Caracas, Panama, Genève, 23 juillet 2026 — Un mois après les deux séismes qui ont frappé le centre-nord du Venezuela, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) et la Croix-Rouge vénézuélienne (CRV) ont identifié trois domaines critiques nécessitant une assistance humanitaire à court et à moyen terme : les soins de santé primaires, la santé mentale et l'accès à l'eau potable.
L'IFRC et la CRV concentrent désormais leurs efforts sur la distribution de l'aide humanitaire, la fourniture de services de santé et la réalisation d'évaluations complémentaires des besoins. Leurs constatations montrent que de nombreuses familles dépendent encore de l'eau en bouteille pour boire, cuisiner et assurer leur hygiène. L'accès aux services d'assainissement reste également limité, ce qui accroît le risque de flambées de maladies dans les zones où vivent les personnes déplacées. Des milliers de personnes atteintes de maladies chroniques n'ont pas encore retrouvé un accès régulier à leurs traitements, une interruption qui menace leur santé et exerce une pression supplémentaire sur le système de santé. Les survivants vivent également avec l'anxiété, la peur, la tristesse et les troubles du sommeil, tout en faisant le deuil de leurs proches, de leur emploi et de leurs moyens de subsistance
« Un mois après les séismes dévastateurs qui ont secoué notre pays, nous réaffirmons notre engagement envers le peuple vénézuélien. Nous avons activé tous les mécanismes de coopération du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge afin de renforcer et de compléter notre réponse, et nous resterons aux côtés de celles et ceux qui en ont le plus besoin », a déclaré Luis Manuel Farías Villanueva, président de la Croix-Rouge vénézuélienne. « Nous préparons une opération de 24 mois afin de continuer à accompagner les populations. Les besoins ont évolué et notre réponse s'est adaptée pour venir en aide à un plus grand nombre de personnes et répondre plus efficacement à leurs besoins. »
Dès les premières minutes, les équipes locales de la Croix-Rouge se sont tenues aux côtés des personnes touchées : elles ont d'abord mis en place un hôpital de campagne, participé au sauvetage des survivants et aidé à rétablir les liens entre les familles séparées, avant de distribuer une aide humanitaire et de renforcer les soins de santé primaires grâce à une clinique d'urgence à La Guaira.
Cette clinique, mise en place par l'IFRC et gérée par la Croix-Rouge espagnole, vient renforcer l'hôpital de campagne de la Croix-Rouge vénézuélienne. Elle fonctionnera pendant quatre mois et fournit déjà des services de santé et de soutien psychosocial qui bénéficieront à près de 30 000 personnes. Parmi elles figure Gabriel Cipriani, qui a perdu plusieurs proches lors de l'effondrement de son immeuble et vit avec une maladie neurologique nécessitant un traitement permanent. Pour lui, la présence continue de la Croix-Rouge fait toute la différence entre poursuivre son traitement ou le voir interrompu : « Savoir que je peux compter sur un médecin de la Croix-Rouge m'a fait sentir que je n'étais pas seul, qu'il y avait une main tendue vers moi. Cela vous donne un sentiment de sécurité et de confiance. »
Au cours des prochaines semaines et des prochains mois, la priorité de l'IFRC et de la Croix-Rouge vénézuélienne sera de maintenir cette prise en charge sanitaire, d'élargir l'accès à l'eau potable et de poser les bases du relèvement : renforcer la surveillance épidémiologique afin de prévenir les flambées de maladies, poursuivre le soutien psychosocial et les traitements des maladies chroniques, et accompagner les familles dans la reconstruction de leurs moyens de subsistance. L'assistance sera adaptée à l'évolution des besoins, avec une attention particulière portée aux personnes les plus vulnérables : les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et allaitantes, ainsi que les personnes vivant avec une maladie chronique ou un handicap.
« Cette catastrophe est loin d'être terminée. Continuer à distribuer des articles essentiels et à préserver le bien-être des populations ainsi que la santé publique est, et restera, une priorité à moyen terme. Mais, à plus long terme, il faudra également veiller à ce que les personnes puissent reconstruire leurs moyens de subsistance et reprendre leurs activités génératrices de revenus », a déclaré Loyce Pace, directrice régionale de l'IFRC pour les Amériques. « Une catastrophe comme celle-ci exige une assistance multisectorielle, globale et durable. L'IFRC est pleinement engagée aux côtés de la Croix-Rouge vénézuélienne et du peuple vénézuélien pour rendre cela possible. C'est pourquoi nous lançons un appel en faveur d'un financement durable et flexible, capable d'accompagner les familles tout au long de leur relèvement. »
Ce financement correspond à un besoin concret. L'IFRC a lancé un appel d'urgence de 50 millions de francs suisses afin de venir en aide à 300 000 personnes pendant deux ans. Un mois après la catastrophe, cet appel est financé à hauteur de 25,19 %. À mesure que les besoins des populations évoluent et deviennent plus complexes, les ressources nécessaires pour y répondre doivent augmenter au même rythme.
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