Le Président de l'IFRC prend la parole lors de la conférence de haut niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition de l'Union africaine

IFRC President Francesco Rocca addresses the African Union High-Level conference on food security and nutrition in Addis Ababa in October 2022.

IFRC President addresses High-Level conference on food security and nutrition at the African Union in October 2022

Photo: African Union

Speaker

Le Président

Le Président est la plus haute personnalité de l'IFRC. Il est chargé de guider l'IFRC, de veiller à ce qu'elle agisse en conformité avec les décisions prises par ses organes directeurs et d'exercer ses fonctions telles que définies dans nos statuts.

Ce discours a été prononcé lors de la conférence de haut niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition qui s'est tenue les 9 et 10 octobre à Addis-Abeba, en Éthiopie. Cette conférence était organisée conjointement par l'IFRC, l'Union africaine, la Banque africaine de développement et la FAO.

Excellences, Honorables ministres, Distingués délégués, dirigeants et amis de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Mesdames et Messieurs,

C'est un immense honneur et un plaisir pour moi d'être ici aujourd'hui et d'ouvrir avec vous tous cet important événement sur les crises de sécurité alimentaire auxquelles nous sommes confrontés en Afrique.

Cette conférence est une plateforme unique qu'en tant que coorganisateurs, nous mettons en oeuvre pour obtenir le soutien des acteurs politiques, humanitaires et de développement, ainsi que des institutions financières internationales.

Nous sommes particulièrement honorés par la coopération étroite de plus d'une décennie avec la Commission de l'Union africaine. À travers vous, Votre Excellence Monsieur le Commissaire Sacko, je salue le leadership de l'Union africaine et je m'engage à ce que la Fédération poursuive son engagement à renforcer notre partenariat.

Cependant, alors que nous abordons la complexité de la sécurité alimentaire et de la nutrition, nous ne devons pas non plus oublier d'écouter ceux qui sont en première ligne des risques et dans les communautés les plus marginalisées et les plus difficiles à atteindre.

Je représente la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, le plus grand réseau humanitaire du monde, composé de 192 Sociétés nationales réunissant 14 millions de volontaires à travers le monde, préparées, engagées et prêtes à répondre aux catastrophes et aux crises à l'échelle locale, nationale et régionale.

Notre réseau fait entendre la voix de ceux qui sont en première ligne des catastrophes et des solutions que les communautés proposent. Nous, l'IFRC, défendons la localisation et l'appropriation nationale en pratique sur le terrain comme une nécessité dans le monde entier.

En donnant des moyens d'action aux acteurs locaux, tels que les volontaires de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, nous sommes en mesure de sauver des vies et d'atteindre davantage de personnes vulnérables.

Nos volontaires font partie des communautés locales, ils connaissent les besoins et savent comment mieux y répondre.

Apporter une aide humanitaire à des familles qui se déplacent constamment est l'un des plus grands défis que doivent relever les travailleurs humanitaires.

Par exemple, nos équipes du Croissant-Rouge en Somalie travaillent en étroite collaboration avec les communautés nomades et il n'est donc jamais question de savoir où acheminer l'aide. Ces volontaires sont issus des communautés qu'ils servent, et ils savent mieux que quiconque comment s'y prendre.

En tant que réseau mondial, nous sommes profondément préoccupés par l'évolution de la crise de l'insécurité alimentaire en Afrique, où 800 millions de personnes sont menacées sur le continent et 146 millions ont un besoin urgent de ressources alimentaires. 

La faim est l'une des souffrances les plus indignes de l'humanité. La situation devrait se détériorer jusqu'en 2023, et nous devons tous nous inquiéter, mais surtout nous mobiliser pour éviter toute catastrophe.

Il n'y a plus de temps à perdre ! Les paroles et l'engagement politique doivent se traduire par des actions urgentes. Nous sommes également conscients que cette crise n'est pas une crise africaine mais une crise mondiale, déclenchée par trois facteurs mondiaux : le changement climatique, les conséquences socio-économiques de la pandémie de COVID-19 et l'impact mondial sur les matières premières et les prix du conflit armé international en Ukraine.

Les Sociétés nationales africaines, avec le soutien de l'IFRC, n'ont pas attendu que la situation se détériore pour agir.

En 2021, 4,8 millions de personnes ont reçu une aide en espèces et une assistance alimentaire. En tant que Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, nous sommes également conscients que nous devons intensifier notre réponse.

