Des plages aux rues : 16 000 volontaires de la Croix-Rouge cubaine sauvent des vies grâce aux premiers secours et aux opérations de sauvetage
L’île de Cuba possède une longue histoire de travail de prévention face aux urgences, telles que les tremblements de terre et l’augmentation du nombre de tempêtes tropicales sévères comme l’ouragan Ian en septembre 2022, ou Oscar, en octobre 2024.Le programme de maîtres-nageurs de la Croix-Rouge cubaine a été créé en 1959, lorsque les premières écoles de sauvetage ont été mises en place à Guanabo et Varadero pour prévenir les accidents de noyade.« Nos spécialistes sont formés à la prise en charge des victimes, de sorte qu’ils peuvent sauver la vie d’une personne dans les dix premières minutes », explique Luis Enrique Calderón Rodríguez, coordinateur des opérations et des secours de la Croix-Rouge cubaine.« Tous ces volontaires doivent suivre un cours spécialisé de premiers secours afin de pouvoir intervenir lors de catastrophes, d’inondations ou d’incidents liés à l’eau, et de fournir des soins appropriés aux victimes potentielles partout dans le pays », ajoute Calderón.Environ 16 000 des 39 000 volontaires de la Croix-Rouge cubaine se consacrent aux activités de sauvetage et de secours. L’une de leurs principales missions est de prévenir les noyades sur les plages, où chaque année des milliers de visiteurs locaux et de touristes profitent de la mer pendant leur temps libre.Une fille qui sauve des viesLes enfants jouent également un rôle actif dans la prévention. Beaucoup des secouristes d’aujourd’hui ont commencé le volontariat dès leur jeune âge.Parmi eux se trouve Angelina González, fervente défenseure des premiers secours à Varadero. Depuis trois ans, elle est un membre actif du groupe d’intérêt de la Croix-Rouge cubaine à l’école primaire Martín Klein Schiller.À 11 ans, Angelina maîtrise la technique des compressions abdominales, également connue sous le nom de manœuvre de Heimlich, et sait comment transporter une personne blessée sur une civière. Elle sait aussi comment se protéger lors de tremblements de terre ou d’orages.« Ces connaissances nous ont aidés à informer les membres de notre famille et nos amis qui ne connaissent pas les premiers secours », explique Angelina.Des gestes simples comme connaître les numéros d’urgence, donner une adresse exacte et attendre que l’opérateur mette fin à l’appel font partie des exercices que les enfants pratiquent dans le groupe d’intérêt.« En cas de noyade à la plage, nous devons prêter attention aux mesures de sécurité comme les drapeaux », poursuit Angelina. « Le drapeau rouge indique que la baignade est absolument interdite, car cela peut être dangereux. Le drapeau jaune signifie que l’on peut se baigner, mais avec prudence, car les conditions de la plage peuvent soudainement se détériorer. Le drapeau vert signifie que l’on peut se baigner librement, car la mer sera calme. »Des compétences vitales pour toute la communautéLa formation aux premiers secours à Cuba ne s’adresse pas uniquement aux volontaires de la Croix-Rouge, mais vise aussi à donner à l’ensemble de la communauté les compétences nécessaires pour se protéger et aider les autres en cas de besoin.L’un des outils les plus puissants est l’information fiable. Ce réseau éducatif comprend des bulletins d’information, la diffusion de supports via WhatsApp, des causeries dans les cercles d’enfants, des ateliers dans les institutions locales et des conseils pratiques destinés aux familles, aux écoles et aux entreprises touristiques.« Avec le soutien de Radio Varadero, des messages d’information et de prévention sont diffusés quotidiennement dans des magazines radiophoniques tels que Sonido Azul », explique Yania Pérez Ballesté, l’enseignante qui dirige le groupe d’intérêt.« C’est particulièrement important pendant les mois d’été, lorsque le tourisme augmente, tout comme le risque d’accidents sur les plages et dans les centres de loisirs », ajoute-t-elle.Les autorités locales reconnaissent la Croix-Rouge cubaine comme un allié clé. « Même la présidente du Conseil du pouvoir populaire ici à Varadero dit en plaisantant que la Croix-Rouge est sa conseillère, car elle nous consulte dès qu’il y a un problème lié à la santé ou à l’hygiène », rapporte Pérez.La professeure met également en avant la création d’une brigade chargée de rétablir les liens familiaux et de rechercher des personnes dans les centres d’évacuation en cas de cyclone ou d’autre crise ou catastrophe.Le travail de premiers secours mené par la Croix-Rouge cubaine à Varadero a permis de créer un réseau vivant qui comprend :Des enfants qui partagent ce qu’ils ont appris avec leur entourage.Des enseignants qui facilitent la diffusion de l’information et coordonnent causeries et ateliers.Des stations de radio et des plateformes de médias sociaux qui diffusent des messages de prévention.Des équipes de sauvetage capables d’intervenir en quelques secondes.De l’enthousiasme d’Angelina expliquant comment interpréter les drapeaux de plage à l’intervention rapide d’un maître-nageur exécutant une manœuvre vitale, chaque geste, aussi petit soit-il, contribue à créer une communauté plus sûre.La maîtrise des premiers secours et des compétences vitales de survie autour de l’eau devient de plus en plus importante, à mesure que les événements liés au climat deviennent moins prévisibles, que les tempêtes se font plus fréquentes et plus violentes, et que les ondes de tempête gagnent en intensité.