Localisation

Displaying 1 - 16 of 16
|
Article

Face aux vagues de chaleur et aux inondations, la Croix-Rouge mexicaine et la Zurich Climate Resilience Alliance promeuvent des solutions locales pour mesurer et renforcer la résilience des communautés.

Ceci est une adaptation de l’article original rédigé par Brenda Ávila Flores, Francisco Gabriel Reyes Gil, Jessica Rosales, Karla Hernandez et Daniela Aguilar, publié le 15 décembre 2025.Le Mexique est vulnérable à une variété de risques liés au climat. Il s’agit notamment des sécheresses dans la région désertique du nord, des gelées dans le nord-ouest et le nord-est, des fortes pluies dans le sud, ainsi que des cyclones tropicaux le long des côtes.Selon le Centre national de prévention des catastrophes du Mexique, environ 80 % des coûts liés aux catastrophes au Mexique entre 2000 et 2022 étaient associés à des événements liés à l’eau.Les inondations dans le pays ont constamment causé des dommages aux infrastructures, des pertes en vies humaines, le déplacement de communautés et des pertes économiques.Les vagues de chaleur sont également fréquentes au Mexique durant l’été ; toutefois, la Commission nationale de l’eau indique que la majeure partie du pays a enregistré des températures supérieures à la moyenne en raison du changement climatique.Deux lieux contrastés illustrent bien cette réalité : Mexicali et Veracruz (Sotavento). Ces zones diffèrent fortement en termes de géographie, de menaces, de vulnérabilités et de capacités.Mexicali est un centre urbain situé à la frontière nord, où les habitants travaillent dans l’agriculture, l’industrie et les services, mais doivent faire face à une chaleur extrême, à de faibles précipitations et à des options de refroidissement limitées.À l’inverse, les communautés périurbaines et rurales de la région de Sotavento dépendent de l’agriculture, connaissent des précipitations abondantes et ont accès à des systèmes fluviaux. Toutefois, elles sont constamment exposées aux inondations et aux cyclones tropicaux.Mesure de la résilience climatique des communautés.Au cours des derniers mois, la Croix-Rouge mexicaine a utilisé le cadre « Climate Resilience Measurement for Communities » (CRMC) pour guider un processus holistique et participatif. Le CRMC est un processus basé sur des données qui aide les communautés à évaluer et à mesurer leur résilience face aux aléas climatiques. Ensuite, à partir des résultats, elles peuvent identifier et mettre en œuvre des interventions visant à renforcer la résilience, puis effectuer de nouvelles mesures afin de suivre les améliorations.Ce processus de mesure a pris en compte les préoccupations des populations concernant les inondations dans les communautés de Veracruz, ainsi que les implications sanitaires liées aux maladies à transmission vectorielle favorisées par la chaleur à Mexicali.Le cadre permet d’obtenir des informations spécifiques au contexte sur la résilience climatique. En reliant les connaissances locales à l’action régionale, la Croix-Rouge mexicaine et ses partenaires répondent aux risques immédiats de chaleur extrême et d’inondations, tout en contribuant à façonner des solutions systémiques pour l’avenir du Mexique.Le programme travaille avec les populations locales afin de renforcer la résilience aux inondations aux niveaux des ménages et des communautés, en mettant en œuvre des interventions telles que la création de brigades communautaires, l’élaboration de plans familiaux d’urgence et le renforcement de la sensibilisation aux risques à travers des foires communautaires sur la résilience.Dans les zones rurales comme urbaines, la Croix-Rouge mexicaine facilite la collaboration et l’intégration avec divers secteurs, notamment la santé, l’éducation, les universités et la protection civile. Ces connaissances et cette expérience sont partagées avec les communautés, les professionnels et les responsables politiques, et servent à promouvoir de meilleures lois, politiques et plans.Les vagues de chaleurCes dernières années, Mexicali a enregistré des températures estivales record et une augmentation du nombre de vagues de chaleur. En 2024 seulement, 47 décès ont été directement attribués à la chaleur extrême, marquant une hausse notable par rapport aux années précédentes. Cette tendance souligne l’urgence de traiter la chaleur extrême comme un enjeu majeur de santé publique.À Mexicali, les familles et les travailleurs dépendent d’infrastructures améliorées et d’équipements de protection, tels que la climatisation, des bâtiments à isolation thermique et des centres publics de rafraîchissement. Il ne s’agit pas seulement de protéger leur santé, mais aussi de préserver leurs moyens de subsistance et leurs activités économiques.Cependant, la climatisation n’est pas accessible à tous, et les communautés marginalisées subissent souvent des coupures de courant, ce qui accroît leur vulnérabilité. Cela met en évidence la nécessité d’explorer des solutions alternatives de rafraîchissement abordables et accessibles afin d’assurer une protection contre la chaleur pour les personnes les plus vulnérables.L’évaluation menée dans le cadre du CRMC a permis d’identifier des opportunités pour améliorer la compréhension et la mise en œuvre de solutions fondées sur la nature (SfN), qui visent à protéger, gérer et restaurer les écosystèmes afin de relever les défis climatiques.« Il n’existe pas d’approche unique pour renforcer la résilience climatique. »Équipe du Programme Résilience de la Croix-Rouge mexicaine.Ouragans et tempêtes.Les municipalités de la région de Sotavento, dans l’État de Veracruz, sont régulièrement touchées par des ouragans et des cyclones tropicaux. Ces événements entraînent de fortes précipitations, provoquant des inondations dans le bassin ainsi que dans les zones basses.Un facteur clé de la résilience de la région est l’existence de brigades communautaires : des groupes locaux formés à la préparation et à la réponse aux catastrophes. L’analyse CRMC a identifié une opportunité de renforcer ces brigades en leur offrant davantage de formation et de coordination, et en les reliant à des systèmes d’alerte précoce (SAP), qui ont actuellement une portée limitée au niveau local. Cela permettra de garantir que les groupes les plus vulnérables reçoivent des informations en temps utile, les incitant à adopter des mesures salvatrices et à réduire les pertes et les dommages.« Bien que chaque communauté ait ses propres spécificités, la recherche menée dans le cadre du CRMC au sein de plusieurs communautés révèle des tendances quant à l’impact des inondations et de la chaleur extrême sur les structures sociales et économiques.Équipe du Programme Résilience de la Croix-Rouge mexicaine.Une approche collaborative.Le processus CRMC produit des informations localisées et à jour, qui offrent un éclairage précieux à la fois sur les lacunes et sur les opportunités.La Croix-Rouge mexicaine utilise ces résultats pour concevoir et mettre en œuvre des actions de résilience répondant à des besoins réels, tout en renforçant les capacités existantes. Guidée par les objectifs du programme, la Croix-Rouge mexicaine s’efforce d’intégrer la résilience climatique à la gestion des risques de catastrophes et d’élargir l’accès aux SAT pour les inondations et les vagues de chaleur au sein des populations les plus vulnérables.Ces résultats soulignent l’importance de promouvoir des mesures de résilience adaptées au contexte, et d’influencer les acteurs locaux et régionaux afin de faire face aux défis communs.Dans la mise en œuvre du CRMC, la Croix-Rouge mexicaine a adopté une approche innovante de collecte des données, adaptée aux contextes urbains et conçue pour protéger le personnel et les volontaires dans des environnements complexes.Plutôt que de mener des enquêtes de porte à porte, des foires sur la résilience ont été organisées à Mexicali et Veracruz. Ces événements ont réuni les membres des communautés afin qu’ils participent activement à la mesure du CRMC, ainsi qu’à des activités interactives visant à renforcer la sensibilisation aux risques présents sur leurs territoires.En outre, des données ont été collectées à travers des groupes de discussion et des entretiens avec des parties prenantes clés. Il s’agissait notamment de leaders communautaires et d’autorités gouvernementales issues de diverses organisations de protection civile.Cette mobilisation en temps opportun a permis d’impliquer dès le départ des acteurs clés et des partenaires potentiels, renforçant ainsi la confiance et la crédibilité.Cet engagement se poursuit aujourd’hui, alors que la Croix-Rouge mexicaine communique les principaux résultats du CRMC aux décideurs et aux communautés, renforçant la responsabilité partagée, donnant aux acteurs locaux les moyens de conduire les efforts de résilience et veillant à ce que les actions soient appropriées par les personnes les plus touchées.Pour compléter les actions menées par la Croix-Rouge mexicaine au niveau local, l’IFRC veillera à ce que les enseignements tirés de cette initiative soient reconnus, adoptés et reproduits à l’échelle internationale dans plusieurs domaines stratégiques.

|
Page de base

Local, Partout

Ancré dans les communautés, présent dans 191 pays et soutenu par une coordination et une influence à l’échelle mondiale. Tels sont les éléments essentiels qui définissent le réseau de l’IFRC, composé des Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et de ses 16 millions de volontaires communautaires. Des visages locaux de confiance qui apportent un soutien vital avant, pendant et après les crises, dans chaque recoin du monde. À un moment où le secteur humanitaire est sous surveillance, nous démontrons chaque jour que notre présence locale, partout, a un impact qui sauve et transforme des vies.

|
Article

Les histoires humaines de l'IFRC-DREF

|
Article

Du grain au gain: une histoire d’autonomisation des femmes et de sécurité alimentaire au Cameroun

