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Lutte contre Ebola : l’IFRC et les Sociétés de la Croix-Rouge intensifient leur action en RDC et en Ouganda

La course contre Ebola

L’IFRC et les Sociétés nationales de la Croix-Rouge en République démocratique du Congo et en Ouganda travaillent sans relâche, jour et nuit, pour lutter contre une maladie dévastatrice.

Une urgence en rapide évolution

L’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) constitue une urgence de santé publique en rapide évolution, qui se déroule dans des communautés déjà confrontées à l’insécurité, aux déplacements de population et à la fragilité des systèmes de santé.

Dans tous les principaux foyers où l’épidémie s’est installée — à Mongbwalu, Bunia et Rwampara — les volontaires de la Croix-Rouge vont de porte en porte pour sensibiliser les familles, répondre à leurs questions et aider les communautés à comprendre comment se protéger et quand consulter un professionnel de santé.

« L’IFRC a activé son plus haut niveau de réponse d’urgence », explique Laura Archer, responsable de la prise en charge clinique et de la santé publique en situation d’urgence à l’IFRC. «Nous intensifions nos activités, notamment grâce à l’activation de nos mécanismes régionaux et mondiaux de déploiement rapide d’urgence.»

  • Au cœur de la riposte, les équipes de volontaires formés de la Croix-Rouge de la République démocratique du Congo et de la Croix-Rouge ougandaise travaillent sans relâche pour fournir des informations vitales permettant de sauver des vies, ainsi que pour réaliser des Enterrements Sûrs et Dignes (ESD), afin de garantir que personne ne soit exposé à la maladie au moment où les familles pleurent leurs proches disparus.
  • Des équipes chargées des Enterrements Sûrs et Dignes sont formées et déployées dans les zones touchées. Lors des flambées d’Ebola, les funérailles peuvent devenir des moments à haut risque de transmission, mais elles constituent également des instants profondément éprouvants pour les familles et les communautés. Assurer des enterrements à la fois sûrs et respectueux est essentiel pour protéger la santé publique tout en préservant la dignité des personnes et la confiance des communautés.
  • Des fournitures essentielles, notamment des kits d’Enterrement Sûr et Digne et des équipements de protection individuelle (EPI), ont été acheminées par l’IFRC vers les zones affectées depuis Kinshasa et Dubaï.
  • L’IFRC a également déployé des équipes spécialisées en santé publique ainsi que des experts dans les zones touchées.
  • Des mécanismes de coordination ont été activés entre les équipes de l’IFRC à Kinshasa, Kampala, Nairobi et Genève.

Au cœur de la réponse

La Croix-Rouge de la République démocratique du Congo, avec le soutien de l’IFRC, est au cœur de cette riposte. Son personnel et ses volontaires disposent d’une vaste expérience dans la gestion des flambées d’Ebola et travaillent aux côtés des autorités sanitaires et des partenaires dans l’ensemble des zones touchées.

« Depuis le début de cette riposte, nous constatons leur engagement et leur présence », explique le Dr John Muhito, médecin-chef du district sanitaire de Rwampara, une autre zone touchée par Ebola. «C’est rassurant et cela constitue une aide précieuse pour les équipes de réponse. »

« Les volontaires sont le lien entre les équipes de santé et les communautés. Ils seront chargés de diffuser les messages de prévention concernant cette maladie qui ravage actuellement notre province.»

Ce lien est essentiel, car les flambées épidémiques peuvent rapidement s’aggraver lorsque les cas ne sont pas détectés suffisamment tôt, que les communautés ne disposent pas d’informations fiables ou que les systèmes de santé sont débordés.

L’évolution de la situation souligne la nécessité d’une coordination locale et régionale solide, d’une bonne préparation et d’un soutien international durable.

