Des points de services humanitaires en première ligne de l'assistance aux réfugiés maliens dans l'est de la Mauritanie.

Au point de services humanitaires destiné aux réfugiés, mis en place par le Croissant-Rouge mauritanien, Bintou Mint Hamdi s'entretient avec Mohamed Ould Seydina Aly, coordinateur régional des opérations du Croissant-Rouge mauritanien.

Au point de services humanitaires destiné aux réfugiés, mis en place par le Croissant-Rouge mauritanien, Bintou Mint Hamdi s'entretient avec Mohamed Ould Seydina Aly, coordinateur régional des opérations du Croissant-Rouge mauritanien.

Photo: Moustapha Diallo/IFRC

À Dweinkara, dans l'est de la Mauritanie, le soleil est à son zénith. Dans ce village de la région du Hodh El Chargui, situé à seulement quelques kilomètres de la frontière malienne, la chaleur est accablante, avec des températures dépassant les 40 °C. À l'ombre du point de services humanitaires (PSH) mis en place par le Croissant-Rouge mauritanien, Bintou Mint Hamdi se repose aux côtés de ses neuf filles.

Ce moment de répit est précieux. Bintou vient d'achever un long voyage depuis le Mali, un périple éprouvant entrepris pour fuir l'insécurité et le conflit.

Une vie bouleversée par le conflit

L'histoire de Bintou est marquée par une cruelle ironie. Originaire de Léré, dans la région de Tombouctou au Mali, elle connaissait déjà bien Dweinkara. Pendant plusieurs années, elle a régulièrement traversé la frontière pour y travailler comme lingère. Après quelques semaines, voire quelques mois de travail, elle rentrait chez elle avec suffisamment d'économies pour subvenir aux besoins de sa famille.

Mais au fil des années, la dégradation de la situation sécuritaire au Mali a rendu ces déplacements de plus en plus dangereux. La violence, l'insécurité grandissante, la faim et l'isolement ont fini par devenir insupportables.

« Je ne pouvais plus continuer à vivre ainsi. Voyager était devenu trop dangereux, et il était de plus en plus difficile de nourrir mes enfants », confie-t-elle.

Face à l'absence de perspectives et déterminée à protéger ses neuf filles, dont elle assume seule la charge, Bintou a pris la difficile décision de quitter son pays pour trouver refuge en Mauritanie.

Après plusieurs jours de voyage entre le Mali et la Mauritanie, sous une chaleur accablante, Bintou Mint Hamdi et des membres de sa famille se reposent dans l'espace de repos du point de services humanitaires du Croissant-Rouge mauritanien, dans la région du Hodh El Chargui, à l'est de la Mauritanie.

Après plusieurs jours de voyage entre le Mali et la Mauritanie, sous une chaleur accablante, Bintou Mint Hamdi et des membres de sa famille se reposent dans l'espace de repos du point de services humanitaires du Croissant-Rouge mauritanien, dans la région du Hodh El Chargui, à l'est de la Mauritanie.

Photo: Moustapha Diallo/IFRC

Une crise qui dure

Comme Bintou, des milliers de Maliens ont été contraints de fuir leur foyer en raison de l'insécurité persistante et des conflits qui touchent plusieurs régions du pays. Certains ont trouvé refuge en Mauritanie dès 2012, lorsque le conflit a éclaté dans le nord du Mali. Depuis, les vagues successives de violence continuent de pousser des familles entières sur le chemin de l'exil.

Entre janvier 2023 et avril 2024, plus de 95 000 nouveaux réfugiés maliens sont arrivés en Mauritanie, rejoignant les quelque 105 000 réfugiés déjà présents dans le pays. En juin 2026, la population réfugiée dépassait les 300 000 personnes, selon le HCR.

La plupart des réfugiés vivent dans la région du Hodh El Chargui. Environ 172 000 d'entre eux résident en dehors des camps officiels, souvent dans des conditions précaires, avec un accès limité à l'eau potable, aux soins de santé, à l'éducation et aux moyens de subsistance. Cet afflux massif exerce également une forte pression sur les ressources locales et les communautés d'accueil, qui sont elles-mêmes confrontées à de nombreux défis.

La source média référencée est manquante et doit être réintégrée.
Un premier refuge à l’arrivée

Face à cette situation, le Croissant-Rouge mauritanien, avec le soutien de l’IFRC, a mis en place deux Points de Services Humanitaires (PSH) à Dweinkara et Adel Bagrou afin d’apporter une assistance immédiate aux personnes nouvellement arrivées.

Le PSH de Dweinkara est devenu une étape essentielle pour les familles qui franchissent la frontière.

« Ce point de services humanitaires accueille les réfugiés maliens nouvellement arrivés, qui fuient l’insécurité et les conflits », explique Mohamed Ould Seydina Aly, Coordinateur régional des opérations du Croissant-Rouge mauritanien dans le Hodh El Chargui.

Sur place, les équipes et les volontaires fournissent une assistance d’urgence adaptée aux besoins les plus immédiats : premiers secours physiques et psychologiques, consultations de santé, référencement vers les structures sanitaires, repas chauds, eau, et distribution d’articles ménagers essentiels.

Depuis son ouverture le 10 octobre 2025, le centre a accueilli plus de 2 000 réfugiés.

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Redonner dignité et espoir

Au-delà de l’assistance matérielle, le Point de Services Humanitaires offre quelque chose de plus difficile à mesurer : un espace de dignité.

Après des jours, parfois des semaines de voyage, les familles peuvent s’y reposer, reprendre des forces et recevoir des informations essentielles avant de poursuivre leur parcours vers le camp de réfugiés de Mbera, vers des sites d’installation hors camp ou auprès de proches et de familles d’accueil.

Pour Bintou et ses filles, ce lieu représente la fin d’un périple éprouvant et le début d’une nouvelle étape.

A call for solidarity

Depuis mai 2024, l'IFRC soutient la réponse humanitaire du Croissant-Rouge mauritanien en faveur des réfugiés maliens. Afin de répondre à l'augmentation des besoins, un Appel d'urgence de 4 millions de francs suisses (CHF) a été lancé en octobre 2024 pour renforcer les interventions dans les domaines de la santé, de l'accès à l'eau, de l'assistance en espèces et de la distribution d'articles de secours essentiels.

Pour Hubert Dedegbe, responsable des opérations de l'IFRC en Mauritanie, un soutien durable demeure indispensable.

« Alors que les arrivées de réfugiés maliens se poursuivent, nous appelons les partenaires et les donateurs à rester mobilisés et à renforcer leur soutien afin que les personnes les plus vulnérables puissent continuer à recevoir l'assistance dont elles ont besoin. »

Sous la chaleur écrasante de Dweinkara, l'histoire de Bintou rappelle que derrière les statistiques se cachent des visages, des familles et des vies profondément bouleversées par le conflit. Elle montre également que l'accès à l'eau potable, à un repas chaud ou tout simplement à un lieu où se reposer peut constituer la première étape vers la reconstruction d'une vie.

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