À première vue, Kartoua pourrait sembler n’être qu’un village rural comme les autres dans le département du Mayo-Danay. Mais cette communauté frontalière, vulnérable aux inondations saisonnières et à l’insécurité alimentaire, est devenue le théâtre d’une révolution silencieuse menée par des femmes.Douze femmes se sont regroupées pour former le Groupe d’Initiative Commune (GIC) Soubota. Leur mission : lutter contre la rareté alimentaire en créant une banque céréalière qui achète du mil et du riz à bas prix après les récoltes, les stocke, puis les revend pendant la période de soudure à des tarifs abordables et accessibles à la communauté.« Au début, beaucoup ne croyaient pas en nous, surtout les hommes, » raconte Ahmadou Sergeline, mère de neuf enfants, agricultrice et présidente de la banque céréalière féminine de Soubota. « Mais avec le temps, en voyant comment nous aidions le village, tout a changé. Même mon mari me soutient désormais et me conseille. »De la rareté à une stratégie durable« Quand les inondations ont frappé, le mil est devenu introuvable, » se souvient Sergeline. « Mais grâce au soutien de la Croix-Rouge, nous avions 20 sacs prêts. Chaque matin, les femmes faisaient la queue avec de petits bols, achetant juste de quoi nourrir leurs enfants. »Ce soutien est arrivé à un moment crucial. La Croix-Rouge camerounaise a fourni au groupe de femmes 20 sacs de mil, ainsi qu’une formation en gestion des stocks et en comptabilité de base.« Avant, nous ne tenions pas de registres appropriés. Maintenant, nous avons des cahiers pour tout — ce qui entre, ce qui sort et ce qui appartient à qui. Les gens nous confient même leurs propres sacs de céréales, que nous stockons en toute sécurité contre une petite redevance. »L’équité avant tout : nourrir les plus vulnérables« Nous avons établi des règles pour protéger les plus pauvres, » explique Sergeline. « Nous avons limité les achats à quatre mesures par ménage et refusé de vendre aux acheteurs plus aisés qui ne cherchaient qu’à faire des bonnes affaires. Nous connaissons notre communauté. Nous savons qui a réellement besoin d’aide. »Les céréales sont vendues directement à l’entrepôt, toujours en dessous des prix du marché. Cette tarification solidaire a permis aux veuves, aux personnes âgées et aux ménages dirigés par des femmes de traverser la période de soudure dans la dignité.Le stock initial n’était qu’un début. Les revenus des premières ventes ont servi à acheter 45 nouveaux sacs de riz, permettant ainsi de poursuivre le cycle. Après avoir partagé les dividendes issus des ventes, le groupe a décidé de réinvestir l’intégralité des bénéfices dans le prochain approvisionnement en céréales.« Nous avons tout remis dans le stock, car nous avons constaté que la demande était encore plus forte que prévu, » précise Sergeline.Normalement, les bénéfices seraient répartis de manière transparente entre les différents comités responsables de diverses activités :50 % au comité de gestion (fonctionnement quotidien du GIC),30 % au comité d’hygiène communautaire,20 % au réapprovisionnement en céréales.Mais dans un bel élan de responsabilité collective, l’ensemble du comité a accepté de réinvestir ses parts, renforçant ainsi le cycle suivant du groupe.Plus que du grain : un espace de croissance et de leadershipLes banques céréalières comme celle de Kartoua font partie des nombreuses initiatives soutenues par le Partenariat programmatique entre le réseau de l’IFRC et l’Union européenne. Ce partenariat offre un financement stratégique, flexible, prévisible et à long terme, permettant aux Sociétés nationales d’agir avant qu’une crise ou une urgence sanitaire ne survienne. Il est mis en œuvre dans 24 pays à travers le monde.Dans ce cas, la Croix-Rouge camerounaise travaille également aux côtés du Groupe d’Initiative Commune (GIC) Soubota pour soutenir leurs activités, avec l’appui des équipes de la Croix-Rouge française qui interviennent comme partenaire de mise en œuvre.Pour Sergeline et les femmes de Kartoua, la banque céréalière est devenue un espace sûr — une plateforme pour apprendre, grandir et exercer un leadership.« Quand nous nous réunissons, nous ne parlons pas seulement de mil. Nous parlons de la gestion de nos foyers, de l’éducation de nos filles, du renforcement de nos mariages. J’ai sept filles. Je veux qu’elles voient que les femmes peuvent aussi diriger. »La formation et l’accompagnement fournis par les équipes de la Croix-Rouge ont permis d’autonomiser les femmes non seulement sur le plan technique, mais aussi sur les plans émotionnel et social.« Ils ne nous ont pas seulement apporté du grain. Ils nous ont apporté du respect. Ils nous ont écoutées. Ils nous ont vues non pas comme des bénéficiaires, mais comme des partenaires. »« Ce n’était pas seulement de la nourriture. C’était de la dignité, » ajoute Marie, une grand-mère qui a acheté des céréales à la banque pendant la période de soudure. « Je n’ai pas eu à mendier. J’ai acheté ce que je pouvais me permettre, et j’ai nourri mes petits-enfants. »« Nous demandons plus de soutien, » déclare Sergeline. « Pas seulement pour nous, mais pour tout le village. Les besoins sont immenses. Mais la solution est ici — il suffit de la renforcer. »Son rêve est clair : faire en sorte qu’aucune famille ne souffre de la faim lors de la prochaine inondation ou de la prochaine période de soudure. Entre les mains de femmes comme Sergeline, un sac de mil devient un bouclier contre la faim, un symbole de dignité et une semence pour l’avenir.

|
Article

Le Secrétaire général de la Fédération internationale à l’ONU : le "réajustement" humanitaire exige que le secteur soit « aussi local que possible, et aussi international que nécessaire »

