Alors que le conflit entre dans sa cinquième année, les besoins humanitaires en Ukraine s’intensifient dans un contexte d’aggravation de la crise énergétique et de déficit de financement.
Kyiv/Budapest/Genève, 23 février – Alors que l’Ukraine entre dans la cinquième année de l’escalade du conflit armé international, des millions de personnes affrontent un hiver glacial marqué par des infrastructures énergétiques endommagées, des coupures d’électricité répétées et des difficultés économiques et psychologiques croissantes. La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) appelle à un renforcement du soutien international afin de répondre à l’augmentation des besoins humanitaires.Dans des températures exceptionnellement basses, la destruction des systèmes énergétiques a laissé d’innombrables familles sans chauffage ni électricité fiables. La crise énergétique empêche les populations de cuisiner, de chauffer leur logement, d’utiliser les ascenseurs, d’accéder aux soins de santé ou même d’appeler à l’aide pendant les coupures. Pour les personnes âgées, les personnes en situation de handicap et celles atteintes de maladies chroniques, ces perturbations représentent une menace vitale.« La vie de nombreuses personnes en Ukraine est aujourd’hui plus difficile que jamais », a déclaré Birgitte Bischoff Ebbesen, Directrice régionale de l’IFRC pour l’Europe. « La crise énergétique est une crise humanitaire qui affecte tous les aspects de la vie des populations, en particulier leur santé et leur santé mentale. »Les logements non chauffés exposent les populations à un risque élevé d’hypothermie, d’engelures et de maladies respiratoires. Les longues heures passées dans l’obscurité, combinées à l’incertitude et à l’isolement, continuent de peser lourdement sur le bien-être psychologique. L’accès au soutien en santé mentale et au soutien psychosocial demeure limité, en particulier dans les zones de première ligne et les zones rurales.La Croix-Rouge ukrainienne, avec le soutien de l’IFRC et de son réseau de partenaires, poursuit son intervention à travers le pays : assistance d’urgence sur les sites d’attaques, soutien à l’accès au chauffage et à l’électricité, services de santé et sociaux, soutien en santé mentale et psychosocial, assistance hivernale, réparations des habitations et relance des moyens de subsistance.Cependant, les financements ne sont pas à la hauteur de l’ampleur des besoins. L’Appel d’urgence de l’IFRC pour l’Ukraine et les pays impactés pour 2026-2027 présente un déficit de financement de plus de 260 millions de francs suisses, ce qui limite l’assistance à un moment critique où les besoins humanitaires explosent.« Nous constatons déjà que la baisse des financements internationaux a des conséquences pour les personnes touchées par le conflit : retards dans la réparation des logements et des infrastructures, accès limité aux services de base, aux prestations sociales et aux soins médicaux. Nous avons besoin d’investissements urgents pour éviter une crise humanitaire encore plus grave », a ajouté Birgitte Ebbesen.Notes aux rédacteursImpact du réseau IFRC au cours des quatre dernières années :60 Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge à travers le monde ont répondu aux besoins des personnes en provenance d’Ukraine dans 45 pays.Plus de 133 000 volontaires issus de 7 100 branches ont directement soutenu les personnes en provenance d’Ukraine.Plus de 257 millions de francs suisses ont été distribués sous forme d’assistance en espèces et en bons à 1,87 million de personnes.2,4 milliards de francs suisses ont été mobilisés au sein du réseau IFRC grâce au soutien et à la solidarité du public, des gouvernements et des partenaires privés.L’IFRC a révisé son Appel d’urgence pour l’Ukraine et les pays impactés afin de l’adapter à l’évolution du contexte, quatre ans après l’escalade du conflit armé international. Les besoins de financement s’élèvent à 300 millions de francs suisses pour 2026-2027 afin de maintenir les services essentiels, soutenir le relèvement et la restauration des infrastructures, et assister les personnes déplacées et affectées dans la région selon tous les scénarios prévisibles.Pour plus d’informations ou pour demander une interview : [email protected]À Kyiv :Mariia Ieromenko, +38 075 318 84 12Scott Craig, +41 76 370 3575À Budapest :Nora Peter, +36 70 265 4020À Genève :Tommaso Della Longa, +41 79 708 4367