« De nombreuses personnes dans ces communautés ont déjà vécu de précédentes flambées épidémiques », ajoute Archer. « Elles se souviennent de la peur. Elles se souviennent des rumeurs qui se propageaient dans les villages. Elles se souviennent des voisins emmenés dans des centres de traitement et des familles qui ne pouvaient pas enterrer leurs proches selon les rites habituels. »

Elle note toutefois que les réactions des communautés restent contrastées. «Pour certaines personnes, l’épidémie est bien réelle et elles cherchent des informations sur la manière de se protéger, ainsi que leurs familles. Pour d’autres, la méfiance et la désinformation persistent, certains affirmant encore qu’Ebola est une invention. »

Le rôle crucial de la confiance

Instaurer et entretenir la confiance est essentiel pour contenir cette flambée épidémique : c’est l’un de nos plus puissants alliés.

Dans les rues de Bunia, les volontaires vont de porte en porte pour partager des informations sur la manière de détecter Ebola et de prévenir sa propagation.

« Les volontaires qui interviennent dans la zone de santé de Bunia sillonnent les quartiers afin de sensibiliser la population à la maladie à virus Ebola : qu’est-ce que cette maladie ? Comment se transmet-elle ? Et comment peut-on s’en protéger ? », explique Delphin Chanumula, coordinateur de l’engagement communautaire pour la Croix-Rouge de la RDC.

Chanumula a constaté des signes encourageants dans des communautés qui, autrefois, s’opposaient aux enterrements sûrs et dignes.

Là où régnaient auparavant la méfiance et le scepticisme, elle observe désormais davantage de personnes qui s’adressent aux volontaires et leur posent des questions sur les moyens de se protéger.

« Et cela se produit dans les mêmes endroits où des habitants empêchaient autrefois les volontaires de réaliser des enterrements sûrs et dignes. »

Cette présence quotidienne de personnes issues des communautés touchées, ou vivant à proximité, est essentielle pour instaurer et maintenir la confiance nécessaire afin que chacun sache comment identifier, signaler, anticiper et prévenir Ebola.

« Ce ne sont pas des étrangers ; ils font partie de ces communautés », explique Gabriela Arenas, coordinatrice régionale des opérations pour l’IFRC en Afrique.

« Les habitants les connaissent et leur font confiance. Ils savent qu’ils agissent dans l’intérêt de la communauté, qu’ils fournissent des informations vitales et qu’ils accompagnent les défunts à travers des enterrements sûrs et dignes. »

« Lors d’une flambée d’Ebola, la confiance et l’adhésion des communautés peuvent faire toute la différence entre la maîtrise de l’épidémie et une propagation plus large. »

« Les populations ont besoin d’un soutien concret, respectueux et adapté à leur culture, ancré dans les réalités de leurs communautés », ajoute Gabriela Arenas.

La Croix-Rouge est particulièrement bien placée pour soutenir ce travail grâce à sa présence de longue date et aux relations de confiance qu’elle entretient au sein des communautés touchées, ainsi qu’à son réseau mondial d’experts.

« La stigmatisation entourant cette maladie est très importante, et le travail des volontaires est essentiel pour déconstruire les mythes qui l’entourent », explique Bruno Michon, coordinateur des opérations de l’IFRC, alors qu’il travaille à Mongbwalu.

« La Croix-Rouge de la RDC accomplit un travail exemplaire avec et pour les communautés. Grâce à son engagement, nous parviendrons à surmonter cette 17e flambée d’Ebola. »

Faire passer le message

Dans de nombreuses zones touchées, la radio demeure l’un des moyens les plus fiables et les plus accessibles pour permettre aux communautés de recevoir des informations.

Les stations de radio locales contribuent à diffuser des messages de santé publique, à répondre aux questions de la population et à lutter contre la désinformation, à un moment où la peur et les rumeurs peuvent se propager rapidement.

Une action vitale sous attaque

Malgré tous leurs efforts, certaines personnes continuent de s’opposer au travail des agents de santé et des volontaires locaux.

Malgré leur engagement et leurs efforts, les volontaires de la Croix-Rouge sont parfois eux-mêmes victimes d’attaques. L’un des incidents les plus récents s’est produit le 1er juin 2026, lorsque des volontaires menant une opération d’Enterrement Sûr et Digne à Bunia ont été blessés lors d’un acte de violence alors qu’ils accomplissaient leur mission humanitaire.