La discussion a porté sur ce que le secteur humanitaire devrait faire pour se réformer à un moment où les fonds humanitaires sont fortement réduits et où les besoins sont de plus en plus importants. (Une vidéo de la session est disponible ici, les remarques du secrétaire général de l'IFRC apparaissant à environ 1 heure 30 minutes de la vidéo.]"Merci, Madame la vice-présidente. Merci à Tom [Fletcher, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordinateur des secours d'urgence au Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies) pour cette excellente introduction et ce merveilleux discours plus tôt.En ce qui concerne votre question [du modérateur : "Quels seront, selon vous, les éléments clés de l'approche du travail humanitaire après la réinitialisation ?], vous avez bien sûr beaucoup entendu parler de la sorte de réinitialisation collective dont Tom a parlé dans la matinée et à l'instant. J'aimerais vous faire part du point de vue de l'IFRC.L'écouteDès la fin de l’année dernière, nous avions déjà lancé un processus d’écoute, bien avant que la crise de financement actuelle ne prenne une telle ampleur. Car nous estimons qu’il est extrêmement important pour les organisations de faire preuve d’humilité de manière régulière — de se remettre en question, de vérifier si nous sommes encore en phase avec la réalité ou non. Il ne s’agit pas de savoir si nous faisons bien ou mal les choses.En tant que Croix-Rouge, je crois que nous avons toujours bien travaillé, mais il existe toujours des opportunités pour améliorer notre efficacité, réduire les coûts et élargir la portée de nos programmes.Dans le cadre de ce processus, nous avons écouté plus de 2 000 voix — dont plus de la moitié provenaient des communautés locales. Et certaines idées fortes en ont émergé, qui sont d’ailleurs parfaitement en phase avec le processus de réajustement ("Reset") que nous discutons actuellement de manière plus large au sein du secteur humanitaire.Renforcer la localisation et la responsabilitéL’un des premiers enseignements tirés de ce processus, c’est que le système humanitaire, après le réajustement, devra être très local — mais un local ancré dans la redevabilité. Une redevabilité non pas dans le sens de transférer les risques vers les acteurs locaux, mais de partager les risques et d’agir de manière responsable.Il s’agit réellement de redonner la prise de décision au niveau local. Et je pense à la collègue d’Afghanistan [qui est intervenue plus tôt] : ce qu’elle a dit, c’est que vous n’avez pas besoin de nous pousser depuis l’étranger. Nous sommes déjà là. Et d’une certaine manière, nous avons cette idée qu’il faut "mettre" les acteurs locaux en première ligne. Non, ils y sont déjà. Ce qu’il faut, c’est les suivre. Et je pense que nous devons avoir le courage de suivre les acteurs locaux qui sont déjà sur le terrain.En tant que l'IFRC, nous avons toujours défendu le principe de la localisation, mais nous croyons aussi que la solidarité mondiale reste nécessaire dans de nombreux contextes. Et lorsqu’on parle de solidarité mondiale, il est essentiel, aujourd’hui, de mettre nos paroles en actes — aussi bien du côté des donateurs que de nous, en tant qu’organisation internationaleNous, les donateurs et les agences engagées dans le Grand Bargain, nous étions engagés à ce que 25 % des financements internationaux mobilisés soient destinés aux acteurs locaux.Mais nous n’en avons collectivement reçu que 2 %.Cela ne peut pas nous suffire. Sinon, nous continuerons simplement à parler sans agir. Pourtant, nous avons le pouvoir de changer cela, personne ne nous en empêche. Alors, faisons-le.Et pour partager cela avec vous, chers collègues : à l'IFRC, nous avons décidé d’augmenter cet objectif à 75 %. Nous ne nous contenterons pas de 25 %. C’est ce changement d’ambition que nous voulons porter.Renforcer la focalisation humanitaire et la collaborationMaintenant, le deuxième message qui ressort, selon moi, c’est que le système humanitaire, en tant qu’ensemble, et nous en tant qu’organisations, devons renforcer la collaboration.Comme tu l’as dit, Tom : pas de silos, pas d’ego.Mais en parallèle, nous devons aussi être beaucoup plus conscients de nos propres dérives de mandat (mission creep).Parfois, nous mettons en place des mécanismes de coordination complexes? qui, peut-être, n’auraient pas été nécessaires si nous ne nous éloignions pas nous-mêmes de notre mandat initial.Nous nous engageons dans des dérives de mission, ce qui complique tout. Nous nous chevauchons les uns les autres, et ensuite, nous créons un mécanisme compliqué pour constater : « Ah, en fait, nous n’aurions pas dû sortir de notre mandat ».C’est pourquoi nous devons renforcer la focalisation humanitaire. Revenir à l’essentiel, faire preuve de discipline, nous-mêmes, afin que la vie de Tom soit plus facile… voire que Tom ne soit plus nécessaire !Je pense que si nous arrivons à rendre le poste de Tom superflu, ce serait un vrai succès !Et oui, nous devons aussi diversifier nos approches et modèles de financement.À l'IFRC, nous développons des modalités de financement innovantes, mais il nous faut désormais les déployer à grande échelle.Redoubler d’efforts en diplomatie humanitaire pour faire avancer les causes humanitairesLe troisième point concerne un véritable enjeu de diplomatie de gestion: comment préserver notre espace humanitaire, protéger les travailleurs humanitaires, faire respecter nos principes et les normes internationales ? Et je pense qu’à nouveau, nous devons agir collectivement pour faire avancer cela. Notre appel aux gouvernements, aux États, est le suivant : vous devez tenir vos alliés responsables avec autant de rigueur que vos adversaires.Dans le système actuel, on a tendance à condamner rapidement ses ennemis, mais à fermer les yeux sur les agissements de ses amis. Et pour moi, tant que nous n’aurons pas le courage de demander des comptes à nos alliés, nous ne surmonterons pas le sentiment d’impunité qui règne à travers le monde. Il nous faut également, en tant qu’acteurs humanitaires, faire preuve de discipline: nous ne devons pas prétendre nous substituer aux responsabilités des États.La plupart des crises actuelles, et la pression croissante sur les organisations humanitaires, proviennent du fait qu’il n’y a pas eu de solutions politiques durables. Et tant qu’il n’y aura pas de solutions politiques, les humanitaires, même avec 200 milliards, ne pourront pas résoudre ces problèmes. Des solutions politiques sont indispensables.Accélérer la transformation numérique et l’adoption éthique de l’intelligence artificielleQuatrièmement, nous vivons aussi à l’ère du numérique. Je pense donc que nous, en tant qu’organisation et en tant que système humanitaire, devons nous adapter à la digitalisation et à une adoption éthique de l’intelligence artificielle. Et cela, c’est mon fils qui m’a demandé de le mentionner , il étudie l’intelligence artificielle.Une organisation qui agit avec plus d’efficacité et d’efficience, portée par une culture du changementEt enfin… enfin, je pense qu’il est extrêmement important que nous, en tant qu’organisation, disposions à la fois de la capacité et de la culture de la transformation. L’époque des plans à 5 ou 10 ans est révolue. Le monde évolue si rapidement que même les plans annuels deviennent obsolètes. Il faut déjà les actualiser au bout de moins de six mois. Et nous ne pourrons y faire face que si le système humanitaire réajusté est porté par une véritable culture et une réelle capacité de transformation, ainsi que par l’humilité dont j’ai parlé plus tôt. Reconnaître ses faiblesses ou accepter le changement n’est pas une faiblesse — c’est une force. Seules les personnes fortes, seules les organisations solides, sont capables de faire cela.Vrai réajustement = LocalementChers collègues, nous sommes ici avec des règles, des expériences et des perspectives différentes — mais un seul intérêt commun.Tom, je te cite : comment pouvons-nous mieux travailler ensemble pour servir l’humanité.Si nous sommes vraiment sérieux au sujet de la transformation de la réponse humanitaire, alors nous devons l’être tout autant en ce qui concerne le transfert du pouvoir, des ressources et des responsabilités — vers celles et ceux que nous cherchons à aider.Cela signifie : le niveau local.Local. Local et encore local.Mais un local soutenu par la solidarité mondiale. Aussi local que possible, aussi international que nécessaire. Ainsi, un véritable réajustement humanitaire, du point de vue de l'IFRC, repose sur trois piliers : agir avec humanité, anticiper avec clairvoyance, et intervenir avec redevabilité. Et tout cela fonctionne au mieux lorsque le local est au cœur.Merci infiniment.

|
Article

Bénin et Togo : Brûler moins, planter plus et lutter contre le changement climatique un repas à la fois - bienvenue au « Club des mères ».

Dans les coins les plus reculés du Bénin et du Togo, une transformation est en train de s'opérer.Avec le soutien des Sociétés de la Croix-Rouge du Bénin et du Togo, des groupes de mères ont uni leurs forces pour mettre en œuvre des interventions qui changent la vie et atténuent les effets du changement climatique, luttent contre la déforestation, améliorent la nutrition et la santé des populations.Bienvenue dans les clubs de mères du Bénin et du Togo, où des femmes s'associent à des volontaires locaux, à de jeunes étudiants, à des enseignants et à d'autres personnes pour réduire la consommation de carburant, planter des arbres et cultiver des plantes adaptées à des saisons de croissance plus courtes,L'un des principaux projets concerne la façon dont les aliments sont préparés dans de nombreuses communautés rurales.Les femmes des clubs de mères, par exemple, sont formées à la fabrication et à l'utilisation de fourneaux améliorés, qui réduisent la consommation de bois de chauffage et les fumées nocives. Cette innovation ne facilite pas seulement leurs efforts quotidiens, mais freine également la déforestation et la pollution de l'air.« Auparavant, nous utilisions des poêles en pierre qui nous causaient beaucoup de problèmes », explique Dgniri Ouseni, un membre de la communauté de Kara, au Togo. « Ces poêles consommaient beaucoup de bois de chauffage, qui se faisait de plus en plus rare.« Avec ces nouveaux poêles à haut rendement énergétique, un seul morceau de bois suffit pour faire cuire un repas. Nos difficultés ont été réduites.Au-delà des fourneaux améliorés, la formation à la préparation aux catastrophes, à la culture de semences à cycle court et au reboisement a permis aux communautés de s'attaquer de front aux défis climatiques.Les clubs de mères ne sont pas uniques au Togo et au Bénin. Créés par des femmes au sein des communautés locales avec le soutien de la Croix-Rouge, ils répondent aux défis particuliers auxquels leurs communautés sont confrontées.Au Nigeria, les clubs de mères s'attaquent à la malnutrition aiguë en enseignant aux nouvelles mères l'importance de l'allaitement maternel et de meilleures façons d'utiliser les céréales locales. Les membres des clubs de mères deviennent également des volontaires de la Croix-Rouge et ont généralement un coordinateur de la Croix-Rouge qui soutient leurs activités.Au Bénin, elles ont également soutenu les efforts visant à planter plus de 21 000 arbres dans les écoles, les villages et les zones communales. Ces arbres sont de véritables multitâches : Ils luttent contre l'érosion des sols, apportent des avantages nutritionnels et économiques et sont des symboles d'espoir.« Ils ont accueilli l'initiative avec enthousiasme. Le jour où nous avons commencé à planter les arbres, nous n'avons pas pu gérer l'affluence, tout le monde voulait participer, y compris les enseignants », se souvient Fagnihou Kokouvi, directeur adjoint du CEG d'Abomey.Les avantages des arbres ne se limitent pas au présent.« L'impact sur les générations futures est évident », note Frabrice Soutin, président local de la Croix-Rouge à Abomey. « Dans deux ou trois ans, les enfants qui se trouvent sur ce terrain bénéficieront de l'ombre de ces arbres qui les protégeront du soleil».Dans les deux pays, les volontaires et les dirigeants communautaires ont reçu une formation sur la préparation aux catastrophes, la résilience climatique et la gestion des ressources naturelles.Au Togo, la Croix-Rouge togolaise a soutenu 920 membres de clubs de mères et de comités d'hommes, les sensibilisant à l'environnement et aux pratiques durables.« Les clubs de mères ont été formés aux techniques de fabrication de foyers améliorés et à la manière d'éviter d'abattre des arbres inutilement », explique Addom Aklesso, responsable du projet pour la Croix-Rouge togolaise. « Elles ont également appris à surveiller les indicateurs locaux qui signalent les inondations, afin de pouvoir préparer leurs villages ».Outre ces interventions axées sur le climat, les ménages déplacés et les familles vulnérables du nord du Bénin ont reçu une aide vitale, notamment des kits alimentaires, des ustensiles de cuisine et des moustiquaires.La formation aux semences à cycle court comme le maïs et les tomates - qui produisent des fruits relativement rapidement - a renforcé la sécurité alimentaire malgré des conditions météorologiques de plus en plus imprévisibles qui ont raccourci la saison de croissance habituelle.Financés par le Bureau des affaires humanitaires de l'USAID et soutenus par la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ces projets ont touché des milliers de personnes, qu'il s'agisse de volontaires, de clubs de mères, d'écoliers ou de familles déplacées.Pour Aklesso Quentin Adom, qui dirige le projet pour la Croix-Rouge togolaise dans le nord du Togo, les progrès réalisés jusqu'à présent lui donnent de l'espoir.« Si toutes ces plantes sont entretenues et qu'elles arrivent à maturité, cela nous permettra d'avoir une bonne pluviométrie dans la localité, dans la région », explique-t-il. « En outre, les communautés seront plus résilientes, la pauvreté sera réduite parce qu'au niveau des clubs de mères et des comités d'hommes, nous identifierons les activités génératrices de revenus des membres pour leur permettre de participer aux besoins du ménage. C'est l'impact à long terme que toutes ces interventions auront sur les communautés locales ».

