribution sont perturbés.« Il est clair que la fréquence, l'ampleur et l'intensité croissantes des catastrophes n'affectent pas seulement les vies humaines, les moyens de subsistance et les biens, mais qu'elles se transforment également en épidémies nécessitant un investissement important dans la préparation et la réponse au niveau communautaire », a déclaré le secrétaire général de la Croix-Rouge ougandaise, Robert Kwesiga.

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Assistance en espèces : "Aujourd'hui, je vois un avenir meilleur pour mes filles".

Depuis plusieurs années, la région de l'Extrême-Nord du Cameroun est confrontée aux effets du changement climatique, caractérisés par des sécheresses, des perturbations saisonnières et des inondations récurrentes, avec des conséquences désastreuses sur l'agriculture, l'élevage et même l'accès aux centres d'approvisionnement et aux marchés, entre autres. Cette situation a entraîné une détérioration de la situation économique des ménages au niveau local.Outre les effets du changement climatique, il existe des tensions sociales marquées par des conflits et des griefs intercommunautaires, ainsi que par la présence de groupes armés non étatiques. Au cours des dix dernières années, ces facteurs ont créé une situation d'insécurité, entraînant des mouvements de population et, pour beaucoup, la perte d'êtres chers.« J'ai perdu mon mari il y a quelques années », raconte Soumaïra, qui vit avec ses enfants dans le village de Ndoukoula, dans la région de l'Extrême-Nord du Cameroun. «J'avais 13 ans lorsque nous nous sommes mariés. Quelques années plus tard, j'ai donné naissance à notre première fille. Mon mari s'occupait bien de nous. Son travail consistait à élever les bêtes des hommes importants de la région, et il était également chargé de les vendre ».«Un jour, alors qu'il revenait d'un village situé à la frontière du Nigeria pour vendre les animaux d'un de ses patrons, il a été tué lors d'une attaque. Je venais de donner naissance à notre deuxième fille et j'étais déjà veuve avec deux enfants à charge ».Un nouveau souffle grâce à l'aide financièreAyant perdu ses parents alors qu'elle n'avait pas 10 ans et se trouvant dans une situation précaire, Soumaîra a été recueillie par le chef du village, qui essaie tant bien que mal de s'occuper d'elle et de ses filles.«Un jour, alors que je vaquais à mes occupations quotidiennes, des volontaires de la Croix-Rouge et des membres de ma communauté se sont approchés de moi», se souvient-elle. «Ils m'ont dit qu'ils voulaient recueillir des informations sur moi pour voir si je pouvais bénéficier d'une aide financière afin de répondre aux besoins immédiats de ma famille».Il s'avère que le village de Soumaïra est l'un des huit ciblés par le partenariat programmatique entre l'IFRC, la Direction générale de la protection civile européenne et des opérations d'aide humanitaire (ECHO) et la Croix-Rouge française au Cameroun.Dans le cadre de la deuxième phase des opérations du partenariat dans la région, 1 000 ménages de la région de l'Extrême-Nord reçoivent une assistance en espèces depuis janvier 2024. Les dons en espèces ont été faits pour répondre aux besoins de base les plus urgents de la population dans cette région, suite aux violences armées, aux impacts du changement climatique et aux impacts résiduels et économiques de la pandémie de COVID-19.«Je leur ai dit tout ce qu'ils voulaient savoir et j'étais sûr d'être sélectionné, ce qui a été le cas. Quelque temps plus tard, ils m'ont expliqué que je recevrais 64 000Frs CFA (environ 91 francs suisses) en trois versements. Avec cet argent, je pourrais acheter quelques articles importants pour la maison, faire soigner mes enfants s'ils étaient malades, et avec le reste, si je le souhaitais, créer une petite entreprise.«J'ai reçu ma première allocation financière aujourd'hui et je suis très heureuse. Avec cet argent, je vais acheter du mil et d'autres aliments pour nourrir mes enfants. Je vais aussi commencer à élever du bétail et à faire du commerce pour gagner ma vie. C'est un processus qui se poursuivra avec les autres fonds que je recevrai. Je pourrai m'occuper des besoins scolaires de mes filles et me battre pour changer leur vie.« Aujourd'hui, je vois un avenir meileur pour mes filles. »En plus de cette assistance en espèces, la Croix-Rouge camerounaise diffuse des messages de sensibilisation aux communautés sur la meilleure façon de se préparer et de réagir aux épidémies et aux catastrophes, ainsi que sur la communication des risques et l'engagement des communautés.

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Crise alimentaire : « Maintenant, je peux m'occuper de ma propre famille ».

