Mauritanie : une aide vitale pour renforcer la solidarité entre familles hôtes et personnes en déplacement

Two volunteers from the Mauritanian Red Crescent wait to assist people on the move across the Senegal River.

Two volunteers from the Mauritanian Red Crescent wait to assist people on the move across the Senegal River.

Photo: Moustapha Diallo/IFRC

A Rosso-Mauritanie, sur les rives du fleuve Sénégal, le va-et-vient incessant des pirogues et du ferry rythme le quotidien. Chaque jour, des centaines de personnes traversent le fleuve, reliant la ville mauritanienne à sa jumelle sénégalaise du même nom, de l’autre côté de la rive.

Sa position géographique en fait un carrefour économique et migratoire majeur entre la Mauritanie et le Sénégal, agissant comme une porte d'entrée vers le Sénégal et un point de transit pour les migrants subsahariens vers le Maghreb et l’Europe.

Depuis plusieurs mois, la ville de Rosso-Mauritanie fait face à un afflux croissant de migrants en transit, souvent épuisés par un long voyage, arrivant avec peu de ressources, sans assez d’eau potable, ni nourriture suffisante, ni abri adéquat.

Les Points de services humanitaires : des bouées de sauvetage pendant le transit

Pour répondre à ces besoins urgents, le Croissant-Rouge mauritanien a mis en place deux Points de Services Humanitaires (PSH), l’un à l’embarcadère de Rosso, l’autre au siège du comité local. Pour de nombreux migrants en transit, ces espaces de répit leur offrent une aide vitale.

« Nous leur donnons de la nourriture, de l’eau, des kits d'hygiène, un soutien psychosocial et des services de rétablissement des liens familiaux pour ceux qui cherchent à contacter leurs proches. » explique Mohamed Ould Lemine, responsable des programmes volontariat et migration du CRM. « Mais l’augmentation quotidienne des arrivées a rapidement saturé nos capacités ».

Mauritanian Red Crescent volunteers distribute cash assistance to people living in the Haye Nezaha 1 neighborhood, on the outskirts of Rosso, who host people on the move from other parts of Africa. Most of the recipients are women who serve as the sole breadwinners for their families.

Mauritanian Red Crescent volunteers distribute cash assistance to people living in the Haye Nezaha 1 neighborhood, on the outskirts of Rosso, who host people on the move from other parts of Africa. Most of the recipients are women who serve as the sole breadwinners for their families.

Photo: Moustapha Diallo/IFRC

Les familles hôtes, premières lignes de solidarité

Derrière cette urgence visible, une autre pression plus silencieuse s’exerçait : celle pesant sur les communautés hôtes de Rosso, elles-mêmes vulnérables et aux ressources limitées. Ces familles sont pourtant les premiers contacts des migrants ou personnes en déplacement, leur offrant un geste de solidarité.

Pour soutenir à la fois les migrants et les communautés hôtes, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) a mobilisé 375 000 francs suisses via son Fonds d’urgence pour les réponses aux catastrophes (IFRC-DREF). Cet appui vise à soutenir 4 500 migrants et 600 familles hôtes les plus vulnérables, renforçant ainsi les capacités locales d’entraide et la cohésion sociale.

Clara Amato, IFRC Migration Coordinator for the emergency operation in Rosso, hands an envelope containing cash to a vulnerable woman during the official launch of the cash assistance program, which targets 600 vulnerable host families.

Clara Amato, IFRC Migration Coordinator for the emergency operation in Rosso, hands an envelope containing cash to a vulnerable woman during the official launch of the cash assistance program, which targets 600 vulnerable host families.

Photo: Moustapha Diallo/IFRC

Une réponse plus équitable et inclusive

Loin du tumulte de l’embarcadère, des dizaines de volontaires du Croissant-Rouge mauritanien sont mobilisés dans plusieurs quartiers de Rosso-ville dans une opération de distribution de cash en faveur de 600 familles vulnérables. Ce soutien financier leur permet de répondre à leurs besoins essentiels et de retrouver un peu de stabilité.

« Il était temps que les acteurs humanitaires pensent à nous aussi. C’est la première aide que nous recevons. », confie Mohamed Tahet Ould Sidi, le chef du quartier de Haye Nezaha 1, dans la banlieue de Rosso, exprimant un sentiment d’abandon longtemps ressenti.

Dans la cour de sa concession, devenue pour un après-midi un point de distribution, l'espoir renaît. Sous un soleil ardent, des femmes, souvent seules à la tête de leur famille, viennent chercher un soutien qui fait la différence.

« Avant, on vivait simplement, mais on arrivait à s’en sortir. » confie Salma Hemet, 54 ans, mère de sept enfants avec un mari sans emploi, habitante du quartier de Jadida. « Puis, tout est devenu difficile les prix du riz et du sucre ont augmenté, et nos revenus ont disparu. » 

Mauritanian Red Crescent volunteers verify the list of beneficiaries to ensure that everything is correct before the launch of the cash assistance programme.

Mauritanian Red Crescent volunteers verify the list of beneficiaries to ensure that everything is correct before the launch of the cash assistance programme.

Photo: Moustapha Diallo/IFRC

Construire une résilience partagée

Pour l’IFRC et le CRM, cette approche intégrée reflète une vision à long terme qui considère l'aide non pas comme une œuvre caritative, mais comme un investissement dans la résilience commune.

« En soutenant à la fois les migrants et les familles hôtes, nous reconnaissons leur rôle crucial », explique Makan Boubacar Sissao, chargé de programme Migration à l’IFRC.

« Nous ne nous contentons pas de distribuer de l'aide ; nous renforçons la cohésion sociale et aidons les communautés à renforcer ensemble leur résilience. »

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