|
Communiqué de presse

Les systèmes d'alerte précoce : une réponse essentielle face à l'augmentation sans précédent des typhons aux Philippines

Manille/ Kuala Lumpur/ Genève, 18 novembre :Six typhons tropicaux ont frappé les Philippines en l'espace d'un mois, ce qui constitue un phénomène météorologique extrême sans précédent depuis que l'on a commencé à enregistrer les données dans le bassin du Pacifique en 1951. Alors que l'impact global du dernier super typhon Man-Yi (nom local Pepito) est encore en cours d'évaluation, les cinq typhons précédents - Trami (Kristine), Kong-Rey (Leon), Yin-Xing (Marce), Toraji (Nika) et Usagi (Ofel) - ont déjà causé d'importantes destructions dans la région, provoquant des pluies torrentielles, des glissements de terrain, des inondations généralisées et des dommages aux infrastructures et aux moyens de subsistance, sollicitant au maximum les ressources locales. Plus de 1,4 million de personnes déplacées ont un accès limité à l'eau, à l'assainissement, à la nutrition et aux soins de santé.La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) lance un appel urgent à une aide supplémentaire, portant à 9 millions de francs suisses l'appel d'urgence initial de 7,5 millions de francs suisses lancé pour le typhon Trami, afin de permettre à la Croix-Rouge philippine d'élargir son champ d'assistance à plus de 86 000 personnes dans les 12 provinces les plus touchées par l'ensemble des six typhons.Gwendolyn Pang, Secrétaire Générale de la Croix-Rouge philippine (CRP), a déclaré : « Tout en apportant une aide vitale, nous avons lancé des actions précoces pour aider les communautés à risque à réduire les dégâts. Mais personne ne peut être bien préparé à un nombre sans précédent de tempêtes en si peu de temps. Nous avons besoin d'aide pour réduire l'impact humanitaire de ces typhons ». Elle a également souligné que la Croix-Rouge philippine répondait aux catastrophes depuis le début, aux côtés des autorités locales, pour répondre aux besoins immédiats des communautés les plus vulnérables. Gopal Mukherjee, coordinateur de programme et chef de délégation par intérim de l'IFRC pour les Philippines, a souligné le besoin urgent d'une aide supplémentaire, car les ressources locales, y compris celles de la Croix-Rouge philippine, sont limitées :« Le rétablissement des communautés touchées est déjà interrompu par ces typhons et leurs effets cumulés. La situation humanitaire s'aggrave à mesure que le super typhon Man-Yi fait sentir ses effets », a-t-il ajouté.Pour plus d'information ou pour demander une interview, merci de nous écrire à l'adresse : [email protected] A Kuala Lumpur: Lili Chin: +60 162340872A Genève: Hannah Copeland, +41 76 236 91 09

|
Article

Épidémie d'Ebola en Ouganda en 2022 : l'importance d'enterrements sûrs et dignes

Dans tous les pays du monde, les rituels funéraires - qu'ils soient culturels, traditionnels ou religieux - sont un moyen important d'honorer les morts et d'aider les gens à faire leur deuil. Pour de nombreuses communautés, les pratiques funéraires spéciales leur permettent de faire leurs adieux à leurs proches d'une manière respectueuse et significative. La perte d'un être cher n'est jamais facile. Mais que se passe-t-il si l'un de vos proches décède et que l'on vous dit que les traditions funéraires chères à votre communauté peuvent vous mettre tous en danger ?C'est ce qui est arrivé aux habitants de Mubende, en Ouganda, en septembre 2022, lorsque le pays a déclaré sa première épidémie d'Ebola en plus de dix ans. Le gouvernement a interdit aux communautés d'enterrer leurs proches en raison des risques encourus, déclarant que les enterrements devaient être gérés par des équipes formées à l'enterrement dans la sécurité et la dignité.Ebola est une maladie cruelle. Mortelle en l'absence de traitement et très contagieuse, elle se transmet d'une personne à l'autre par contact direct et par les fluides corporels. Lorsqu'une personne est infectée, sa famille et ses amis ne sont pas en mesure de lui prodiguer des soins. Et lorsqu'une personne meurt d'Ebola, son corps reste hautement contagieux jusqu'à sept jours, ce qui signifie que des mesures d'enterrement sûres et dignes doivent être prises pour éviter toute nouvelle infection.Kuteesa Samuel, de Mubende, ne le sait que trop bien. Il a perdu sa femme de 20 ans, Monica, à cause d'Ebola lors de l'épidémie de 2022. Monica était enceinte de sept mois à l'époque, ce qui signifie que Samuel a également perdu son enfant à naître.Dans la culture de Samuel, il est de coutume de laver et d'envelopper le corps du défunt. Et si une femme enceinte meurt dans la communauté, la tradition veut que le fœtus soit enterré dans une tombe séparée. Mais pendant la période d'Ebola, ces pratiques auraient constitué une menace mortelle pour la santé de la population.Sachant cela, la Croix-Rouge ougandaise était prête à intervenir.Locale, connue, et digne de confianceLes employés et les volontaires de la Croix-Rouge ougandaise font partie du tissu social de l'Ouganda. Ils sont issus des communautés qu'ils servent, suivent les mêmes coutumes locales et comprennent parfaitement les besoins et les sensibilités des gens en cas de catastrophe.Ils ont donc compris pourquoi la communauté de Samuel était effrayée, désorientée et réticente à abandonner ses traditions.Mais suite à l'engagement sensible, patient et répété des volontaires locaux de la Croix-Rouge - qui ont travaillé main dans la main avec les autorités sanitaires locales et les dirigeants de la communauté - la communauté de Samuel a accepté un compromis. Le corps de Monica a été laissé intact et enterré en toute sécurité par des équipes de la Croix-Rouge formées à cet effet et respectant des protocoles de santé et de sécurité stricts. Une fleur de bananier a été symboliquement enterrée dans une tombe séparée pour marquer la perte de l'enfant à naître de Samuel. « Après que les agents de santé se soient engagés et nous aient tout expliqué, nous sommes parvenus à un accord. [...] Sans la Croix-Rouge ougandaise, nous ne saurions même pas où les défunts seraient enterrés. Ils nous ont aidés à enterrer les défunts pour nous assurer que nous ne serions pas infectés. Nous apprécions donc beaucoup la Croix-Rouge", explique Samuel.La préparation sauve des viesDepuis la dernière épidémie d'Ebola en 2012, la Croix-Rouge ougandaise avait travaillé dur pour améliorer sa préparation aux futures urgences sanitaires et renforcer son rôle d'auxiliaire soutenant le ministère de la Santé lors des épidémies.Avec le soutien de 'IFRC à travers le Programme communautaire de préparation aux épidémies et aux pandémies (CP3) financé par USAID, ainsi que par le biais d'un appel d'urgence pour la préparation à Ebola (2018-2021) et d'une opération du Fonds d'urgence pour les réponses aux catastrophes (DREF) (2018-2020), ils ont entrepris de nombreuses activités de préparation à travers différentes parties du pays.La préparation aux situations d'urgence implique de prévoir le pire, et l'une de ces activités consistait donc à créer un groupe de formateurs et d'équipes qualifiés en matière d'inhumations sûres et dignes dans l'ensemble du pays. Ces équipes étaient prêtes à être déployées immédiatement pour soutenir des communautés comme celle de Samuel lorsque l'épidémie d'Ebola de 2022 a commencé. "Le CP3 a joué un rôle déterminant dans cette intervention. Nous n'avons pu réagir à temps que parce que nous nous étions préparés. Nous avions déjà des équipes préparées, ce qui nous a permis de réagir rapidement", explique le Dr Joseph Kasumba, responsable de la préparation aux épidémies et aux pandémies au sein de la Croix-Rouge ougandaise, qui a dirigé l'intervention.L'humanité dans les moments les plus sombresPendant l'épidémie d'Ebola de 2022, les équipes de la Croix-Rouge ougandaise ont procédé à 512 enterrements sûrs et dignes. Ces efforts ont permis de déclarer la fin de l'épidémie en un temps record de quatre mois.Ce qui est plus difficile à quantifier, c'est le soutien émotionnel et les soins significatifs que les équipes de la Croix-Rouge ont apportés aux communautés dans les pires moments de leur vie. Voici quelques témoignages poignants de personnes touchées par Ebola ou impliquées dans la riposte :"Lorsqu'il s'agit de la maladie à virus Ebola, les communautés ont toujours besoin de quelqu'un en qui elles peuvent avoir confiance, avec qui elles peuvent s'identifier. Et le fait que la Croix-Rouge fasse toujours partie de la communauté... nous connaissons les pratiques culturelles en vigueur. Nous savons ce que la communauté veut que nous fassions et elle se sent en confiance en s'identifiant à nous, même dans cette période de deuil et de chagrin". - Dr Joseph Kasumba"Nous remercions vraiment les agents de santé parce qu'ils nous ont appris à nous protéger. Nous sommes toujours reconnaissants de ce qu'ils ont fait. C'était un miracle pour nous. - Janet, habitante de Mubende"Depuis qu'Ebola a commencé à Mubende, c'est la Croix-Rouge qui nous a accompagnés. Chaque communauté connaît la Croix-Rouge ici. Nous vous remercions pour le travail que vous avez accompli. Les habitants de Mubende vous remercient d'avoir offert vos vies pour intervenir et sauver des vies." - Rosemary Byabashaija - Commissaire de district résidente à MubendeSi vous avez trouvé cette histoire intéressante et souhaitez en savoir plus :Visitez le site internet de la Société de la Croix-Rouge ougandaise;Cliquez ici pour en savoir plus sur le Programme communautaire de préparation aux épidémies et aux pandémies (CP3);Financé par l'USAID, le CP3 aide les communautés, les sociétés nationales et d'autres partenaires dans sept pays à se préparer, à prévenir, à détecter et à répondre aux menaces de maladies;Abonnez-vous au bulletin d'information de l'IFRC sur la préparation aux épidémies et aux pandémies.