L'IFRC a lancé un appel d'urgence régional de 200 millions de francs suisses qui couvre 23 pays touchés et vise à atteindre 7,6 millions de personnes dans 14 pays prioritaires. 

Pour briser le cercle vicieux de cette crise alimentaire, l'IFRC ne se contentera pas d'investir dans la réponse à la crise, mais travaillera avec la Commission de l'Union africaine et d'autres partenaires clés pour plaider en faveur d'une intensification des efforts visant à répondre à l'impératif humanitaire à travers le continent et à répondre à la nécessité urgente d'investir également dans la réponse aux besoins à plus long terme.

Nous agirons conformément à l'Agenda 2063 de l'UA, aux plans de réponse des États membres de l'UA sur tout le continent et aux plans stratégiques des communautés économiques régionales en matière de sécurité alimentaire. 

Pour nous, il s'agit d'une crise mondiale. Nous mobilisons l'ensemble de nos 192 membres pour soutenir les actions menées par les sociétés nationales africaines. Ici, aujourd'hui, nous avons 15 dirigeants de Sociétés nationales africaines, ainsi que des représentants des partenaires de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge d'autres continents.

Nous sommes pleinement engagés, en tant qu'équipe, pour veiller à ce que la réponse d'urgence et les solutions à plus long terme à la crise alimentaire soient en parfaite adéquation avec les plans et les priorités du gouvernement.

En tant qu'auxiliaires des pouvoirs publics, nos Sociétés nationales africaines s'engagent à mobiliser des volontaires formés et capacités et à tirer parti de leur accès unique aux communautés touchées ou à risque et de leur acceptation par celles-ci. Elles contribuent également aux cadres politiques, tels que les engagements mondiaux  FAIM ZERO (SDG1 et SDG2) et la mise en œuvre de l'Accord de Paris, en assurant une réponse centrée sur la communauté pour un impact durable.

Cette crise ne peut être gérée par une seule agence ou organisation, ni à court terme ni à long terme. Des partenariats solides, incluant les communautés elles-mêmes, sont le fondement de la réussite de notre objectif commun d'atteindre la FAIM ZERO, une grande ambition pour nous tous afin de réaliser les objectifs de développement durable et l'Agenda 2063 pour l'Afrique.

Collectivement, nous sommes également prêts à soutenir des solutions à plus long terme face aux défis de l'insécurité alimentaire, solutions dont l'Afrique est propriétaire et qu'elle dirige. C'est dans cet esprit que nous avons lancé l'initiative panafricaine Faim Zéro de l'IFRC, une plateforme de partenariat, afin de s'attaquer aux causes profondes et de renforcer la résilience des communautés par le biais de programmes à plus long terme. L'objectif de cette initiative est d'atteindre 25 % des personnes les plus vulnérables en Afrique d'ici 2030 grâce à des partenariats locaux, nationaux, régionaux et internationaux.

Mesdames et Messieurs, nous sommes témoins d'une crise humanitaire catastrophique.

La faim est une crise très indigne.

La faim n'est pas seulement une crise alimentaire.

Elle entraîne une crise sanitaire. Et une crise du bétail.

Elle signifie briser les quartiers et perturber les communautés locales.

Elle implique des mouvements de population.

Une réponse d'urgence ne suffira pas à mettre fin à ces crises de la faim.

Tout en répondant aux besoins urgents, il est essentiel de poser les bases de la résilience.

Davantage d'efforts doivent être déployés - par les gouvernements, le secteur privé et les groupes humanitaires et de développement - pour soutenir les plans de sécurité alimentaire, de moyens de subsistance et de résilience à long terme.

Les mesures doivent inclure des investissements dans le renforcement des systèmes alimentaires de base et des investissements dans les acteurs communautaires pour atteindre durablement la sécurité alimentaire et économique.

L'une des approches à envisager est l'action anticipative pour la sécurité alimentaire, fondée sur les prévisions et l'analyse des risques.

Nous, l'IFRC, sommes prêts à faire notre part avec les gouvernements et les partenaires. Nous pensons que cet événement de haut niveau peut être un moment clé pour renforcer notre coopération et sauver davantage de vies.

Comme nous le savons tous, une réponse tardive signifiera une immense souffrance pour des millions et des millions de personnes. Et pour nous, c'est inacceptable!

Je vous remercie.