Le pouvoir des femmes et de l’eau
Les femmes et l’eau sont au cœur de toute communauté prospère. Lorsqu’elles sont respectées et protégées, les familles deviennent plus fortes et les avenirs s’illuminent.
Rapport spécial Journée mondiale de l’eau 2026. #LocalPartout
Dangers invisibles
L’eau nourrit, restaure et fait vivre. De la même manière, les femmes du club des mères du village de Lonfoloko, au Togo, prennent soin des générations futures, protègent leurs foyers et veillent discrètement contre les dangers visibles.
C’est particulièrement vrai lorsqu’il s’agit de l’eau. Dans la plupart des foyers, ce sont les femmes qui vont chercher et transportent l’eau jusqu’à leur maison au village.
Ce sont aussi elles qui utilisent cette eau pour nettoyer, cuisiner et veiller à la santé des enfants. Trop souvent, la seule eau à laquelle elles ont accès se trouve loin et n’est pas toujours propre ni suffisamment sûre pour être utilisée.
Abalo Enyoname, présidente du Club des Mères local, a expliqué à quel point la vie était difficile autrefois, lorsqu’elles dépendaient uniquement d’un ruisseau voisin pour tous leurs besoins en eau.
Selon elle, « les gens tombaient malades, notamment de diarrhée, à cause de l’eau contaminée du ruisseau. »
Une longue marche chaque jour
Les femmes de Lonfoloko continuent de se rendre à pied jusqu’à un ruisseau voisin pour y puiser de l’eau, qu’elles utilisent principalement pour se laver, laver les vêtements et les ustensiles ménagers.
Espoir et action
Aujourd’hui, cependant, Lonfoloko raconte une histoire d’espoir et d’action collective. En 2016, un forage équipé d’une pompe manuelle a été construit par le gouvernement du Togo, avec le financement de la Banque islamique de développement.
Aujourd’hui, cette source durable d’eau potable est gérée par la communauté elle-même, avec le leadership des volontaires de la Croix-Rouge togolaise et l’implication active du Club des Mères.
Comment ça marche:
En résumé, chaque ménage paie 25 francs CFA — soit environ 0,03445 CHF — pour 25 litres d’eau. Cet argent permet d’assurer le fonctionnement des pompes, car il est utilisé pour leur entretien.
Les fonds sont collectés par les volontaires du Club des Mères de la Croix-Rouge, tandis que la maintenance est assurée par un comité local de l’eau, qui comprend également des membres du Club des Mères.
Ainsi, les femmes ne sont pas seulement des utilisatrices : elles sont aussi des leaders, des mobilisatrices et des actrices de la prise de décision dans la gouvernance de l’eau.
À travers ses volontaires du Club des Mères, la Croix-Rouge togolaise mène également des activités de sensibilisation communautaire afin de promouvoir de bonnes pratiques d’hygiène et d’assainissement.
Les volontaires de la Croix-Rouge togolaise gèrent aussi un mécanisme de retour d’information communautaire, qui permet aux membres de la communauté de partager leurs points de vue sur la mise en œuvre du projet et sur les améliorations possibles. De son côté, l'IFRC apporte un appui technique et renforce les capacités du personnel et des volontaires de la Croix-Rouge.
Une partie d’une stratégie plus large
Le projet de Lonfoloko s’inscrit dans une initiative plus large visant à améliorer la qualité de vie au Togo, en contribuant à réduire les maladies d’origine hydrique et en soutenant la stratégie du gouvernement pour réduire la pauvreté parmi les populations vulnérables.
Cette stratégie vise à améliorer l’accès à des sources d’eau sûres, adéquates et durables, ainsi qu’à des services d’assainissement et d’hygiène. Elle promeut également des pratiques d’hygiène positives, notamment dans les zones urbaines et périurbaines de quatre préfectures (Bas-Mono, Kpélé, Akébou et Mo).
À ce jour, plus de 40 000 personnes ont été touchées grâce aux 300 volontaires formés pour intervenir dans le cadre du projet. Grâce à ces efforts, la présidente du Club des Mères, Abalo Enyonam, affirme que les maladies diarrhéiques ont considérablement diminué dans sa communauté.
Appropriation et fierté
Chaque mercredi, les membres du Club des Mères se réunissent pour balayer et nettoyer le point d’eau, un geste simple mais puissant d’appropriation et de fierté.
Grâce à cette responsabilité partagée, la communauté a non seulement protégé sa source d’eau, mais elle a aussi allégé un lourd fardeau qui pesait sur les épaules des femmes.
Un chemin vers la santé
Le parcours de Lonfoloko montre ce qui est possible lorsque les communautés s’unissent et que les femmes sont placées au cœur des solutions.
L’accès à une eau potable renforce la santé, restaure la dignité et favorise l’égalité. Il contribue à rééquilibrer une balance qui a longtemps pesé lourdement contre les femmes et les filles.
« Elles n’ont pas à souffrir »
Lorsque nous garantissons un accès à une eau potable pour tous, nous faisons bien plus qu’améliorer la santé publique : nous créons les conditions pour que les femmes s’épanouissent. Et lorsque les femmes s’épanouissent, ce sont des communautés entières qui s’élèvent avec elles.
Les résultats sont remarquables, affirme Abalo Enyoname, présidente du Club des Mères du village de Lonfoloko.
« Nous ne connaissons plus de maladies liées à l’eau et les femmes ont désormais plus de temps pour elles, car elles n’ont plus à souffrir pour aller chercher de l’eau », explique-t-elle.
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Crédits
Article et photos de Aduratomi Bolade
IFRC Senior Officer, communications