|
Article

Journée mondiale contre le paludisme : Un volontaire fait ce qu'il faut pour sauver la vie d'un petit garçon en Sierra Leone

Baindu Momoh est une mère de Gbaigibu, dans le district de Kailahun, à l'est de la Sierra Leone. Son village est si petit et isolé qu’il n’apparaît pas sur la plupart des cartes, mais cela n’empêche pas la Croix-Rouge de Sierra Leone de veiller à la santé de sa communauté.En octobre 2023, Baindu s’est précipitée vers son volontaire local de la Croix-Rouge, Joseph. Quelque chose n’allait vraiment pas. Son petit garçon, Senesie, avait de la fièvre, transpirait et vomissait, et avait le visage et les yeux gonflés. Baindu craignait pour sa vie.Heureusement, Joseph fait partie du programme de préparation des communautés aux épidémies et aux pandémies (CP3) et est formé à la détection, au signalement et à la réponse aux menaces de maladie, ce qui signifie qu'il savait exactement quoi faire.« J'ai établi des relations solides avec l'établissement de santé et la communauté. Lorsque la mère de l'enfant m'a contacté en détresse, j'ai immédiatement reconnu l'urgence de la situation », explique Joseph.En l'absence de services ambulanciers locaux, Joseph a transporté Baindu et son bébé sur sa moto jusqu'au poste de santé communautaire le plus proche, à Woroma, où Senesie a été diagnostiquée comme souffrant de paludisme grave et d'anémie. On a dit à Baindu que, pour survivre, Senesie avait besoin d'une transfusion sanguine urgente, qui n'est disponible qu'à l'hôpital gouvernemental de Kailahun, à une trentaine de kilomètres de là.Sans hésiter, Joseph propose son aide et explique :« En tant que volontaire formé au sein d'une organisation humanitaire, ma communauté est ma responsabilité».Mais dans cette partie du monde, se rendre à l'hôpital est plus facile à dire qu'à faire. Sur sa moto, avec Baindu et Senesie à l'arrière, Joseph s'est engagé sur la longue route cahoteuse qui mène à Kailahun, en naviguant avec précaution sur un terrain dangereux et en traversant des rivières en cours de route. Heureusement, ils sont arrivés à bon port et Senesie a été rapidement soigné par le personnel de l'hôpital. « Puisque je pouvais aider, je ne pouvais pas le laisser mourir. J'ai donc pris la décision de payer le traitement, car les parents n'en avaient pas les moyens», explique Joseph.Grâce à l'action rapide et au soutien de Joseph, Senesie a complètement récupéré du paludisme. Après une semaine d'hospitalisation, Baindu et Senesie sont retournés chez eux à Gbaigibu. Joseph continue de prendre de leurs nouvelles pour s'assurer qu'ils se portent bien.« Joseph a risqué sa vie pour sauver celle de mon fils. Lorsqu'il est arrivé à l'hôpital public de Kailahun, il a payé la transfusion sanguine recommandée par les médecins. Pour moi, Joseph est un véritable sauveur qui nous a aidés lorsque nous en avions besoin », déclare Baindu.Baindu n'est pas la seule personne de Gbaigibu à bénéficier du soutien de Joseph. Il sensibilise régulièrement les membres de sa communauté à la prévention, au dépistage et à la lutte contre les maladies, telles que le paludisme, la rougeole et la fièvre jaune, afin qu'ils puissent rester en bonne santé et en sécurité.Fomba Lamin, responsable du poste de santé communautaire de Woroma, estime que Joseph joue un rôle inestimable en encourageant les membres du village à se faire soigner.« Nous remercions le programme CP3, qui améliore notre taux de référencement. Par le passé, les membres de la communauté que nous recommandions n'allaient pas à Kailahun pour des raisons évidentes : les moyens de transport. Mais grâce à des personnes comme Joseph, qui encouragent nos concitoyens à se faire soigner à Kailahun, nous constatons une réduction du nombre de décès dans notre communauté », explique Fomba.Bien que le paludisme soit évitable et traitable, le nombre de décès dus à la maladie reste élevé chez les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes, en particulier dans les communautés isolées et difficiles d'accès. Les principaux obstacles à la lutte contre le paludisme sont le manque d'accès fiable aux services de santé et aux produits de prévention, la diminution du financement mondial de la lutte contre le paludisme et l'augmentation généralisée et croissante de la résistance aux insecticides dans les pays où le paludisme est endémique. Des innovations récentes, telles que l'approbation par l'OMS de nouvelles moustiquaires imprégnées d'insecticide (MII) pour lutter contre la résistance aux insecticides et de deux nouveaux vaccins antipaludiques pour les enfants, constituent des étapes positives dans la lutte contre la maladie. Grâce à des programmes tels que le CP3, l'IFRC aide les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge du monde entier à planifier et à mettre en œuvre des activités de prévention du paludisme de grande qualité :Aider les ministères de la santé et leurs partenaires à planifier et à mettre en œuvre la distribution de moustiquaires imprégnées d'insecticide dans le cadre de campagnes de masse ou de canaux de distribution continus Administrer un traitement préventif aux enfants dans le cadre des campagnes saisonnières de chimioprévention du paludisme.Promouvoir les pratiques préventives individuelles par le biais d'activités sociales et de changement de comportement afin d'encourager les gens à dormir sous une moustiquaire chaque nuit de l'année, à se faire soigner rapidement en cas de fièvre ou de symptômes liés au paludisme, et à suivre des soins prénatals pour prévenir le paludisme.Cette histoire de la Sierra Leone est un excellent exemple de la manière dont les Sociétés nationales aident les communautés à prévenir le paludisme et à se faire soigner, les encouragent à mettre en œuvre des pratiques qui les protégeront de la maladie et améliorent leur accès aux soins de santé, même dans les communautés éloignées et isolées.L'IFRC héberge et préside également l'Alliance pour la prévention du paludisme, un partenariat mondial qui soutient les ministères de la santé et leurs partenaires financiers et d'exécution dans la planification et la mise en œuvre de la distribution de moustiquaires imprégnées d'insecticide, principalement par le biais de campagnes de masse. Les moustiquaires imprégnées d'insecticide restent l'outil le plus efficace pour protéger les communautés à risque contre le paludisme. --Joseph, le volontaire mentionné dans cet article, fait partie du Programme de préparation des communautés aux épidémies et aux pandémies (CP3). Financé par l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), ce programme aide les communautés, les sociétés nationales et d'autres partenaires dans sept pays à se préparer, à prévenir, à détecter et à répondre aux menaces de maladies. Si vous avez apprécié cet article et souhaitez en savoir plus : Visitez la page consacrée au paludisme sur le site IFRC.orgVisitez le site de l'Alliance pour la prévention du paludisme Inscrivez-vous à la newsletter de l'IFRC sur la préparation aux épidémies et aux pandémiesSuivez la Croix-Rouge de Sierra Leone sur X, Facebook et LinkedIn