Peu après cet événement, l’IFRC a publié une déclaration reconnaissant que « les communautés à travers la RDC sont confrontées à d’immenses défis alors que l’épidémie d’Ebola continue de se propager ».

«Nous sommes conscients de la peur, de l’incertitude et de la frustration ressenties par de nombreuses personnes », poursuit la déclaration. « Renforcer la confiance et maintenir le dialogue avec les communautés grâce à l’engagement communautaire demeurent essentiels pour maîtriser l’épidémie. »

« Les attaques contre les volontaires ne mettent pas seulement des vies en danger ; elles compromettent également les efforts visant à contenir l’épidémie et à protéger les communautés. »

« Nous comprenons que les procédures actuellement en place peuvent représenter un défi pour les communautés qui souhaitent préserver leurs rites funéraires. Nous restons déterminés à trouver un équilibre entre l’impératif de santé publique consistant à contenir l’épidémie et le respect des coutumes, traditions et de la dignité des populations locales. »

« La désinformation et les rumeurs alimentent la peur, affaiblissent les efforts de santé publique et accroissent les risques tant pour les communautés que pour les travailleurs humanitaires. Un engagement continu auprès des communautés ainsi qu’une communication transparente sont essentiels pour répondre aux préoccupations, lutter contre la désinformation et renforcer la confiance. »

« Le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge appelle au respect, à l’acceptation et au soutien des volontaires qui œuvrent en première ligne de la riposte contre Ebola. »

Malgré les défis, la Croix-Rouge demeure résolue à travailler aux côtés des communautés, des autorités et des partenaires afin de contribuer à mettre fin à l’épidémie, protéger des vies et soutenir les personnes touchées.

Une réponse régionale

Ce qui se passe dans l’est de la RDC a également des répercussions qui dépassent largement la zone directement touchée par l’épidémie.

Alors que l’épidémie s’est propagée à l’Ouganda et qu’un risque existe également pour les pays voisins, la situation a désormais pris une dimension régionale, renforçant la nécessité urgente d’une coordination et d’une préparation accrues à l’échelle transfrontalière.

Les équipes locales de la Croix-Rouge ougandaise, avec le soutien de l’IFRC, s’appuient sur de nombreuses années d’expérience locale et régionale pour fournir une assistance en toute sécurité. La Croix-Rouge ougandaise soutient déjà les efforts de préparation aux côtés des autorités nationales dans les zones frontalières.

L’Appel d’urgence de l’IFRC, d’un montant de 29 millions de francs suisses, contribuera à renforcer les activités d’engagement communautaire, de surveillance, d’Enterrements Sûrs et Dignes, de prévention et de contrôle des infections, ainsi que les mécanismes de coordination transfrontalière et de préparation.

Mais avant tout, cette riposte dépendra des communautés elles-mêmes. L’expérience des précédentes flambées nous a montré qu’une épidémie ne peut être maîtrisée par la seule réponse médicale.

Elle est contenue lorsque les communautés ont confiance dans la riposte, lorsque les populations disposent d’informations fiables et lorsque les initiatives locales sont soutenues rapidement et de manière constante.

Notre message aujourd’hui est clair : cette flambée peut encore être maîtrisée, mais la fenêtre d’action se réduit rapidement. Ce qui se passera dans les prochains jours — au sein des foyers, des communautés et de part et d’autre des frontières — sera déterminant.

Acheminement de fournitures essentielles

Un exemple concret : un important lot de kits d’Enterrement Sûr et Digne (ESD) ainsi que d’équipements de protection individuelle (EPI) a été acheminé vers la République démocratique du Congo. Il ne s’agit là que de l’une des nombreuses façons dont l’IFRC soutient la riposte à cette flambée de maladie à virus Ebola en rapide évolution. Cependant, davantage de soutien est nécessaire pour garantir que les personnels et volontaires en première ligne de cette épidémie disposent des ressources et de l’appui dont ils ont besoin pour poursuivre leur travail essentiel de protection des communautés et de sauvetage de vies.

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