Dans la région de Lubombo en Eswatini, près de la ville de Big Bend, Bongani Masuku, 39 ans, regarde son champ de maïs. Il en a récolté une partie la semaine dernière. «Mais il y a encore du travail à faire», dit Bongani en commençant à travailler la terre. Lubombo est l'une des régions les plus chaudes d'Eswatini. Alors que Bongani désherbe son champ, la température a déjà dépassé les 34 degrés. «J'enlève les mauvaises herbes pour que mon maïs pousse correctement», explique-t-il. «Si je laissais les mauvaises herbes prendre le dessus, les plants deviendraient très minces et n'offriraient pas une bonne récolte.» Plus tôt dans la saison, Bongani a suivi une formation agricole, à l'issue de laquelle il a reçu une subvention d'environ 70 euros. Il a investi cet argent dans des semences de maïs plus résistantes à la sécheresse, car le changement climatique a rendu les pluies plus irrégulières et accru la sécheresse. Environ 70 % de la population de l'Eswatini dépend directement de l'agriculture pour sa subsistance. C'est pourquoi l'évolution des conditions météorologiques est extrêmement préoccupante. «Les récentes vagues de chaleur ont vraiment rendu l'agriculture plus difficile. Le maïs ne doit pas recevoir trop de lumière du soleil lorsqu'il fleurit. La pluie est importante à ce stade. La dernière fois que le maïs a fleuri, il n'y a pas eu de pluie du tout, et ma récolte a donc été inférieure à ce que j'avais prévu.» Le champ de maïs revêt une grande importance pour Bongani. «Il me permet de nourrir ma famille, mais aussi de vendre une partie des récoltes et d'obtenir de l'argent», précise t-il. «Cet argent m'aide à scolariser mes enfants. J'ai cinq enfants avec ma chère épouse. Maintenant, je peux leur acheter des manuels scolaires et d'autres fournitures scolaires, comme des stylos. Si je gagne assez d'argent, je peux aussi leur acheter des chaussures pour aller à l'école.» L'insécurité alimentaire prolongée Comme partout ailleurs en Afrique australe, les habitants de l'Eswatini souffrent d'une crise grave et prolongée de la sécurité alimentaire qui a débuté en 2015. La sécheresse causée par le phénomène El Niño, renforcée par le changement climatique et l'irrégularité des pluies et des inondations depuis lors, a endommagé les récoltes année après année. Bongani est l'une des 25 500 personnes incluses dans le projet triennal financé par l'Union européenne pour améliorer la sécurité alimentaire au moyen d'une assistance en espèces. Outre la Croix-Rouge finlandaise, le projet inclut la Croix-Rouge de Baphalali Eswatini et la Croix-Rouge belge des Flandres. Pour les bénéficiaires des subventions en espèces, comme Winile Masuku, l'aide en espèces a permis d'acheter de la nourriture comme du riz, de la farine de maïs et de l'huile de cuisson à un moment où les sources de nourriture habituelles sont beaucoup moins abondantes et plus chères. «Avant de recevoir une aide financière, nous dépendions de nos voisins», explique Winile, assise devant sa maison, dont les murs sont faits de branches tressées et de pierres. «Aujourd'hui, je peux m'occuper de ma propre famille.» Le jardinage pour le changement Si tout le monde n'est pas agriculteur, de nombreux habitants de l'Eswatini cultivent une partie de leur nourriture quotidienne dans des jardins communautaires locaux. C'est l'une des raisons pour lesquelles ce projet de résilience climatique vise également à faire revivre la tradition des jardins communautaires. Une partie de cet effort comprend des formations dispensées par le ministère de l'agriculture sur la manière la plus efficace d'entretenir les jardins communautaires face à des conditions climatiques plus extrêmes. Après chaque formation, les participants reçoivent une subvention d'environ 35 euros pour acheter des semences, par exemple. Les participants sont encouragés à utiliser des variétés de cultures moins gourmandes en eau. «Le jardin offre une stabilité à ma famille, car je m'y emploie et je m'occupe de ma famille», explique Sibongile, l'une des participantes. «La récolte du jardin me permet de nourrir ma famille, et je peux aussi vendre certaines récoltes pour obtenir de l'argent pour l'éducation de mes enfants.» La santé en milieu rural Il est également important de veiller à ce que les gens restent en bonne santé, car la sécheresse et la chaleur peuvent créer des conditions qui exacerbent la propagation des maladies et des symptômes tels que la déshydratation. C'est pourquoi le projet financé par l'UE soutient également la communauté dans la préparation aux épidémies et aux pandémies. La Croix-Rouge de Baphalali Eswatini gère trois cliniques dans le pays, et le projet soutient leur capacité à répondre à différentes épidémies, telles que les maladies diarrhéiques, la tuberculose et le VIH. « Chaque matin, nous donnons des conseils de santé, c'est-à-dire que nous indiquons aux patients les épidémies en cours», explique Phumlile Gina, infirmière à la clinique de Hosea Inkhundla, dans la région de Shiselweni. «En ce moment, nous les informons sur les vaccinations, notamment contre le coronavirus et la tuberculose. Nous mettons également l'accent sur l'hygiène : nous expliquons combien il est important de se laver les mains et nous rappelons également aux gens de laver leurs récipients d'eau de temps en temps». «Certains de nos patients, ici à la campagne, manquent cruellement de ressources financières», ajoute-t-elle. «Ils peuvent venir à la clinique pour une toute autre raison, une grippe par exemple. Mais nous pouvons alors remarquer que la croissance de l'enfant du patient est manifestement retardée et qu'il y a des raisons de soupçonner une malnutrition». «Nous sommes également en mesure de prendre en charge ces situations et de surveiller l'état des patients. C'est très agréable lorsqu'un patient revient à la clinique après six mois et dit que son enfant va très bien et qu'il joue comme les autres enfants». Le partenariat programmatique entre le réseau de l'IFRC et l'Union européenne fournit un financement stratégique, flexible, à long terme et prévisible, afin que les Sociétés nationales puissent agir avant qu'une situation d'urgence ne se produise. Il est mis en œuvre dans le monde entier, y compris dans 13 pays d'Afrique.

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Don humanitaire islamique

En tant que plus grand réseau humanitaire au monde, avec 16 millions de bénévoles communautaires, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est particulièrement bien placée pour s'assurer que vos dons de Zakat atteignent les personnes et les communautés qui en ont le plus besoin. La Fédération internationaleest pleinement accréditée pour recevoir les dons de Zakat et nous sommes présents dans les communautés aux côtés des personnes que nous soutenons. Nous agissons avant, pendant et après les urgences et les crises pour soutenir les personnes les plus démunies et renforcer leur résilience à long terme.