|
Article

Stopper une épidémie de rougeole en Sierra Leone

Makuma est un village côtier isolé, niché dans le nord-ouest de la Sierra Leone, à la frontière avec la Guinée. Il n'est accessible que par une piste étroite et cahoteuse. Ses quelque 2 000 habitants se déplacent à pied ou en moto pendant les mois les plus secs. Mais lorsque les eaux montent pendant la saison des pluies, de mai à décembre, la piste devient inutilisable, coupant les habitants du centre de santé le plus proche, situé à une dizaine de kilomètres.Sa situation isolée, associée au risque élevé de maladies infectieuses en Sierra Leone, fait de Makuma un terrain propice aux épidémies, s'il n'y avait pas la présence de la Croix-Rouge sierra-léonaise.Momoh Saio Kamara est le volontaire local de la Croix-Rouge à Makuma. Il a grandi dans le village et jouit d'une grande popularité et d'une grande confiance, grâce au soutien qu'il a apporté aux personnes touchées par l'épidémie d'Ebola en 2014-2015.En 2019, Momoh a été formé à la lutte contre les épidémies et à la surveillance communautaire dans le cadre du Programme de préparation des communautés aux épidémies et aux pandémies (CP3), financé par l'USAID, afin d'acquérir les compétences et les outils nécessaires pour détecter, alerter et répondre rapidement aux épidémies.Ainsi, lorsque, début 2022, les habitants de Makuma ont commencé à remarquer des symptômes étranges d'une maladie mystérieuse qu'ils n'avaient jamais vue auparavant, Momoh savait exactement ce qu'il fallait faire.«Un jour, j'étais dans le village et je faisais des visites à domicile. J'ai rendu visite à un ami qui m'a dit qu'il y avait quelqu'un avec le nez rouge, la bouche rouge, le nez qui coule et qu'en plus de cela, cette personne avait une éruption cutanée. Je suis allé voir et j'ai tout de suite pensé que c'était la rougeole», explique Momoh.Sans hésiter, Momoh a alerté son supérieur, Jobel, grâce à un système de surveillance à base communautaire numérique mis en place dans le cadre du programme CP3. Jobel est arrivé peu après en moto pour enquêter. Constatant lui-même les symptômes, il a intensifié l'alerte dans le système, informant instantanément les autorités sanitaires du district.«Après l'alerte, j'ai appelé l'infirmière locale et j'ai convoqué une réunion de la communauté pour dire aux gens qu'il s'agissait d'une suspicion de rougeole », ajoute Momoh.Infection virale très contagieuse, la rougeole se propage facilement chez les personnes non vaccinées. Il s'agit d'une maladie grave qui peut nécessiter une hospitalisation, entraîner une invalidité permanente, voire tuer si elle n'est pas traitée correctement.Les infirmières locales sont rapidement arrivées et ont commencé à rechercher et à enregistrer les cas suspects, tandis que Momoh et Jobel ont fait du porte-à-porte pour expliquer aux gens comment se protéger.Le lendemain, une équipe d'intervention rapide de l'hôpital du district de Kambia est arrivée pour effectuer des tests, procéder à une vaccination en anneau de près de 800 enfants afin de minimiser la propagation de l'infection, et s'occuper des patients.«La Croix-Rouge et l'équipe de gestion sanitaire du district sont venues. Cela n'a pas pris longtemps. Lorsqu'ils sont arrivés, nous avons de nouveau organisé une réunion, nous avons parlé à la communauté. Nous leur avons dit que ces personnes avaient des médicaments et qu'ils étaient gratuits» explique Momoh.Pour N'Mah, une femme de Makuma dont le jeune fils a attrapé la rougeole, la présence de Momoh à ses côtés a été un immense soulagement.«Mon fils Morlai est tombé malade. Je n'avais aucune idée de ce qu'était la maladie et je me sentais inquiète et agitée. Momoh a organisé une réunion communautaire pour faire savoir qu'il pensait qu'il s'agissait de la rougeole. Il nous a dit ce qu'il savait de la maladie et a demandé aux gens de lui dire s'ils voyaient quelqu'un qui présentait les mêmes symptômes. Il nous a dit de garder notre environnement aussi propre que possible, de nous laver les mains correctement et d'isoler toute personne présentant des signes de la maladie. Je me suis sentie très heureuse parce que les services de santé sont arrivés très rapidement», explique N'Mah.«Je savais que Momoh serait en mesure de nous aider parce qu'il nous avait parlé de sa formation et de la façon dont il pouvait signaler la maladie», ajoute Mahawa.Momoh est l'un des 250 volontaires du district de Kambia formés dans le cadre du programme CP3. Ensemble, ils sont les yeux et les oreilles des communautés difficiles à atteindre et veillent à ce qu'aucun événement sanitaire suspect ne passe inaperçu.Au total, 124 cas de rougeole ont été enregistrés au cours de l'épidémie à Makuma. Ce chiffre aurait pu être beaucoup plus élevé sans l'action précoce de Momoh, la confiance que lui a accordée sa communauté et la réaction rapide des autorités sanitaires locales.«L'intervention réussie, qui a permis d'éviter des décès et des handicaps, est le résultat de la détection et du signalement précoces par les volontaires de la Croix-Rouge, suivis d'une réponse rapide de l'équipe de gestion de la santé du district. Il n'est pas exagéré de dire que ces volontaires contribuent grandement au système de santé du district de Kambia, en particulier à la surveillance de la santé publique», explique Ishmael Rogers, responsable de la surveillance du district de Kambia.Pour Yusif, conseiller du village de Makuma, qui a dirigé sa communauté dans des périodes difficiles telles qu'Ebola et COVID-19 ces dernières années, le soulagement d'avoir le soutien de la Croix-Rouge pour maintenir sa population en bonne santé est palpable.« Je suis heureux que Momoh soit là. Il est toujours disponible pour notre communauté - n'importe quel jour, n'importe quand. Il est très patient. Lorsque nos concitoyens sont malades, il veille à ce qu'ils soient emmenés à l'hôpital. Je pense que ma communauté est en sécurité avec Momoh. Si jamais il y a une autre épidémie, nous savons que Momoh est là pour nous. »--La détection et la réponse rapides aux épidémies dont il est question dans cet article ont été rendues possibles grâce au Programme de préparation des communautés aux épidémies et aux pandémies.Financé par l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), ce programme aide les communautés, les sociétés nationales et d'autres partenaires dans sept pays à se préparer, à prévenir, à détecter et à répondre aux menaces de maladies.Si vous avez apprécié cette histoire et souhaitez en savoir plus :Abonnez-vous au bulletin d'information de l'IFRC sur la préparation aux épidémies et aux pandémies;Suivez la Société de la Croix-Rouge de Sierra Léone sur X, Facebook et LinkedIn;Pour en savoir plus sur les initiatives de surveillance communautaire au sein de l'IFRC, veuillez consulter le site suivant: cbs.ifrc.org

|
Article

Déclaration de l'IFRC lors de l'événement de haut niveau des donateurs pour le Soudan et la région

Excellences, La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a travaillé en étroite collaboration avec la Société du Croissant-Rouge soudanais, en étroite coordination avec d'autres partenaires du Mouvement, avant et depuis le début de ce conflit. Le Croissant-Rouge soudanais est le principal acteur humanitaire du pays. Il compte plus de 40 000 volontaires formés. Il a accès à l'ensemble des 18 États et aux deux parties du conflit pour apporter une aide vitale. L'IFRC a lancé des appels d'urgence pour intensifier son action en faveur du Croissant-Rouge soudanais et des Sociétés nationales des pays voisins afin de fournir une assistance digne et sûre aux personnes en déplacement. Excellences – J'appelle aujourd'hui la communauté internationale à prendre les engagements suivants : Premièrement - Assurer la protection : L'IFRC appelle toutes les parties au conflit à prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter les blessures et les pertes de vies humaines parmi les civils, et à veiller à ce que les infrastructures civiles essentielles soient protégées. Deuxièmement - Assurer l'accès : Le Croissant-Rouge soudanais et les autres premiers intervenants doivent disposer de l'espace humanitaire nécessaire pour mener à bien leur travail de sauvetage. L'IFRC est profondément préoccupée par les rapports faisant état d'une augmentation des cas de violence à l'encontre des civils et d'une recrudescence des cas de violence sexuelle et sexiste. Troisièmement - Garantir les ressources : Nous demandons instamment aux dirigeants du monde entier d'augmenter d'urgence leur financement afin que les organisations locales, y compris le Croissant-Rouge soudanais, disposent de ressources suffisantes pour sauver des vies. Le peuple soudanais a besoin de notre soutien aujourd'hui et dans les semaines et les mois à venir. Leurs vies sont en jeu. Le monde ne peut se permettre de détourner le regard. Merci de votre attention.

|
Article

Le Fonds de l'impératrice Shôken annonce les subventions pour 2023

Le Fonds de l'Impératrice Shôken (FIS) porte le nom de Sa Majesté l'Impératrice Shôken du Japon qui, lors de la 9e Conférence internationale de la Croix-Rouge, a proposé la création d'un fonds international destiné à promouvoir les opérations de secours en temps de paix. Le Fonds est administré par la Commission mixte de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui entretient des contacts étroits avec la Mission permanente du Japon à Genève, la Société japonaise de la Croix-Rouge et l'Institut de recherche interculturelle Meiji Jingu au Japon. La famille impériale, le gouvernement japonais, la Croix-Rouge japonaise et le peuple japonais vénèrent la mémoire de Sa Majesté l'impératrice Shôken, et la régularité de leurs contributions au Fonds témoigne de l'estime qu'ils lui portent. D'une valeur totale de plus de 14 millions de francs suisses, le Fonds soutient des projets menés par les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge qui bénéficient aux communautés qu'elles servent de multiples façons. La première subvention a été accordée en 1921 pour aider cinq Sociétés nationales européennes à lutter contre la propagation de la tuberculose. Depuis lors, plus de 15 millions de francs suisses ont été alloués à 171 Sociétés nationales. Les subventions sont annoncées chaque année le 11 avril, date anniversaire de la mort de Sa Majesté l'impératrice Shôken. De plus en plus, le Fonds encourage les approches nouvelles et innovantes susceptibles de générer des connaissances qui profiteront au Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Processus de sélection en 2023 Le Fonds a reçu 51 demandes en 2022 pour la 102e distribution de revenus, couvrant un large éventail de projets humanitaires menés par les Sociétés nationales du monde entier. Les demandes soumises comportaient davantage de propositions innovantes que les années précédentes, ce qui confirme la nécessité pour le FSE de soutenir l'innovation et l'expérimentation au sein des Sociétés nationales. Cette année, la Commission mixte a décidé d'allouer un total de 367 187 francs suisses à 13 projets en Albanie, en Belgique, au Burundi, en Eswatini, à Fidji, en Guinée, au Honduras, en Indonésie, au Paraguay, au Soudan, en Syrie, en Thaïlande et en Uruguay. Les crises mondiales actuelles ont eu un impact sur la performance du fonds et les membres de la Commission mixte du FES ont ajusté le processus en conséquence. Cette année, les projets sélectionnés couvrent une variété de sujets, y compris les premiers secours et le sauvetage, la jeunesse, la préparation aux catastrophes, la santé et le développement des sociétés nationales (NSD-National Society Development). Les subventions 2023 par thème Le Fonds continue d'encourager les approches nouvelles et innovantes, ce qui se reflète clairement dans la sélection des propositions à financer. Certaines Sociétés nationales incubent et testent leurs solutions innovantes et expérimentent une multitude d'idées et d'approches. Grâce à leur méthodologie pilote, elles pourraient éventuellement élargir et mettre en œuvre leurs initiatives avec le soutien d'autres sources de financement. Méthodologie pilote La Croix-Rouge du Honduras a adopté une approche novatrice en matière d'autonomisation et d'engagement des volontaires. L'objectif de ce projet est de créer un fonds destiné à soutenir des microprojets novateurs élaborés et dirigés par des volontaires locaux. Cela permettra de renforcer les liens entre la Société nationale et les communautés qu'elle sert. Elle a conçu un projet pilote avec 12 micro-projets, répondant à un besoin identifié d'accroître l'activité au niveau de la branche; La Croix-Rouge uruguayenne concentre ses efforts sur l'amélioration de la résilience des jeunes en matière de santé mentale en proposant des formations dans les écoles, en créant des mécanismes de soutien psychosocial et en formant des brigades de jeunes. Les besoins en matière de soutien à la santé mentale des jeunes sont de plus en plus importants, et ce projet pilote dans deux écoles permettra à l'équipe d'apprendre et d'adapter son approche; La Croix-Rouge indonésienne pilotera une approche communautaire de la sensibilisation à l'environnement et de la sécurité alimentaire. Un centre d'apprentissage communautaire rénové sera utilisé pour lancer le projet pilote, qui impliquera plus de 100 conjoints au foyer et 30 enfants. Le projet vise à s'attaquer aux problèmes émergents, tels que le changement climatique, tout en renforçant les liens au sein de la communauté. De nombreuses Sociétés nationales ont donné la priorité à des solutions innovantes pour lutter contre les défis du changement climatique. Dans cette catégorie, les bénéficiaires sélectionnés, outre la Société de la Croix-Rouge indonésienne, sont les suivants. Changement climatique Les inondations sont l'un des risques naturels les plus dévastateurs. La Croix-Rouge de Belgique s'adressera aux jeunes touchés par les inondations et leur donnera les moyens d'exprimer et de partager leurs sentiments sur le changement climatique par le biais de récits numériques. Simple à reproduire et modulable, cette initiative peut nous apporter une connaissance approfondie et nous permettre de partager des messages forts; Pour relever les défis du changement climatique, la Croix-Rouge du Burundi s'engagera dans la mise en œuvre d'activités telles que la plantation d'arbres et la promotion d'une meilleure gestion des déchets urbains. Le projet est une initiative menée par des jeunes volontaires qui réduira le chômage des jeunes. Cette approche globale offrira d'importantes possibilités d'apprentissage; La Croix-Rouge paraguayenne développera une application mobile qui servira de système d'alerte précoce et informera les communautés sur la manière dont elles peuvent réagir aux inondations dans sept districts communautaires. Cette solution est évolutive, innovante et constitue une approche durable pour répondre aux besoins des communautés. Enfin, le dernier groupe de bénéficiaires utilisera ses subventions pour traiter des questions liées à la préparation aux catastrophes, à la santé et à la jeunesse. Dans cette catégorie, les bénéficiaires sélectionnés sont les suivants. Préparation aux catastrophes La Croix-Rouge Baphalali Eswatini améliorera les processus de gestion des données pour une prise de décision efficace lors des situations d'urgence en Eswatini d'ici 2025. L'idée principale est d'intégrer et de généraliser un tableau de bord pour téléphone portable dans le système de gestion de l'information existant de la Société nationale et d'accroître la participation des communautés (communautés affectées) au partage et à la gestion de l'information; La Thaïlande est sujette aux risques naturels, qui causent souvent des dommages dévastateurs et des pertes en vies humaines. C'est pourquoi la Croix-Rouge thaïlandaise souhaite améliorer la préparation aux catastrophes, principalement aux tremblements de terre, en formant les enfants et les jeunes à l'aide de simulations de réalité virtuelle; Le Croissant-Rouge soudanais utilisera les fonds pour soutenir les femmes touchées par les inondations, en leur fournissant de l'argent, des subventions et des outils de subsistance pour leur permettre de créer leur propre entreprise. L'objectif est de renforcer la résilience et les contextes de relèvement à plus long terme pour les crises actuelles et futures en responsabilisant les plus vulnérables de manière autonome. Santé La Croix-Rouge de Guinée se concentrera sur le développement d'une application de santé mobile pour améliorer la qualité des soins obstétriques et néonataux d'urgence, en particulier pour les accouchements complexes, en vue de réduire la mortalité maternelle et néonatale. Jeunesse Selon les chiffres relatifs à la traite des êtres humains, l'Albanie est l'un des principaux pays d'origine et le deuxième pays européen non membre de l'UE qui compte le plus grand nombre de victimes. Pour faire face à cette menace, la Croix-Rouge albanaise utilisera la subvention pour former du personnel et des volontaires, en vue d'activer la prévention de pair à pair dans les écoles secondaires. La Société nationale s'adressera à d'autres Sociétés nationales sœurs afin de mettre en place un solide réseau de formateurs certifiés qui sensibiliseront la population par le biais d'activités de pair à pair; La Croix-Rouge des Fidji souhaite remanier son programme de volontariat actuel, en utilisant la subvention pour mettre en œuvre une numérisation de bout en bout afin d'améliorer l'expérience d'accueil et d'accroître la qualité et la rentabilité de la gestion des volontaires. L'idée est également d'inclure une formation au niveau de la communauté qui générera un apprentissage significatif et sera facilement reproductible ailleurs; À l'heure actuelle, le Croissant-Rouge arabe syrien compte plus de 18 000 employés et volontaires dans ses antennes locales, qui l'aident à mener à bien sa mission humanitaire. Afin d'intensifier le développement des branches en complétant d'autres initiatives, la Société nationale utilisera la subvention pour numériser ses politiques afin de proposer des cours en ligne accessibles gratuitement et à tout moment, ce qui rendra la formation plus pratique pour son réseau d'employés et de volontaires. FIS et apprentissage Le Fonds s'efforce constamment de générer des idées à partir des projets mis en œuvre au profit de l'ensemble du Mouvement et de diversifier son matériel d'apprentissage. Dans le courant de l'année, le Fonds s'associera aux parties prenantes des autres mécanismes de financement du FIS, à savoir le Fonds de renforcement des capacités (Capacity building Fund-CBF) et l'Alliance d'investissement des Sociétés nationales, pour organiser un événement d'apprentissage, dans le but de partager les enseignements tirés et les expériences des bénéficiaires des différents fonds. Il est important de reconnaître la diversité des Sociétés nationales au sein du réseau et le large éventail de soutien au développement des Sociétés nationales (DSN) qui est nécessaire. Le FIS et les autres mécanismes de financement (qui se concentrent davantage sur le DSN) fonctionnent de manière complémentaire et, ensemble, ils ont la capacité de répondre à cet éventail de besoins en matière de DSN et d'apprentissage et de soutenir une transformation plus large au sein de notre réseau.

|
Article

Croix-Rouge hondurienne : La gentillesse brille dans les communautés locales

Il est 8 heures du matin par un dimanche paisible à Copán Ruinas, une petite ville pittoresque de l'ouest du Honduras qui fut autrefois l'une des cités les plus puissantes de l'empire maya. Les commerçants commencent à ouvrir leurs magasins. Quelques femmes et enfants jouent sur la place principale. De nombreux habitants, coiffés de leur chapeau de cow-boy caractéristique, se rendent à leur promenade matinale. Mais un homme se distingue par son gilet et sa casquette rouge vif. Un grand emblème de la Croix-Rouge et les mots "Cruz Roja Hondureña" (Croix-Rouge hondurienne) sont fièrement inscrits au dos. Je l'observe un moment tandis qu'il discute avec les habitants du village, qui semblent tous le saluer chaleureusement en lui serrant la main ou en le touchant du poing. Je le rattrape, lui dis amicalement «¡Hola, amigo !» et j'apprends qu'il s'appelle Stanley. Volontaire à la Croix-Rouge depuis plus de 22 ans, il se rend à une réunion avec d'autres volontaires et employés de la région. Il m'invite à visiter l'antenne locale plus tard dans l'après-midi pour en savoir plus sur ce qu'ils font. Et c'est ce que j'ai fait ! L'accueil n'aurait pas pu être plus chaleureux. Au cours du déjeuner, j'ai appris que tous les participants étaient venus de toute la région pour partager leurs histoires, leurs connaissances et leurs expériences en matière de soutien aux communautés locales dans le cadre de diverses crises et de défis quotidiens. Permettez-moi de vous parler de trois des personnes que j'ai rencontrées : Mirian, Napoleón et Loany. Mirian Mirian est l'heureuse présidente de la branche locale de Copán et fait du volontariat depuis plus de 10 ans. Sa branche gère les deux seules ambulances de toute la ville, ce qui signifie que lorsque quelqu'un est en difficulté, c'est son équipe qui répond à l'appel. Elle supervise cependant bien plus que les services de santé d'urgence. Sa branche travaille beaucoup pour aider la population locale, y compris les groupes indigènes vivant dans les collines environnantes et les écoliers, à se préparer aux crises, telles que les ouragans et les inondations. Sa branche soutient également le nombre croissant de migrants qui traversent le Honduras pour remonter vers le nord, notamment par l'intermédiaire de points de services humanitaires : des espaces stratégiquement situés où les migrants peuvent bénéficier d'un soutien sûr et fiable au cours de leur voyage. « Je suis motivé par l'humanitarisme, en voyant à quel point la Croix-Rouge est une organisation pleine d'amour pour les autres. Que nous sommes des gens prêts à tout donner. Pour moi, c'est la meilleure chose qui me soit jamais arrivée : être membre de la famille de la Croix-Rouge », déclare Mirian. Napoleón Napoleón est basé à San Pedro Sula, la deuxième ville du Honduras. Ancien caméraman, il est chauffeur volontaire pour la Croix-Rouge hondurienne depuis cinq ans. Il y a quelques années, Napoleón était l'un des nombreux volontaires de la Croix-Rouge hondurienne qui ont répondu aux ouragans dévastateurs Eta et Iota qui ont ravagé la région. Il raconte avoir conduit un gros camion de secours dans des eaux si profondes que son véhicule a failli être emporté par les flots. Malgré les conditions difficiles, il a pu atteindre et aider à sauver de nombreuses personnes bloquées, leurs biens et leurs animaux de compagnie. Il a également participé à l'énorme effort de relèvement et de reconstruction, en aidant les gens à retrouver leur vie et leur maison. La fierté que Napoleón éprouve à faire du volontariat se lit sur son visage. Son sourire rayonne d'une oreille à l'autre lorsqu'il parle du soutien qu'il apporte à ses collègues volontaires et de la façon dont il les rassemble en temps de crise. «J'aime être volontaire parce que je donne une partie de ma vie et que je partage mes sentiments en aidant l'humanité. On se sent bien, on est satisfait de pouvoir aider», explique Napoleón. Loany Loany est également basée à San Pedro Sula, mais son rôle est un peu différent. Elle n'est pas volontaire, mais employée par la Croix-Rouge hondurienne pour aider les volontaires. Elle travaille avec les branches locales, comme celle de Copán, pour améliorer leur gouvernance, leur gestion financière et la mobilisation des ressources, afin que leurs volontaires puissent fournir de meilleurs soins et un meilleur soutien à leurs communautés. Même si cela ne semble pas aussi impressionnant que de patauger dans les eaux de crue pour secourir des survivants, le travail de Loany n'en est pas moins important. Des branches locales fortes sont le fondement du réseau de l'IFRC. Sans elles, nous ne pouvons pas fournir le soutien rapide, efficace et local dont les communautés en crise ont réellement besoin. Avec une année d'expérience, Loany est relativement nouvelle dans la famille de la Croix-Rouge. Je lui ai demandé ce que signifiait pour elle le fait de travailler pour la Croix-Rouge et si elle envisageait de continuer: «Pour moi, c'est de l'amour, car vouloir bien faire les choses, vouloir aider d'autres personnes vulnérables ou en danger, nous pousse à donner le meilleur de nous-mêmes en tant qu'êtres humains. Maintenant que je suis entrée dans le monde de la Croix-Rouge, je ne sais pas si j'en sortirai un jour», dit-elle. -- À la fin de la réunion des volontaires, le groupe se sépare en se disant au revoir. Je retourne sur la place principale de Copán en pensant à un mot que nous utilisons souvent dans le secteur humanitaire : «​​​​​localisation». C'est un terme de jargon. Mais que signifie-t-il vraiment ? Je me rends compte que, pour moi, cela signifie Mirian, Napoleón et Loany: trois personnes qui travaillent dur au sein de leurs communautés locales pour rendre la vie meilleure, plus sûre et plus brillante pour ceux qui les entourent. Et pour Stanley, c'est un homme qui arpente les mêmes rues familières depuis des années dans sa ville natale, vêtu de son gilet de la Croix-Rouge. Un homme connu, digne de confiance et respecté par sa communauté locale, qui l'accompagne dans les bons comme dans les mauvais moments.

|
Page de base

Localisation

Les acteurs humanitaires locaux sont les premiers à intervenir en cas de catastrophe et ont souvent accès à des zones auxquelles les acteurs internationaux n'ont pas accès.Leur présence au sein des communautés avant, pendant et après les crises signifie qu'ils sont généralement les mieux placés pour relier les efforts de réponse immédiate au renforcement de la résilience, à la préparation et au rétablissement à plus long terme.

|
Page de base

Préparation aux catastrophes

Se préparer aux catastrophes sauve d'innombrables vies, accélère le rétablissement des personnes et permet d'économiser de l'argent. L'IFRC aide les Sociétés nationales à améliorer en permanence leur capacité de préparation et de réponse au niveau local, prévenant et réduisant en fin de compte les impacts des catastrophes sur les communautés.

|
Article

8 mai – Les acteurs locaux contribuent de manière décisive à sauver des vies!

En ce moment même, au Mozambique, nous venons en aide aux communautés isolées au lendemain du passage du cyclone Idai. Au Venezuela, nous soutenons les hôpitaux et les établissements de santé en leur fournissant des articles vitaux. En Syrie, nous faisons tout notre possible pour répondre aux besoins croissants de la population. Dans les îles du Pacifique et des Caraïbes, nous préparons les communautés locales à faire face aux conséquences humanitaires des changements climatiques. En Italie et en Espagne, nous renforçons les programmes en faveur des personnes les plus vulnérables, afin de pouvoir atteindre les communautés qui vivent en marge de notre société, et nous poursuivons les activités menées auprès des migrants, afin de sauver des vies, de protéger la dignité humaine et de favoriser l’intégration. En Afghanistan, nous procédons à un élargissement de nos activités visant à soutenir les personnes touchées par des épisodes de sécheresse ou par des inondations.Il ne s’agit là que de quelques exemples de l’action menée par la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge dans le monde, mais je pourrais vous donner au moins 191 exemples, un pour chacune de nos 191 Sociétés nationales. À l’occasion de la Journée mondiale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, je souhaiterais tout d’abord remercier tous nos volontaires et nos employés qui œuvrent sans relâche pour atteindre les personnes en détresse et alléger leurs souffrances. Vous apportez une assistance humanitaire partout dans le monde, jusque dans les endroits les plus isolés. Vous êtes la preuve que les acteurs locaux contribuent de manière décisive à sauver des vies, à préparer les communautés et à mener une action plus rapide et plus adaptée chaque fois que survient une crise.Nous sommes confrontés à des défis humanitaires sans précédent. Les crises s’aggravent et se prolongent souvent sur plusieurs années. Les catastrophes naturelles et les changements climatiques mettent des millions de personnes en danger, sans compter les nouveaux mouvements de population qu’ils engendrent. Un plus grand nombre de pays et de communautés sont touchés par des épisodes de sécheresse et de famine. Dans les zones de conflit, les règles sont rarement respectées, les civils sont faits prisonniers et utilisés comme une arme de guerre, et nos volontaires et employés sont pris pour cibles. Je voudrais aujourd’hui que nous ayons une pensée pour tous les volontaires et employés qui ont perdu la vie dans l’exercice de leurs fonctions : nous ne vous oublierons jamais, vous serez toujours avec nous, derrière chacune de nos actions et de nos activités. Et je continuerai de plaider en toute occasion, à chaque conférence et à chaque réunion, en faveur de la sécurité de notre personnel sur le terrain, et à rappeler que nous ne devons pas être une cible. Une attaque à l’encontre de travailleurs humanitaires est à une attaque à l’encontre de l’humanité, une attaque à l’encontre de toutes les communautés vulnérables et un crime de guerre.Lorsque nous jetons un regard sur l’actualité et sur la situation actuelle, nous sommes tous envahis par un sentiment de frustration. Sur le plan individuel, nous avons chacun des histoires, des bagages, des expériences, des vies personnelles et des parcours professionnels différents, mais, ensemble, nous formons une organisation humanitaire engagée en faveur de l’humanité et attachée à ses Principes fondamentaux. C’est pour cette raison que nous devons rester optimistes et que nous devons garder espoir et continuer de servir l’humanité, laquelle a tant besoin de la famille de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.C’est pour cette raison également que nous devons plaider en faveur de la protection et de la dignité des personnes confrontées aux pires difficultés, exercer une influence sans nous laisser influencer, et repérer les vulnérabilités susceptibles de toucher nos communautés.Je voudrais à nouveau tous vous remercier. Étant moi-même un volontaire, je suis profondément fier et honoré de représenter la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge et ses 14 millions de volontaires et de faire partie de cette famille.Je vous remercie pour votre action quotidienne en faveur de l’humanité et de la création d’un monde meilleur et vous prie d’agréer, chers collègues, l’assurance de ma haute considération.Francesco Rocca